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Monastère de la Maison de l'Inspir

Le sixième sens : la Conscience Mentale

9 Février 2018 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Le sixième sens : la  Conscience Mentale

Le sixième sens : la Conscience Mentale

Chère Communauté,

 

Pour finir notre retraite d’hiver chez soi, nous allons aborder le dernier sens des six sens qui composent tout notre être : la conscience mentale.

 

Nous avons vu que la conscience visuelle ne s’occupe que des choses discernées par nos yeux, comme les fleurs, appréciant les couleurs et les formes ; la conscience auditive prend en compte les choses entendues par les oreille, c’est-à-dire les sons, forts ou faibles ; la conscience olfactive pour les odeurs captées par le nez ; la conscience gustative pour le goût, la langue ressentant toutes sortes d’aliments comestibles ; et la conscience tactile via la peau, l’épiderme, permettant de distinguer tous les objets qui sont touchés.

Ces cinq sens, en voyant, en entendant, en sentant, en goûtant, en touchant, nous permettent d’évaluer notre environnement immédiat dans lequel nous vivons et nous évoluons, nous guidant physiquement dans notre vie

 

Mais ces cinq sens seulement ne nous permettent pas d’entrer en contact avec nos sentiments, avec ce que nous ressentons, avec ce que nous éprouvons, quant à chaque situation qui se présente à chaque instant comme :

 

  • Cette jolie fleur, si belle, que j’ai envie de cueillir et mettre dans un vase car cela me réjouit, en plus elle sent si bon et cela me touche beaucoup parce que je me souviens d’un moment passé avec une amie (ou un ami) tellement agréable où nous avions partagé un très bon repas. Et là encore, en plus de la vue et du fumet de ce bon repas, s’ajoutait la saveur exquise et fine de chaque met… et puis nos mains se sont rencontrées, touchées, et nous sommes allés marcher, main dans la main, contact si chaleureux. Nos paroles, nos échanges pleins de joie et d’amitié ont touché nos cœurs… tout à coup le chant d’un oiseau nous a surpris !

Nous avons là besoin du sixième sens qu’est la conscience mentale pour, à travers l’esprit et donc le corps tout entier, distinguer et percevoir tout ce qui se passe en nous, quels sentiments remontent dans notre mental, quelles sensations se manifestent suite à tout ce que nous voyons, entendons, sentons, goûtons et touchons ; ce que nous aimons ou n’aimons pas, ce que nous voyons comme beau ou pas, ce que nous pensons ou n’avons pas de pensée particulière, ce que nous ressentons ou pas, ce que nous croyons ou pas… ce dont nous avons peur, ce que nous fuyons ou ce que nous cherchons sans cesse, ce que nous pensons être vrai ou faux,… l’état mental dans lequel nous nous trouvons, comme le doute, la colère, la lassitude ou l’euphorie, la jalousie ou la générosité, la bienveillance, la joie, la sérénité,… et bien d’autres choses encore !

 

Ce sont là nos formations mentales qui sont au nombre de cinquante et une (51 formations mentales) selon la tradition bouddhiste, auxquelles Thầy, notre Maître, en a rajouté quelques-unes de plus (voir la liste de ces formations mentales sur le site du Village des Pruniers à l’adresse ci-dessous : https://villagedespruniers.net/pratiques-cles/les-51-formations-mentales-plus-celles-ajoutees-par-thay/)

 

Les formations mentales sont l’objet de notre conscience, comme les « Sensations » par exemple, qui sont une formation mentale dite « Universelle » et sans laquelle nous ne pourrions vraiment ni voir, ni sentir, ni entendre, ni goûter, ni toucher, tout ce qui nous entoure, et sans laquelle nous ne pourrions pas non plus savoir si c’est agréable ou pas, si cela touche en nous quelque chose en particulier comme « l’Attachement ou l’Aversion »…

 

