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Monastère de la Maison de l'Inspir

Le regard des oiseaux

29 Novembre 2017 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Chers Amis, chères Amies,

Dans la résidence où j’habite en banlieue parisienne, j’ai la chance d’avoir en face de mon appartement un assez beau jardin d’agrément peuplé d’arbres, de haies, d’arbustes, de rosiers et autres fleurs. En plus à cette époque de l’année les couleurs sont très belles et je profite, de ce que l’entreprise qui fait l’entretien ne soit pas encore passée, pour contempler les feuilles jaunes et or qui jonchent le sol, recouvrent complètement l’herbe alors que les arbres commencent à montrer leurs branches dénudées. 

Il y a des bouleaux, deux sapins, un grand et un petit, il y a des arbres que je ne connais pas vraiment et des arbustes inconnus, des thuyas et des juniperus… 

Il y a aussi des oiseaux, les habitués qui visitent le jardin à leurs heures préférées, les visiteurs occasionnels et les importuns ou les inattendus ; et chaque famille d’oiseaux a ses petites habitudes. Le matin c’est plutôt les pigeons ramiers qui viennent en famille de cinq ou six pour arpenter la pelouse méthodiquement, plus tard je vois les pies qui sont beaucoup plus désordonnées en apparence et qui cherchent toujours quelque chose d’intéressant à leurs yeux, puis tout à coup un ou deux corbeaux descendent en piqué sur les pies pour essayer de leur voleur leur butin. Les corbeaux sont les plus forts et les plus agressifs. Il y a aussi les merles très discrets qui ne s’aventurent jamais très loin des haies et des arbustes, et souvent avec eux il y a encore les moineaux qui comme d’habitude se chamaillent gentiment. Mais de temps en temps, et cela est assez récent, les arbres du jardin reçoivent la visite des perruches vertes, criardes, qui font peur à tout le monde, et qui voyagent en escadrille… hi, hi, c’est très marrant ! Etonnement peu de pigeons s’attardent dans ce jardin. Il y a aussi des habitués plus discrets et plus rares, comme le pic-vert qui fait sa tournée et au printemps, un héron vient se percher sur les toits des pavillons en face, scrutant les petits bassins d’eau peuplés de poissons… c’est le festin assuré j’imagine. Et d’autres fois encore, je peux voir les migrateurs redescendre vers le sud, c’est vraiment beau.

Et pour finir, je dois ajouter à ce tableau les chats qui eux aussi peuplent ce jardin, un ou deux pas plus, et qui par chance pour les oiseaux ne savent pas voler !! En général les chats essayent d’attraper les oiseaux avec très peu de succès, sauf lorsqu’il y a un nid bien sûr, mais j’ai pu observer que les oiseaux ont énormément de courage dans ce cas, mettant sans hésiter leur vie en jeu afin de détourner l’attention du chat par rapport à l’emplacement réel du nid ; même de tout petits oiseaux qui s’égosillent de toutes leurs forces à la limite de leur zone de sécurité. Et puis une fois, deux corbeaux et une pie se sont associés pour attaquer un chat, c’était très étonnant pour moi de voir comment un corbeau ou la pie jouait la proie pour provoquer le chat alors que les autres se tenaient en position pour fondre sur la tête du chat en visant ses yeux, tout cela encore une fois au risque d’y perdre la vie.

 

 

Le regard des oiseaux

Voilà comment je nourris ma vue et mes yeux lorsque parfois je reste longtemps debout sur le balcon ou à la fenêtre pour contempler le petit bout de nature très vivante juste en dessous de chez moi. Et la vie est là bien présente où je trouve souvent un enseignement profond sur la réalité qui m’entoure. Je trouve là aussi beaucoup de réconfort dans cette nourriture visuelle agréable qui m’apporte calme et soulagement par rapport aux multiples agressions sensorielles qui peuvent survenir dans mon quotidien, dès que je dois sortir en ville, dans les centres commerciaux, sur les routes surchargées de la région parisienne ou même les transports en commun ; mais aussi à la maison dès que la télévision est allumée ou l’ordinateur, qui me proposent tellement de choses à voir, à entendre, à essayer, à goûter… des tentations sans cesse renouvelées, de la joie et du bonheur basés sur l’illusion, la tromperie, la faiblesse que l’on pourrait avoir à céder à l’appel de sirènes peu soucieuses du bien-être de chacun, à céder à l’esprit de la consommation excessive. Et même au téléphone, parfois deux ou trois appels par jour, où l’on veut me vendre tel ou tel produit… « chacun doit lutter pour sa survie », chacun doit bien chercher un moyen de vivre dans notre société.

