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Monastère de la Maison de l'Inspir

La pleine conscience est la source du bonheur

10 Avril 2020 , Rédigé par Monastère de la Maison de l'Inspir

La pleine conscience est la source du bonheur

Chère Communauté,

nous espérons que vous vous portez toujours bien et que vous pouvez prendre soin de vous et de vos proches. Puissiez-vous vous sentir heureux malgré le confinement et profiter de votre maison sereinement.

Nous le savons, de nombreuses personnes travaillent à notre bien-être et à notre santé, aussi faut-il voir cette période comme un temps de retraite que nous essayons de mettre à profit pour nous retrouver en nous-mêmes, et nous enrichir de silences, de méditations, de détente, afin d’aider au mieux les personnes qui sont là pour nous, en ne prenant pas le risque d’être nous aussi confrontés(es) à la maladie.

 

Lorsque nous parlons de pleine conscience, nous parlons toujours de la pleine conscience de quelque chose. Si nous prenons, par exemple, la posture assise sur un coussin, assis paisiblement, nous sommes pleinement conscients(es) de notre posture, et nous savons si notre dos est bien détendu et libre, si nos jambes sont croisées avec aisance, les genoux reposant au sol. Nous essayons d’être vraiment présents(es) à notre corps. Puis le souffle s’établit calmement et nous pouvons noter son rythme, lent et profond, ou alors plus court et rapide. Nous sommes alors en mesure de savoir tout ce qui se passe dans notre corps à cet instant. Notre attention se porte sur tout notre corps et au souffle en même temps. Le corps et le souffle ne font plus qu’un.

 

Puis tout à coup, voilà que quelques pensées viennent nous distraire en nous emmenant en voyage dans un monde de rêveries, peut-être parce que nous nous sentons trop bien dans cette position assise… c’est alors que le corps commence à se courber légèrement et la tête à s’incliner dans une position de somnolence. Nous avons tous, toutes, déjà eu cela n’est-ce pas ?

En plus du corps et du souffle, « les inséparables », la pleine conscience s’applique aussi aux pensées, qu’elles soient agréables ou désagréables. Lorsqu’une pensée arrive nous avons simplement besoin d’être là vigilants(es) pour l’accueillir et lui dire mentalement « je sais que tu es là, je te vois », puis nous la laissons repartir librement sans la suivre. Cela peut être une pensée agréable du genre « ce soir je vais revoir un ami ou une amie très chère » ou moins agréable « j’ai du souci pour ma santé ». Ce genre de pensée peut arriver très facilement et nous emmener très loin hors de notre corps et notre souffle. Nous ne sommes plus vraiment là, et il est possible que la méditation commence à nous apporter de l’ennui, de la lassitude, voire de la souffrance. Du moins c’est ce que nous croyons parce que nous ne savons pas encore générer suffisamment d’énergie de pleine conscience ou de présence.

 

La pleine conscience peut nous apporter de la joie et du bonheur dans notre vie, par le seul fait de s’assoir ou de marcher en étant vraiment présents(es) à notre corps et notre souffle dans l’acte de s’assoir ou de marcher. S’assoir juste pour s’assoir, marcher juste pour marcher. C’est aussi simple que cela. Si nous avons eu une grande souffrance par le passé, nous avons peut-être expérimenté la marche lente dans un lieu agréable, dans la nature, et au début nous avons marché dans notre souffrance, c’est sûr, mais peu à peu au fil des pas, quelque chose de plus calme s’est installé en nous avec notre façon de marcher plus lente, plus légère, le souffle accompagnant chacun de nos pas, et très naturellement nous avons porté notre attention à ce qui se passe dans l’instant présent : - nos pas et notre souffle. Certes notre souffrance est encore là à nous tirailler, mais nous pouvons déjà noter le changement que cette manière de marcher nous a apporté, nous sommes moins emportés par cette douleur, nous sommes plus paisibles et retrouvons doucement le lien avec la vie. Puis nous aurons à nouveau envie de marcher ainsi, surtout si nous vivons dans un milieu très urbanisé, nous aurons envie de reprendre contact avec cette paix et ce calme de la marche lente, dans un parc, près d’une rivière, au milieu des bois ou des champs.