Dans notre pratique de la méditation, lorsqu’une formation mentale se manifeste dans notre conscience à partir de son état de ‘graine ‘ qui demeure dans la conscience du tréfonds (Alaya), elle s’épanouit dans la conscience mentale. C’est l’endroit où nous pouvons être pleinement conscients de ce qui se passe en nous, cette formation mentale devient alors « l’objet » de toute notre attention et de notre pleine conscience. Cela peut être la couleur ou la forme d’une belle fleur, ou cela peut être un sentiment ou un ressentiment tel que la colère ou la joie…

 

Contemplons et pratiquons :

 

- prenons une fleur, un paysage ou tout autre objet qui nous est familier et asseyons-nous pour voir en profondeur cet objet ; voyons ce qui est touché en nous par cette vision profonde, quel est notre sentiment à cet instant ?

- allons marcher dans un parc, sous les arbres dans une forêt, et arrêtons-nous un instant ou plus si possible, et écoutons attentifs, attentives, au vent dans les branches d’arbres, aux chants des oiseaux, au crissement de nos pas sur la neige… que se passe-t-il dans notre mental, que ressentons-nous ? Ces sons nous rappellent-ils quelque chose ou quelqu’un ?

- il est bientôt l’heure de déjeuner, et nous sentons l’odeur du riz parfumé, des légumes salés, de la cuisine qui se prépare, et ces odeurs nous ouvrent l’appétit, nous ouvrent l’estomac, il y a là un effet physique immédiat, n’est-ce pas ? Pratiquons ainsi : « Mon bol est vide dans mes deux mains, Je sais qu’aujourd’hui, J’aurai la chance, De le voir rempli »

- le repas a commencé, et nous avons l’occasion de manger un bon plat de notre enfance… souvenons-nous des moments heureux de notre enfance, des bons plats que nous préparait notre Maman, ou Papa pourquoi pas, et tout de suite nous sommes redevenus cet enfant de cinq ans ou dix ans, insouciant et joyeux… nous en souvenons-nous ? Est-ce un sentiment chaleureux et heureux ou bien y a-t-il en nous du regret, de la tristesse ?

- maintenant nous pouvons aussi prendre dans nos bras notre enfant ou nos enfants, quel que soit leur âge, nos parents ou nos grands-parents, notre époux ou notre épouse, entrer en contact physique avec eux et les regarder profondément, vraiment, pour voir que leur présence est merveilleuse… et peut-être réciter à haute voix ou mentalement ce mantra : « Je sais que tu es là et je suis très heureux, très heureuse ».

- Observons ce qui se passe en nous dans tous ces moments, soyons présents à nos sentiments sans se laisser emporter trop loin, voyons comment se manifestent dans notre conscience, à partir de l’Alaya, la conscience du Tréfonds, les graines de joie ou de tristesse, le désespoir ou la lassitude, ou au contraire une joie euphorique, le doute ou la certitude, etc… voyons comment un souvenir remontant dans notre conscience peut nous affecter encore aujourd’hui ou bien nous nourrir de bonheur, de paix sereine.

Le sixième sens : la  Conscience MentaleLe sixième sens : la  Conscience Mentale
Le sixième sens : la  Conscience Mentale

A l’heure où la fin de ce message arrive, la neige recommence à tomber, et pleins de souvenir se manifestent, la plupart furent des moments heureux, les séances de luge, les roulades dans la couche épaisse de neige, les courses effrénées dans les bois, le ramassage du houx fleuri…

 

Proposition de lecture :

 

« Pour une métamorphose de l’Esprit » Thích Nhất Hạnh

 

*********************

 

« Ce jardin est rempli de fleurs magnifiques,

Nul besoin de les cueillir,

Car elles s’offrent à nos regards naturellement.

Et nous voyons profondément

Leur nature de non-mort et de non-naissance. » (CLT)

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sr Chan Khong sur Sagesses Bouddhistes

9 Février 2018 , Rédigé par Maison de l'Inspir

sr Chan Khong sur Sagesses Bouddhistes

Le dimanche prochain, 11 février, à 08h05 il y aura un rediffusion de  "Les chemins de la foi"  avec sr Chan Khong sur Sagesses Bouddhistes (France 2).