Et tout cela sans compter sur mon propre « héritage », les douleurs et les souffrances de mes parents, le manque qu’ils ont eu dans leur vie et dont souvent je ressens les effets moi aussi, la grande part de plaisir de laquelle je ne voudrais jamais sortir certains jours, certaines nuits, toujours à la recherche de la meilleure nourriture possible, jusqu’à satiété, jusqu’à en être malade ! C’est le royaume de l’illusion, c’est le royaume de Manas, la septième conscience, celle qui nous motive sans effort à consommer sans aucune retenue dans ce monde où il est si facile de se perdre…

 

Pour moi, la retraite d’hiver est simple à mettre en place en tant que laïc : - pas de frontières géographiques, mais surtout des limites sensorielles, des limites de consommation sensorielles, des limites de consommation de nourriture physique ; manger moins, manger mieux, en appréciant chaque plat, chaque bouchée.

 

Un lotus à vous

 

« Ce jardin est rempli de fleurs magnifiques,

Nul besoin de les cueillir,

Elles s’offrent à nos regards naturellement,

Et nous voyons profondément

Leur nature de non-mort et de non-naissance. » 

CLT

Le regard des oiseaux
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Vivre au rythme de la vie - et de la Terre

24 Novembre 2017 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Cher-e-s ami-e-s de Wake Up,

 

Nous vous invitons le samedi 2 décembre à partir de 9h45* à la Maison de l’Inspir, pour une nouvelle journée de pratique de la pleine conscience, de la joie, de la fraternité ensemble. Ce sera un cadeau pour nous tou-te-s de nous retrouver après des mois ! Cette fois-ci nous choisissons le thème de la Terre-Mère, des gardien-ne-s de la Terre que nous sommes, et nos activités ensemble seront autant de possibilités de sentir la présence et la connection avec cette grande merveille bleue, ronde et généreuse qui nous porte. Ce serait génial que vous apportiez votre graine de nature créative, si vous pouvez un plat végétalien à partager sur la table commune, si vous voulez un texte, un instrument de musique, une peinture (ou de quoi en réaliser une le jour-même)… bien sûr, apportez votre coeur, vos histoires, vos ami-e-s.

 

Aperçu du programme :

9h45 accueil

10h petit enseignement

11h pause conviviale

11h30 marche méditative sur Terre

12h30 déjeuner offert par la Terre

14h relaxation profonde allongé-e-s sur Terre

15h partage du coeur

16h30 pause conviviale

17h cérémonie d’offrande de nourriture pour les êtres en souffrance

18h dîner (20 premières minutes en silence)

20h méditation assise*

 

*Si vous êtes libres et que cela vous plairait, il est possible pour les femmes (seulement, désolés les amis car le chalet sera occupé par les moines ce weekend-là) de rester dormir sur place, entre jeudi et dimanche c’est-à-dire que vous pouvez par exemple arriver vendredi soir et participer à la méditation assise samedi à 6h du matin, et / ou rester samedi soir après la méditation jusqu’à dimanche et également participer à la méditation assise dimanche matin, puis profiter d’une session de questions-réponses en direct dimanche qui sera très certainement orientée plus pour Wake Up aussi !! Que de bonnes nouvelles quoi…

Pour ceux et celles qui ne peuvent pas être présent-e-s toute la journée ni rester dîner ou méditer le soir, ne vous tracassez pas et venez quand vous pouvez, partez quand vous devez.

 

S’il vous plaît écrivez à info@maisondelinspir.org pour nous prévenir si vous venez et à combien, surtout les filles qui pensent profiter de l’hébergement jeudi / vendredi / samedi soir.