 

Le Bouddha nous a enseigné que nous ne devons pas faire de choses trop difficiles, au-delà de nos limites. Donc si marcher est une pratique simple pour nous, faisons-la, ou si nous préférons nous assoir près de nos plantes d’intérieur, alors asseyons-nous… « nos plantes d’intérieur » pouvant être aussi nos enfants, nos bien-aimés(es), nos amis(es), nos frères et sœurs dans la pratique.

« La méditation ce n’est pas difficile, respirer c’est naturel ! » TNH

 

La méditation n’est pas un art martial, un exercice physique très dur ou encore une technique militaire ! C’est plutôt prendre la vie telle qu’elle est, sans rien rejeter de nous-mêmes, car c’est notre terreau pour faire germer de nouvelles graines qui apportent de la transformation. Ce n’est pas fait non plus pour nourrir notre douleur ou notre souffrance.

 

Peut-être souffrions-nous beaucoup lorsque nous sommes arrivés au centre de pratique pour la première fois, et avions-nous cette énergie d’habitude de « tourner en rond » dans notre souffrance, alimentant sans cesse celle-ci. Mais nous avons appris comment nous assoir, marcher, nous relaxer, ou encore jouer ensembles, générant une vie plus saine, exempte du désir, de l’avidité ou autres besoins de consommations toxiques. Nous avons appris à être détendus, joyeux, et à savoir ressentir le bonheur de vivre en mangeant simplement, en étant présents(es) les uns/les unes pour les autres, en ouvrant nos cœurs à la beauté qui nous entoure, en l’ouvrant aux expériences des autres, en reconnaissant qu’il y a des conditions de joie et de bonheur dans notre vie, même si nous avons encore de la tristesse ou du désespoir, de la colère ou de la haine. Même si la peur est présente en nous, la peur de mourir ou la peur de vivre…

 

Thầy nous avait déjà demandé de noter toutes les conditions de bonheur présentes en nous et dans notre vie. Et sans doute avions-nous pensé que nous n’en avions pas assez pour remplir une feuille. En réalité, si nous prenons le temps, et actuellement nous en avons, nous pourrions faire ce petit exercice et regarder profondément en nous pour voir toutes ces conditions de bonheur qui sont les nôtres, et les écrire sur une feuille. Certainement, comme Thầy nous l’avait dit, une feuille ne suffirait pas pour cela !

 

Même dans de grands moments difficiles, nous pouvons sûrement trouver au moins de petits instants joyeux ou heureux, des « ilots de lumière », des personnes qui se sont manifestées pour nous consoler, ou peut-être un animal qui était là près de nous, ou un arbre…

 

Et bien sûr nous ne parlons pas des conditions matérielles d’aujourd’hui !

Il y a cinquante ou soixante ans seulement, bien des foyers n’avaient pas encore l’eau courante et les toilettes à l’intérieur, ni de douche, ni de baignoire. Il n’y avait pas non plus de chauffage ou d’électricité. Que dire alors de la télévision et du téléphone, de la voiture ? Et beaucoup de gens devaient travailler très dur pour avoir assez à manger.

 

Pour sourire, au Village des Pruniers lui-même, le Village des premières années, nous n’avions qu’un équipement très rudimentaire, composé des anciennes bâtisses, sans cuisine, sans cuisinier ni cuisinière, chacun devant préparer sa nourriture avec les moyens du bord ou collectivement, et nos lits dans l’ancien séchoir à tabac, actuel bâtiment des Sœurs au Hameau du Bas, n’étaient faits que de planches posées sur des briques avec un petit matelas. Nous étions alors très heureux !