Le sujet est : Pourquoi et comment reconnaître notre souffrance  

La première diffusion est datée du19 février 2017.

 

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Pleine Conscience du goût

7 Février 2018 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Pleine Conscience du goût

En buvant mon thé

 

Dans l'interdépendance, tout est là déjà, rien à chercher.

Rien ne se crée, et rien ne se perd, tout se transforme.

Ainsi

En buvant mon thé

je bois l'eau du nuage,

je bois l'eau de la centrale de Fukushima,

l'eau du placenta qui me nourrit jadis,

l'eau des urines du Bouddha.

Je bois l'eau des comètes,

l'eau des origines,

l'eau que tu es,

l'eau que je suis.

 

 

Savourez

 

C’est le titre du livre co-écrit avec Thây qui a comme sous-titre « mangez et vivez en pleine conscience ».

Avec le goût nous abordons le cinquième de nos sens et qui n’est pas le dernier puisque les enseignements bouddhistes ajoutent un sixième sens : la conscience.

Le goût est un sens qui nous est très familier, nous l’exerçons plusieurs fois par jour. Toutes celles et tous ceux qui participent à des retraites ou à des journées dans la tradition du Village l’exercent, si possible en pleine conscience.

 

Quand prenons-nous le temps de savourer ? Et prenons-nous le temps de savourer ?

 

 

Manger est un acte habituel dans notre quotidien, indispensable pour nous maintenir en bonne santé et nous permettre de pleinement développer notre bodhicitta, notre esprit d’Eveil.

Quand nous prenons  le temps de contempler un aliment, d’en découvrir tous les aspects, la texture, l’odeur, le son, la couleur et la… saveur, nous expérimentons ainsi, ce que vraisemblablement nous savons déjà, que ce sens est en lien avec tous les autres sens.

 

 

 

Choisissons un aliment (orange, chocolat…) pour en explorer tous les aspects et revenir à la pleine conscience de cette interdépendance de nos sens. Nous pouvons pratiquer avec curiosité et créativité ; par exemple inverser le déroulement du repas et commencer par le dessert, essayer de manger avec la main malhabile ou avec des baguettes…et observer nos réactions.

Le goût est un sens qui nous met profondément en contact avec « j’aime » d’où le risque d’avidité et d’attachement et « je n’aime pas » d’où le risque d’aversion, de dégoût. Est-ce que savourer, tout en restant dans la modération, nous évite ces deux écueils ?

 

Le goût nous met en contact aussi avec nombre de nos conditionnements, avec notre culture, avec les plats faits par notre mère ou notre grand-mère, avec notre attitude face à des plats exotiques. Si nous sommes curieux des cuisines du monde, savourer devient alors une très concrète invitation au voyage. Manger en pleine conscience peut nous aider à toucher tout l’univers.

Vous pouvez voir au Village des calligraphies de Thay disant :

 

« Ce morceau de pain dans ma main contient tout le cosmos »

 

 

 

Thay et le Village nous proposent des pratiques très concrètes pour être en lien avec tout le cosmos, certaines vous sont peut-être déjà familières telles que :

 

- la récitation des cinq contemplations qui, en fonction de l’environnement, peut être formelle ou très discrète

 

-  la cérémonie du repas formel où Thây nous invite à pratiquer avec des gathas, nous vous en proposons quelques-uns ci-dessous, certains sont plutôt adaptés pour la communauté, mais nous pouvons nous en inspirer pour notre pratique personnelle ou en Sangha

 

Savourer, goûter, avoir du goût, sont des mots souvent employés dans un sens beaucoup plus large, dans un sens symbolique.

 

Thay conclut ainsi son ouvrage « Savourez » :

 

« Savourez le temps qui vous reste dans cette vie. Savourez chaque instant, chaque respiration, chaque repas, chaque relation, chaque action ou chaque non-action, chaque occasion de préserver vote bien-être et le bien-être de notre monde. Intégrez et pratiquez la pleine conscience dans votre vie afin qu’elle devienne une habitude, un mode de vie. Faites en sorte que d’autres se joignent à vous, que vous vous souteniez les uns les autres pour manger, travailler et vivre en pleine conscience tous ensemble. Vivre ainsi est le seul bien authentique que vous possédiez. C’est l’essence d’une vie pleine de sens, profondément satisfaisante. »

 

Quand nous n’avons plus besoin d’effort d’apprentissage pour certaines pratiques, nous pouvons être dans « l’effort sans effort » et savourer la pratique.