 

A la semaine prochaine :)

Vivre au rythme de la vie - et de la Terre
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Premier message d'inspiration pour la Retraite d'Hiver 2017-2018 à la maison

18 Novembre 2017 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Chères amies, chers amis, qui nous accompagnez dans cette aventure intérieure de la retraite d’hiver chez soi, pour ce premier message, et afin d’être en lien avec le Village, nous devons patienter avant d’aborder le thème des quarante propositions.

Nous vous proposons une réflexion sur le sens de ce que peuvent être les frontières lorsque nous ne bénéficions pas de cette aide que procure nt les frontières géographiques. Pour la plupart d’entre nous, il est impossible de se retirer du monde .

En effet dans notre vie familiale, professionnelle, associative et notre environnement, nos sens sont continuellement sollicités. Nos six sens vont nous guider dans nos choix de consommation, nos décisions ; ce sont les portes d’entrée de la représentation que nous nous faisons de notre monde, mais ce n’est pas et de beaucoup la totalité du monde. Les astrophysiciens estiment ne connaître au mieux que 5 % de l’univers, nous ne faisons vraisemblablement pas mieux dans notre propre univers.

Nos frontières vont être les « filtres » que nous installerons aux portes d’entrée des six sens. 

De quels outils disposons nous pour ces filtres ?

Les enseignements bouddhistes et plus particulièrement ceux de Thay nous offrent de nombreuses pistes de pratique et de réflexion.

 

Pratiquer en Sangha

Si nous avons la chance de pouvoir pratiquer en Sangha, nous pouvons cultiver cette intention d’avoir une belle et généreuse Sangha en s’appuyant et en relisant le document « Qu’est-ce qu’une Sangha du Village des Pruniers ?».

Comment  pouvons-nous ensemble  favoriser et développer l’harmonie dans la Sangha, en pratiquant le lâcher prise (l'un des sept facteurs d'éveil) et la non-poursuite (l'une des trois portes de la libération), tout en gardant notre profonde détermination d’être dans les Pas du Bouddha et de Thây ?

Premier message d'inspiration pour la Retraite d'Hiver 2017-2018 à la maison

Avec les entraînements

Parmi les entraînement le cinquième nous mettra au plus près de nos préoccupations pour développer la protection de nos sens.

Cet entrainement nous amène à méditer sur notre consommation et les valeurs éthiques que nous souhaitons promouvoir.

Une retraite d’hiver n’y suffirait peut-être pas ! Alors nous vous proposons quelques pistes tout simplement et en toute modestie

Nous pouvons relire dans le cinquième entrainement

 

« Cinquième entraînement : Transformation et guérison

Conscient-e de la souffrance provoquée par une consommation irréfléchie, je suis déterminé-e à apprendre à nourrir sainement mon corps et mon esprit et à les transformer, en entretenant une bonne santé physique et mentale par ma pratique de la pleine conscience lorsque je mange, bois ou consomme. Afin de ne pas m’intoxiquer, je m’entraînerai à observer profondément ma consommation des quatre sortes de nourritures : les aliments comestibles, les impressions sensorielles, la volition et la conscience. Je m’engage à ne pas faire usage d’alcool ni d’aucune forme de drogue, et à ne consommer aucun produit contenant des toxines comme certains sites internet, jeux, films, émissions de télévision, livres, magazines ou encore certaines conversations. Je m’entraînerai régulièrement à revenir au moment présent pour rester en contact avec les éléments nourrissants et porteurs de guérison qui sont en moi et autour de moi, et à ne pas me laisser emporter par des regrets et des peines quant au passé, ou par des soucis et des peurs concernant l’avenir. Je suis déterminé-e à ne pas utiliser la consommation comme un moyen de fuir la souffrance, la solitude et l’anxiété. Je m’entraînerai à regarder profondément la nature de l’interdépendance de toute chose, afin qu’en consommant, je nourrisse la joie et la paix, tant dans mon corps et ma conscience que dans le corps et la conscience collective de la société et de la planète.… »

 

 

C’est un véritable mode d’emploi pour observer nos choix de consommation.