 

Le royaume des émotions :

 

- reconnaître la joie

  • j’inspire, je ressens de la joie
  • j’expire, je sais que la joie est là

 

reconnaître le bonheur

  • j’inspire, je me sens heureux
  • j’expire, je sais que le bonheur est là

 

reconnaître et embrasser la douleur ou toute sensation désagréable

  • j’inspire, je sais qu’une sensation douloureuse est là
  • j’expire, je calme cette sensation douloureuse

 

soulager la peur – calmer et relâcher la tension dans les sensations douloureuses

  • j’inspire, je calme mes formations mentales
  • j’expire, je calme mes formations mentales

 

(sous forme de méditation guidée, enregistrée ou lue par une autre personne – prendre le temps nécessaire entre chaque exercice, au moins dix respirations)

 

« Nous avons besoin de joie et de bonheur pour nous donner la force de transformer la souffrance » TNH

 

Partage :

 

« Méditation matinale « confinée » - ce dimanche matin je me suis assis face à la baie vitrée du balcon face au jardin de ma résidence ; tout était très silencieux et l’aube naissante annonçait un ciel bleu en devenir pour toute la journée. Et bien que le ciel fût encore blafard et un peu jaunâtre de pollution, je me sentais bien et paisible. Il était tôt et c’est vrai que j’aurais pu suivre une méditation en ligne sur l’ordinateur. Mais je ne préfère plus allumer d’ordinateur aussi tôt le matin, car mon travail dans l’informatique m’avait demandé de faire cela pendant plus de trente et une années, où nous devions nous assoir devant de multiples écrans et au milieu de dizaines de machines électroniques, dans un air parfois glacial car climatisé, dès six heures du matin, ou parfois toute la nuit. Aujourd’hui j’aime à m’assoir face à la fenêtre, ou face à l’autel du Bouddha et des Ancêtres, avec les orchidées en fleurs, les ficus, le cactus, ou encore à l’extérieur sur le balcon, avec le camélia, les bambous… Je ne me sentais pas seul, bien au contraire, je pouvais ressentir la présence de toutes ces plantes à l’intérieur, mais aussi des bouleaux et du grand sapin dans le jardin. Je pouvais ressentir la présence des amis et amies de pratique, ou la présence des Frères et des Sœurs, celle de mes parents et des Ancêtres ; je pouvais ressentir la présence de Thầy.

A un moment donné, j’ai vu qu’un jour prochain ou plus tard dans quelques années, je serai appelé à jouer à « cache-cache » avec les nuages, et je me suis dit : - pourquoi ne pas admirer ce ciel qui sera bleu dans quelques instants, ne pas profiter de ces fleurs éclatantes tout de suite, de ces arbres printaniers, alors que je suis là assis, les jambes croisées, le corps détendu, le souffle léger ? Qu’ai-je à faire d’autre de si urgent, sinon risquer de me détourner d’une telle beauté ?

C’est alors qu’un petit groupe d’oiseaux vola au loin au-dessus des immeubles… tout est là. »

 

 

 

 

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Françoise 21/04/2020 13:36

Mille Mercis, mille Lotus dans vos coeurs à chacun(e)s pour toute l'Aide, la Présence que vous nous offrez au travers des textes, des web etc...en cette période.
Gratitude infinie
Françoise

karyne 16/04/2020 11:27

Merciiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii
Ici
les pommiers sont en fleurs
Les mésanges en chant
Les pissenlits en jaunes
Les allières en pesto

Jean Luc 15/04/2020 12:31

Merci pour ces partages

Moreno Pierrette 10/04/2020 17:40

Merci pour ce message.
Ce matin j'ai écouté un enseignement de Thay (du 24/11/11,sur YouTube). Cet après-midi, au bord du lac qui est mon "ilot de lumière", j'y ai repensé en me demandant comment être, en pensant au vent, à la pluie… et puis j'ai ressenti ma respiration, elle se fait toute seule, ce n'est pas moi qui le fait. Quel bonheur ! Merci Thay et merci à vous. Avec un lotus,
Pierrette