Savourer la marche, la respiration,… peut nous protéger d’une forme d’ennui qui apparaîtrait dans la répétition des pratiques.

Quand et comment pouvons-nous expérimenter de « savourer » comme Thay nous y invite et partager nos expériences avec les amis, amies de sangha ?

 

 

 

 

Ce sont quelques-unes parmi les nombreuses pistes sur les sens envisagées dans notre culture. Nous avons appris qu’il y a cinq sens, ce qui est remis en question par les découvertes actuelles de la science ; il y en aurait neuf ou plus ou moins suivant les classifications. N’ayons pas peur d’être curieux et gardons ces interrogations : est-ce que ce savoir  nous  permet de développer Smrti, Samadhi,et Prajna ?(Pleine Conscience, Concentration, Vision Profonde)

 

            Les cinq contemplations :

1* Cette nourriture, fruit du ciel, de la terre, de beaucoup de travail et d’amour, est un don de l’univers tout entier.
2* Recevons-la en Pleine Conscience, avec Amour et Gratitude afin d’en être dignes.
3* Reconnaissons et transformons nos états mentaux négatifs, notamment la gourmandise, afin d’apprendre à manger avec modération.
4* Puissions-nous maintenir notre compassion éveillée en mangeant de façon a réduire la souffrance des êtres vivants, à cesser de contribuer au changement climatique et à préserver notre planète.
5* Nous acceptons cette nourriture avec gratitude afin de pratiquer et de réaliser le chemin de la compréhension et de l’amour, de développer notre fraternité, de construire notre communauté et de nourrir notre idéal de servir tous les êtres vivants.

 

https://villagedespruniers.net/httpfr-villagedespruniers-pratiquesdepleineconscience/manger-avec-la-sangha/

 

            Extraits de « Cérémonie du cœur page 191 et suivantes :

 

1) Tenant mon bol

Le bol du Tathâgata

Entre mes mains.

Celui qui donne, celui qui reçoit et le don

Forment une unité parfaite

 

2) Prenant mon bol avant de me servir

Mon bol vide entre mes deux mains,

Je sais qu’aujourd’hui

J’aurai la chance

De le voir rempli.

 

3) Tenant mon bol plein de nourriture

Mon bol est plein maintenant,

J’y vois la présence de l’univers tout entier

Qui contribue à ma subsistance.

 

10) Prenant les quatre premières bouchées

À la première bouchée, j’offrirai la joie à autrui.

À la deuxième, je soulagerai la souffrance d’autrui.

À la troisième, je cultiverai la joie en moi.

À la quatrième, je m’entrainerai à aimer sans discrimination

 

11) Regardant mon bol vide à la fin du repas

J’ai fini mon bol

Ma faim est rassasiée.

Puissent toutes mes actions refléter

Ma gratitude envers tous les êtres

 

 

 

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Programme pour la dernière journée de la retraite d’hiver

6 Février 2018 , Rédigé par Maison de l'Inspir

les roses dans le jardin continuent de de s'épanouir, malgré la neige

les roses dans le jardin continuent de de s'épanouir, malgré la neige

La retraite d’hiver finira le lundi 12 février. Donc ce dimanche 11 février sera la dernière journée d’ouverture de la maison pendant la retraite d’hiver.

Il y aura un programme spécial auquel nos ami(e)s francophones et vietnamophones sont convié(e)s.

Le matin il y aura une session de question-réponse. On peut demander des questions sur le thème de cette retraite d’hiver. Pour les francophones notamment les 40 principes du Village des Pruniers.  Il y aura un panel avec des enseignants du dharma monastiques et laïques pour répondre vos questions. Sinon, il y aura aussi l’opportunité de poser d’autre questions sur la pratique.