 

Petites pistes pour ce message :

Pour beaucoup d’entre nous internet et les outils technologiques sont incontournables, Nous n’avons pas la chance de pouvoir dire « je ne vais pas utiliser ces outils pendant 3 mois », mais nous pouvons méditer sur l’usage que nous en faisons.

- savons nous l’utiliser avec modération et de façon appropriée ?

- Dans le foisonnement de prestataires, de producteurs d’applications cherchons nous à faire des choix éthiques ? Par exemple en favorisant les expériences collaboratives (attention , toutes ne sont pas éthiques), en portant un regard profond sur la notion de gratuité ; les sites vraiment gratuits ont besoin de dons pour vivre (Wikipédia, framasoft). Acceptons nous la facilité de livrer nos données pour disposer d’applications gratuites?…Faisons un petit ménage éthique sur nos choix dans l’usage d’internet.

 

Méditons sur nos six sens

En troisième partie de ce message, nous vous proposons aussi de méditer sur les six sens. Vous avez peut-être été intrigués par la formulation que nous pouvons retrouver dans les Soutra, le Satipatthana Soutra, le soutra de l’aide aux mourants et dans le « sutra de la sagesse qui nous mêne à l’autre rive ». Dans ce soutra, c’est ainsi présenté :

« Les dix huit domaines que sont les six organes des sens, les six objets des sens et les six consciences ne sont pas non plus dotés d’un soi séparé »

 

Pour ce message attardons nous sur la vue.

Nous avons :

- un organe : les yeux et tout le système nerveux associé

- un objet : une fleur, un paysage par exemple

- la conscience de ce que nous voyons. C’est l’attention que nous portons à un objet ; nous sommes entourés d’une foultitude d’objets que bien souvent nous ignorons non par négligence, mais parce que notre cerveau fonctionne ainsi.

 Nous portons une attention particulière sur un objet ,cette attention peut être délibérée, ou cette attention peut-être sollicitée de façon inopinée : c’est par exemple la surprise de voir quelque chose d’insolite.

- Et aucun des trois éléments ( organe, objet, conscience) n’est doté d’un soi séparé ; nous pourrions dire aucun n’est autonome.

les yeux sans une bonne division cellulaire, le support du système sanguin, nerveux, hormonal… ne peuvent pas exister

La fleur sans la graine, le jardiner, le compost … ne peut pas exister

La conscience de voir- sans notre système nerveux et tout notre apprentissage (ceci est dangereux, ceci ne l’est pas)- ne se manifeste pas.

 

Nous pouvons méditer sur ce sens de la vue de façons différentes et complémentaires, nous permettant ainsi de pénétrer profondément cette porte d’entrée :

- Avec le support d’une méditation guidée (voir ci-dessous)

- Par la contemplation au quotidien ; en portant notre regard sur un objet, méditer sur nos yeux qui nous mettent en contact avec la merveilles des couleurs et des formes et sur l’interdépendance de toute chose.

- En se laissant pénétrer par le Koan proposé dans le Bahiya Soutra (voir ci-dessous)

« Dans ce qui est vu, il n’y a que ce qui est vu »

 

Nous souhaitons un beau démarrage dans la retraite d’hiver chez soi, nous vous retrouverons très prochainement pour un ou des témoignages.

Premier message d'inspiration pour la Retraite d'Hiver 2017-2018 à la maison

Proposition de méditation guidée sur la vue comme porte d’entrée des sens.

 Note : des méditants nous ont souvent fait la remarque d’avoir besoin de passer plus de temps sur la présence au corps et à la posture avant de pouvoir aborder l’attention à la respiration, la méditation peut être adaptée dans ce sens

 

1 En inspirant, je porte mon attention sur l’inspiration

   En expirant , je souris

 

2 En inspirant, je reste attentif à toute la durée de l’inspiration

   En expirant, je reste attentif à toute la durée de l’expiration

 

3 En inspirant, je suis attentif à toutes les sensations corporelles des pieds à la tête

   (Ce peut être des tensions, ou le silence du corps souvent signe de bien être)

   En expirant, j'accepte et je détends mon corps

 

4 En inspirant, je suis conscient d'une sensation de sérénité

   En expirant, j'observe comment cette sensation se manifeste dans le corps

 

