Picture of Thich Nhat Hanh smiling joyfully

Etude des Quarante principes de l'enseignement du Village des Pruniers - DeuxiĂšme partie

29 DĂ©cembre 2017 ,

Chère communauté, voici des extraits traduits des enseignements de Thay sur le 3ème et le 4ème des quarante principes de l'enseignement du Village des Pruniers. Nous verrons aussi que les suivants affinent et éclairent, voire 'nettoient' de plus en plus notre compréhension et notre expérience du nirvana, et nous nous souviendrons pour la pratique de cette phrase souvent lancée par Thay dans ses discours du Dharma : "Nous n'avons pas à chercher le nirvana (sous-entendu à pratiquer pour l'atteindre), nous avons été nirvanisés depuis toujours !"

Nous avons entendu la remarque concernant le rythme un peu serré auquel nous vous avons proposé les messages de la retraite d'hiver, donc espérons que la période des fêtes de décembre vous aura été bénéfique pour digérer les fins mets servis sur ce blog il y a quelques semaines ? Et puis nous suggérons de toutes manières de laisser faire le Bouddha, laisser faire les graines de compréhension inhérentes dans notre conscience-dépôt (conscience du tréfonds). Continuons de soigner la terre, relisons de temps à autre des passages des enseignements, utilisons nos yeux du Dharma dans la vie quotidienne, appliquons les exercices de méditation guidée pour donner les conditions favorables à la germination et l'épanouissement de fleurs de vision profonde, de paix, de joie et d'amour.

Etude des Quarante principes de l'enseignement du Village des Pruniers - Deuxième partie

TroisiĂšme principe :

Le nirvana est l’absence de l’illusion et des afflictions, mais ce n’est pas l’absence des agrĂ©gats (skandhas : corps, sensations, perceptions, formations mentales et conscience), des sphĂšres des sens (oeil, oreille, nez, langue, corps, mental, forme, son, odeur, goĂ»t, objet du toucher, objet du mental) et des domaines de l’existence (dhatus : douze sphĂšres des sens auxquelles s’ajoutent les six consciences des sens : consciences visuelle, auditive, olfactive, gustative, tactile, mentale. Egalement, les trois mondes des dĂ©sirs, de la forme et de la non-forme).

 

« L’illusion, l’ignorance, ce sont les comprĂ©hensions incorrectes de la rĂ©alitĂ©. Par exemple, toutes les choses sont impermanentes, mais nous les considĂ©rons comme permanentes ; toutes les choses sont dĂ©pourvues d’un soi mais nous leur attribuons un soi. L’illusion ou l’ignorance, c’est Ă©galement toutes les perceptions erronĂ©es que nous avons de nous-mĂȘmes, des autres personnes et du monde.

Le Bouddha et les bodhisattvas demeurent dans le nirvana, ce qui signifie qu’ils ne sont pas dans l’illusion ou les afflictions ; mais d’autre part leurs agrĂ©gats, leurs sphĂšres des sens et les domaines d’existence subsistent. Les agrĂ©gats, les sphĂšres des sens et les domaines d’existence continuent d’ĂȘtre lĂ  ; mais ils ne causent pas de souffrance puisqu’il n’y a plus d’illusion ni d’afflictions. Sans affliction, sans illusion, la souffrance cesse. Les agrĂ©gats, les sphĂšres des sens et les domaines d’existence ne sont pas eux-mĂȘmes la souffrance ; la prĂ©sence ou l’absence de la souffrance dĂ©pendent de notre façon de regarder et d’utiliser nos agrĂ©gats, etc. Tant que nous sommes dans l’illusion, nous utilisons les agrĂ©gats, les sphĂšres des sens et les domaines d’existence d’une maniĂšre incorrecte et nous souffrons. Sortis de l’illusion, nous les utilisons d’une maniĂšre merveilleuse et nous faisons le bonheur de nombreux ĂȘtres. Sans les agrĂ©gats, comment est-ce que nous pourrions servir le monde et aider tous les ĂȘtres ? Donc le nirvana n’est pas l’absence des agrĂ©gats (skandhas), des sphĂšres des sens (ayatanani) et des domaines d’existence (dhatus).

Le mot nirvana peut crĂ©er beaucoup d’interprĂ©tations incorrectes. Nirvana, ou nibbana, signifie l’extinction. Par exemple une flamme s’éteint et nous ne la voyons plus ; comme si l’extinction signifiait que de l’existence, de l’ĂȘtre, la flamme passait au nĂ©ant, au non-ĂȘtre. Il est erronĂ© de penser ainsi, car le nirvana n’est ni l’ĂȘtre ni le non-ĂȘtre. Nous ne voyons pas la flamme et disons qu’elle « n’existe pas Â». Mais cette notion de ‘non-ĂȘtre’ ne s’accorde pas Ă  la rĂ©alitĂ©. Lorsqu’elle se manifeste, nous disons qu’elle « est Â», et cette notion de l’ĂȘtre ne s’accorde pas non plus Ă  la rĂ©alitĂ©. La rĂ©alitĂ© transcende aussi bien l’ĂȘtre que le non-ĂȘtre.