L’après-midi il y aura un être-ensemble dans la joie. Nous buvons du the ensemble et il y aura l’occasion de partager sur la retraite d’hiver. Ou bien d’offrir des chansons, poèmes, histoires, de la musique etc… , tout en se réjouissant de la présence les un(e)s pour les autres.

 

 

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Etude et pratique des quarante thèses de l'enseignement du Village des Pruniers : troisième partie

6 Février 2018 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Cinquième thèse :

Il est possible de toucher le nirvana dans le moment présent.

"Depuis toujours, tous les dharmas (phénomènes) demeurent dans leur nature propre du nirvana : c'est une phrase que l'on peut lire dans le Soutra du Lotus. Si nous savons que nous demeurons déjà dans le nirvana, nous n'avons plus à partir à sa recherche, de même que la vague qui sait déjà qu'elle est l'eau et qui n'a pas besoin d'aller chercher l'eau.

Nous avons l'habitude de penser qu'il y a un chemin qui mène au bonheur, à la libération, au nirvana ; et ce chemin représente les moyens, tandis que le bonheur, la libération et le nirvana représentent la fin. Le bonheur, la libération et le nirvana sont la destination, mais le chemin, lui, n'est pas - ou pas encore - la destination. Ce que nous pensons aussi parfois c'est qu'étant en chemin, nous devrions pâtir et endurer afin de pouvoir goûter au bonheur une fois parvenus au nirvana. C'est notre mode de pensée dualiste. En vérité, s'il s'agit réellement de la voie de la libération, alors chaque pas posé sur ce chemin a la faculté de nous apporter du bonheur. S'il s'agit véritablement de la voie de la libération, chaque pas sur ce chemin a déjà le goût de la liberté. Même chose pour le nirvana : le chemin du nirvana est un chemin sur lequel chaque pas nous permet de toucher la nature de non-naissance et de non-mort, de non-être et de non-non-être des choses. C'est possible quand nous avons l'énergie de la pleine conscience, de la concentration et de la vision profonde, qui sont les trois énergies qui nous aident à lever le voile de la dimension historique pour entrer dans la dimension ultime de la réalité. En portant notre regard en pleine conscience, en concentration et en vision profonde sur une pierre, une feuille, une goutte de rosée ou un nuage, nous touchons leur nature de non-naissance et de non-mort, de non-être et de non-non-être. C'est cela le nirvana. Chaque pas sur le chemin nous aide à toucher cette nature de plus en plus profondément...

 

Le chemin, ou la voie, est la quatrième des Nobles Vérités ; et le nirvana est la troisième. A partir du moment où nous avons le chemin, nous avons le nirvana puisque le chemin est le nirvana-même, le nirvana est le chemin-même. Cela vaut aussi pour la paix, le bonheur et la libération. Il n'y a pas de chemin menant à la paix, la paix est le chemin. Il n'y a pas de chemin qui mène au bonheur, le bonheur est le chemin. Il n'y a pas de voie qui mène au nirvana, le nirvana est la voie.

De plus, le nirvana n'est pas quelque chose qui existe hors du cycle de la vie et de la mort. En contemplant la vie et la mort avec profondeur, nous verrons la nature du nirvana dans la vie et la mort mêmes. Hors de la vie et de la mort il n'y a pas de nirvana. Hors de la boue, il ne peut y avoir de lotus. Hors de l'ignorance et des illusions, il ne peut y avoir d'éveil ; hors des êtres vivants, il n'y a pas de bouddha ; hors des afflictions, il n'y a pas d'illumination. C'est comme cela que nous devons apprendre à regarder le nirvana, avec les yeux de la non-dualité."

Sans la boue, pas de lotus

Sans la boue, pas de lotus

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Témoignage sur la pleine conscience de l'odorat

1 Février 2018 , Rédigé par Maison de l'Inspir

La 4L fourgonnette du Village…

Je voudrais vous raconter ici cette petite anecdote à propos des odeurs et de l’odorat, un court moment inoubliable passé avec Thây dans la 4L fourgonnette du Village durant le petit voyage que nous avions fait entre le Hameau du Haut et le Hameau du Bas.