5 En inspirant, je porte mon attention vers mes yeux 

   En expirant, j'exprime ma gratitude pour cette merveille du corps 

 

6 En inspirant, je prends conscience d’un objet vu

   En expirant , je médite sur toutes les causes et conditions qui ont permis 

   la manifestation de cet objet

 

7 En inspirant, j'observe ma conscience visuelle

   En expirant, j'observe quelles sont les conditions de cette conscience

 

8 En inspirant, la vue me donne une représentation de mon environnement

   En expirant, je sais que ce n’est qu’une toute petite partie de cet environnement

 

9 En inspirant, je vois que ces trois éléments yeux, objet de la vue et conscience visuelle sont interdépendants

   En expirant, je vois qu'ils ne sont pas dotés d’une existence séparée.

 

 

Bahiya Sutta

cité parAjahn Passanno et Ajahn Amaro 

dans « The Island : The Udana - Inspired Utterances of the Buddha »

 

… Impressionné par la sincérité et l’insistance de Bahiya, le Bouddha déclara alors

 

« Dans ce qui est vu, il n’y a que ce qui est vu,

Dans ce qui est entendu, il n’y a que ce qui est entendu,

Dans ce qui est ressenti[ odeur, goût et toucher], il n’y a que ce qui est ressenti,

Dans ce qui est connu, il n’y a que ce qui est connu.

Voilà Bahiya, comment tu dois t’entrainer à voir les choses.

 

Et quand, Bahiya, il n’y aura pour toi

Que ce qui est vu dans ce qui est vu

Que ce qui est entendu dans ce qui est entendu

que ce qui est ressenti dans ce qui est ressenti

Et que ce qui est connu dans ce qui est connu,

Alors, Bahiya, il n’y aura pas de »moi » lié à tout cela.

 

Et quand, Bahiya il n’y a pas de « moi » lié à tout cela,

Il n’y a pas de « moi » là-bas.

 

Et quand, Bahiya, il n’y a pas de moi là-bas,

Alors, Bahiya tu n’es ni ici, ni là-bas, ni entre les deux.

 

Cela, simplement cela est la fin de la souffrance. »

Premier message d'inspiration pour la Retraite d'Hiver 2017-2018 à la maison
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Introduction à la Retraite d'Hiver 2017-2018 à la maison

13 Novembre 2017 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Une des grandes merveilles de la vie est encore là pour nous, et nous sommes également encore là pour la contempler et nous en nourrir : le rythme des saisons. Les saisons se manifestent encore sur notre maison la Terre avec majesté, avec beauté, avec force et avec tendresse… et nous ne restons pas sans savoir que ces phénomènes inter-dépendants sont profondément influencés par nos activités humaines. D’un autre côté, nous nous souvenons certainement que notre corps et notre esprit suivent eux aussi l’influence des changements naturels à chaque saison. Du fait que l’air que nous respirons l’automne est différent de celui qui nous pénètre l’été, du fait que les aliments qui poussent l’hiver - à l’état naturel et moins chamboulé par nos idées folles - ne sont pas du tout ceux que nous récoltons et consommons au printemps, du fait de la diminution ou de l’augmentation du nombre d’heures diurnes, du fait des températures auxquelles nous nous adaptons (encore), du fait que les paysages qui s’offrent à nos yeux et que les chants du vent, de l’eau, des animaux, inspirent les renouveaux de nos émotions…

 

 

Introduction à la Retraite d'Hiver 2017-2018 à la maison

L’hiver qui arrive succède à un été et un automne de sècheresse sérieuse dans notre pays. Peut-être, sans doute, avons-nous l’espoir que les trois ou quatre mois à venir soient une saison plus clémente, c’est-à-dire moins abîmée par la pollution que nous générons, peut-être rêvons-nous de sentir le vrai froid, de voir le givre et la neige dans des proportions idéales pour la dormance de nos arbres et la stratification de nos graines et pour un printemps enchanteur. Il se peut que nous sentions aussi cette nécessité de nous reposer du travail à l’heure où le soleil se couche, de ralentir tout simplement à défaut d’hiberner comme les ours ! Certains d’entre nous aiment retrouver le temps des arbres nus pour nous défaire d’objets, de pensées et d’habitudes superflus, de sorte à alléger notre espace de vie et notre mental. Ainsi les moines et moniales du Village des Pruniers ces jours-ci, étant sur le point de commencer la Retraite d’Hiver (Varsa) 2017-2018, changent de chambre et donc de voisin-e-s de lit, font le tri dans leurs possessions matérielles accumulées et déposent ce qui n’est plus indispensable (vêtement, livre, thermos, cahier, stylo, lampe de poche, snacks, rasoir jetable, savon par exemple) sur une table appelée pour l’occasion ‘releasing party’ (fête du vide-grenier gratuit). Les frères et soeurs qui passent devant et manquent d’une chose ou l’autre peuvent se servir ! Le reste part souvent au Secours Catholique, ou bien dans un placard communautaire en attendant la prochaine ordination de novices.

 

Il règne une certaine excitation parce que la retraite d’hiver signifie pour nous 90 jours de résidence dans nos centres de pratique respectifs, aucun engagement extérieur tel que ceux qui nous amènent le reste de l’année à prendre la route pour guider des retraites ou journées de pleine conscience dans d’autres pays. Alors c’est une grande réunion de famille monastique, un ancrage de stabilité de la communauté, un re-serrage des liens entre Frères, entre Soeurs, entre nous tous. C’est évidemment le moment d’approfondir beaucoup la contemplation et la pratique sur le plan individuel, chacun et chacune de nous formulant pour nous-même et notre mentor / tuteur, tutrice monastique l’intention de focaliser ces 90 jours sur une ou deux ‘problématiques’ personnelles. Par exemple, une jeune soeur prend la résolution d’écrire chaque soir dans son carnet de kung-fu (ne pas confondre avec l’art martial, kung-fu signifie ici ‘pratique quotidienne’) pour faire le bilan de la qualité de pleine conscience dans les actes tels que se réveiller le matin, mettre ses pantoufles, marcher jusqu’à la salle de bains, ouvrir le robinet, prendre la position de méditation assise, suivre sa respiration et les états de son esprit (pour en savoir plus, se référer aux poèmes ou gathas de pleine conscience présentés dans le livre Chants du Coeur). Autre exemple, un frère portera son attention pour transformer progressivement une habitude de réaction dans la hâte héritée de ses ancêtres. En étant chacun assidu pour suivre l’emploi du temps de la communauté, nous prenons refuge dans l’importante énergie collective ainsi générée et nous progressons sans trop d’efforts dans nos méditations.

 

 

Il y a de plus en plus d’amis qui s’arrangent pour venir suivre cette retraite d’approfondissement et de transformation dans nos différents centres, ces personnes restent pour la totalité des 90 jours, ou bien pour une période plus courte ; et il y a aussi des centaines de personnes qui s’organisent pour faciliter leur pratique de pleine conscience, de concentration et de vision pénétrante à la maison. La participation à la Sangha locale constitue un appui joyeux pour ceux et celles d’entre vous qui avez la chance d’en fréquenter une. Nous sommes très reconnaissants et inspirés de pouvoir cheminer avec vous tous, et espérons que les messages que nous publierons sur ce blog au cours de l’hiver vous accompagneront de façon positive et accessible ! Collectivement cette année nous allons nous pencher sur les enseignements de Thay donnés entre 2005 et 2007 sur les 40 Thèses de l’enseignement du Village des Pruniers, et si tout va bien en parallèle avec ces thèses, nous continuerons d’éclairer notre pratique des Cinq Entraînements à la Pleine Conscience.