 

Durant les toutes premières années du Village des Pruniers, les années 80, il n’y avait pas encore beaucoup de monde, il n’y avait pas encore de moines et de moniales, et il y avait très peu de voitures.

C’était un mois de juillet, le mois de la retraite d’été aujourd’hui, et je résidais au Hameau du Bas pour deux semaines.

 

Un jour arriva qu’à l’heure de l’enseignement, les quelques amis et amies qui habitaient le Hameau du Haut venaient d’arriver au Hameau du Bas pour que tous nous puissions écouter l’enseignement sur le Dharma. Mais curieusement Thây n’était pas présent…

C’est alors qu’on m’appela et me dit : « nous avons oublié Thây ! Peux-tu aller au Hameau du Haut avec la 4L pour le chercher ? »

Je n’y croyais pas, avoir oublié Thây !

Alors comme j’avais pris cela pour la « mission de ma vie », je me souviens avoir couru jusqu’à la 4L et avoir foncé jusqu’au Hameau du Haut, et je peux dire que cette 4L avait retrouvé toute sa jeunesse ! Le seul petit problème, et je ne le savais pas avant de prendre la voiture, c’était qu’elle servait à transporter du fumier de vache et de cochon. Il y avait dans cette voiture une odeur affreusement âcre qui vous prenait à la gorge et en plus c’était en juillet avec une bonne chaleur, ce qui n’arrangeait pas vraiment les choses.

J’avais ouvert les deux fenêtres de chaque côté (les petites fenêtres de 4L) et j’aurais même arraché les portes si j’avais pu pour aérer davantage, mais j’étais parti à toute vitesse et vu l’odeur ambiante je crois que j’étais au maximum de la vitesse de la 4L.

Je ne comprends toujours pas aujourd’hui pourquoi je n’avais pas pris ma propre voiture…

D’un côté j’étais très fier d’aller chercher Thây, et de l’autre côté ma fierté était écrasée par l’odeur de fumier dans la voiture ; incroyable.

Témoignage sur la pleine conscience de l'odorat

Finalement j’étais bien arrivé au Hameau du Haut où Thây attendait debout sous le tilleul qu’une bonne âme pense à lui et qu’il ne fasse pas les deux ou trois kilomètres à pied entre les deux Hameaux.

Et dans ma tête tout bouillonnait, j’avais honte de transporter Thây dans cette 4L et je me demandais bien ce que je pourrais dire éventuellement… et, je ne dis rien du tout, car Thây en ouvrant la portière m’avait souri et en s’asseyant à mon côté, je voyais qu’il me souriait encore en me regardant. Alors moi assez timide quand-même, je me mis à lui sourire aussi comprenant instinctivement, et en silence, qu’il y avait en commun pour nous deux cette odeur très forte qui nous accompagnerait jusqu’au Hameau du Bas.

La descente vers le Hameau du Bas ne fut pas aussi rapide que la montée, mais elle fut très silencieuse, comme une sorte de méditation sur le sens de l’odorat, ce qui sûrement ne pouvait en être autrement !

Aujourd’hui je sais bien par exemple que Thây n’aime pas du tout l’odeur du durian, comme il nous l’a déjà raconté plusieurs fois, et je connais aussi l’odeur du durian, mais là je crois que le durian serait passé inaperçu dans la 4L…

 

Pour finir à propos de l’odeur de fumier, cette petite aventure me ramena dans le passé lorsque je devais travailler à la ferme et nettoyer l’étable des vaches et la vieille porcherie où l’odeur était tellement forte et dense que je devais sortir respirer l’air frais régulièrement ; le curage de la porcherie était réservé aux enfants car c’était tout petit et seul les enfants tenaient debout à l’intérieur. C’était un travail difficile, obligatoire, dont le seul souvenir fait remonter cette odeur tout de suite, et la souffrance qui en découlait à ce moment-là.

 

Témoignage sur la pleine conscience de l'odorat
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