Introduction à la Retraite d'Hiver 2017-2018 à la maison

Dès maintenant nous vous invitons à vous offrir le temps et l’espace pour vous préparer à votre retraite d’hiver à la maison : vous pouvez choisir de faire un peu de tri et de nettoyage, d’aménager votre coin de respiration et de silence, de vous asseoir pour écrire ce sur quoi vous voulez vous concentrer pendant trois mois, de discuter avec vos bien-aimés ou votre Sangha de la meilleure façon de vous soutenir mutuellement pendant la saison du retour à soi, de fixer le(s) moment(s) où vous ferez ensemble une marche méditative, un repas en pleine conscience, un partage sur votre pratique suivant les messages proposés, ou encore où vous ferez ensemble un Renouveau. En tant que moines et moniales notre pratique de ne pas sortir des frontières physiques du monastère implique aussi, comme nous le rappelle Thay chaque année, de rester pleinement présents pour notre Sangha en ne sortant pas à travers internet ou le téléphone à moins que cela ne soit réellement nécessaire. Chez vous, tâchez aussi de réduire ces éléments qui vous entraîneraient loin du présent et des êtres avec qui vous vivez. Posez-vous la question : comment puis-je m’arranger pour faire les courses moins souvent, être moins exposé aux stimulations des désirs matériels ? Quelle stratégie adopter pour reposer mon corps et mon esprit ou pour nourrir la joie authentique le samedi soir ? Quel est l’objet de ma conversation téléphonique avec cette personne aujourd’hui, puis-je m’en tenir simplement à m’assurer que la personne va bien, à régler les sujets en question puis à prendre congé plutôt que de parler pour nous distraire mutuellement ou même pour aborder des paroles néfastes ? etc…

 

La cérémonie d’ouverture des 90 jours aura lieu mercredi 15 novembre (à la Maison de l’Inspir elle commence à 10h précises), vous pouvez nous rejoindre avec bonheur ! Vous pouvez aussi marquer cette ouverture à domicile, ainsi que celui de la clôture le 12 février 2018, par les rituels qui font sens pour vous. Dans l’esprit de la prise de refuge dans l’île intérieure et de la reconnection avec le cycle des saisons, nous vous souhaitons une merveilleuse retraite d’hiver…

Introduction à la Retraite d'Hiver 2017-2018 à la maison
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Adaptations du programme du mois de novembre à la Maison de l'Inspir

1 Novembre 2017 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Chère Sangha,

En raison de l'ouverture très très prochaine de la Retraite d'Hiver de 90 jours, merci de noter les petits changements apportés à notre calendrier (si vous ne les avez pas déjà repérés sur la page correspondante de ce blog...)

Tout d'abord, la récitation des 5 et 14 Entraînements à la Pleine Conscience aura lieu ce samedi 4 novembre et non le  samedi 11. Comme d'habitude par contre, nous commencerons à 10h précises, et l'après-midi nous aurons un groupe de partage sur les 5 entraînements. Rectificatif !! Le groupe des 14 entraînements l'après-midi n'est pas prévu finalement, nos facilitatrices étant en vacances.

La Maison de l'Inspir ferme ses portes du dimanche 5 novembre vers 17h, jusqu'au mardi 14 novembre inclus. Les petites soeurs vont prendre ce temps pour rentrer de longs voyages, ré-agencer la maison et l'occupation des chambres monastiques, et en particulier pour mener une réflexion sur le contenu de la retraite d'hiver à la maison, qui est désormais suivie par des centaines d'entre vous, jusqu'en Espagne (au moins !).

Le mercredi 15 novembre à 10h, exceptionnellement, la Maison de l'Inspir est ouverte pour toutes celles et tous ceux d'entre vous qui souhaitez participer à la cérémonie de prise de refuge (dite Cérémonie du Face à Face) pour les trois mois complets de la Retraite d'Hiver. Nous profiterons d'être ensemble pour partager aussi le déjeuner (vous pouvez apporter un plat végétalien pour 2 ou 3 personnes), puis la maison sera fermée l'après-midi.

A partir de 9h30 le jeudi 16 novembre, la maison est ouverte aux jours habituels.

Le samedi 25 novembre à 14h, il y a un après-midi Familles du Coeur, c'est-à-dire des joyeux moments de pratique de pleine conscience, de compassion et de compréhension, pour les enfants (tous âges admis) et leurs parents.

Au bonheur de vous retrouver ! N'oubliez pas non plus de consulter la page du calendrier pour tout le reste de la Retraite d'Hiver... et d'envoyer vos témoignages de pratique, des photos de votre Sangha, des poèmes...

 

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