Quand nous parlons du nirvana, nous devrions dire avant tout que le nirvana est l’extinction de l’illusion et des afflictions, ce n’est pas du tout l’extinction de la vie. La vie est merveilleuse ! En l’absence des afflictions et de l’illusion, les agrĂ©gats, les sphĂšres des sens et les domaines d’existence deviennent quelque chose de merveilleux. Avant cela ils Ă©taient dĂ©jĂ  merveilleux, mais Ă  cause de notre ignorance et de nos afflictions, nous ne pouvions pas voir cette merveille, et nous les qualifiions d’entraves. Dans le Soutra Ratnakuta (Soutra du Monceau de Joyaux), il y a une histoire pour illustrer ceci : un homme prend une motte de terre et la jette sur un chien. Celui-ci crie de douleur, puis sous l’emprise de la furie, il s’en prend Ă  la motte de terre pour se venger. Il ne sait pas que la cause de sa douleur ne vient pas de la motte, mais de l’homme qui la lui a lancĂ©e. De mĂȘme, la cause de notre souffrance n’est pas les cinq agrĂ©gats, les douze sphĂšres ou les dix-huit domaines, mais c’est notre ignorance Ă  leur sujet. Les agrĂ©gats, les sphĂšres des sens et les domaines d’existence sont la motte de terre, et l’illusion est l’homme qui jette la motte. Â»

 
Etude des Quarante principes de l'enseignement du Village des Pruniers - Deuxième partie

QuatriĂšme principe :

Le nirvana est le nirvana. Il n’y a pas lieu de parler d’un nirvana avec rĂ©sidu et d’un nirvana sans rĂ©sidu.

 

« Dans le Vijnaptimatratasiddhi (oeuvre traitant de la Conscience Seule) de MaĂźtre Xuan-Zang (VIIe siĂšcle de notre Ăšre), il est question de quatre sortes de nirvana : le nirvana pur par nature, le nirvana avec rĂ©sidu, le nirvana sans rĂ©sidu et le nirvana sans demeure. Le nirvana pur par nature, comme nous le savons, est l’ainsitĂ©, la nature vĂ©ritable de tous les dharmas, la nature de non-naissance et de non-mort, de non-ĂȘtre et de non-non-ĂȘtre de tous les dharmas. Dans le soutra Ittivutaka, le soutra Udana, et dans le Dharmapada du canon chinois, ce nirvana est appelĂ© le non-nĂ©, non-devenu, non-fait et non-conditionnĂ©. Pour ĂȘtre plus explicite, nous pouvons dire que c’est la nature de non-naissance et non-mort, de non-ĂȘtre et non-non-ĂȘtre, de non-acteur et non-receveur du fruit de l’action, de non-conditionnant et non-conditionnĂ©. Le terme ‘conditionnement’ (samskarah) fait rĂ©fĂ©rence au fait que les dharmas s’appuient les uns sur les autres pour se manifester. Toutes les choses qui se rassemblent pour faire manifester cette chose, s’appellent ‘conditionnant’ (samskara) ; cette chose qui est manifestĂ©e grĂące au rassemblement d’autres conditions s’appelle ‘conditionné’ (samskrta). Conditionnant et conditionnĂ© sont une paire d’opposĂ©s comme les paires naissance / mort, ĂȘtre / non-ĂȘtre, acteur / receveur. Le nirvana pur par nature transcende ces quatre paires d’opposĂ©s.

Le nirvana avec rĂ©sidu est dĂ©fini comme l’expĂ©rience du nirvana des personnes encore en vie, qui ont encore leurs cinq skandhas ; ce n’est pas encore la finalitĂ©, ce n’est pas encore absolu, car l’on pense que tant que les skandhas subsistent, la souffrance subsiste.

Le nirvana sans rĂ©sidu est dĂ©fini comme Ă©tant le nirvana final, car il n’y a plus le corps.

Les deux notions de nirvana avec rĂ©sidu et sans rĂ©sidu sont Ă  l’origine de nombreuses interrogations : on est par exemple en droit de se demander quel type de nirvana le Bouddha a-t-il pu goĂ»ter lorsqu’il Ă©tait encore vivant ? Un nirvana avec ou sans rĂ©sidu ? Ayant pourtant atteint l’illumination, il n’aurait pu profiter que d’un nirvana avec rĂ©sidu ? Certaines personnes affirment que bien que le Bouddha eĂ»t encore ses cinq agrĂ©gats, ceux-ci Ă©taient des agrĂ©gats non-corrompus (anasrava), de sorte que le nirvana du Bouddha n’était pas semblable Ă  celui des disciples-auditeurs (ceux qui atteignaient l’éveil simplement en entendant les discours du Bouddha) qui ne faisaient eux que l’expĂ©rience du nirvana avec rĂ©sidu. Mais alors, que sont les agrĂ©gats non-corrompus ? Si les agrĂ©gats du Bouddha sont diffĂ©rents de ceux des ĂȘtres vivants, comment peut-on dire que les ĂȘtres vivants ont la facultĂ© de devenir des bouddhas ? C’est ainsi qu’apparaĂźt la notion d’un nirvana qui n’est ni avec rĂ©sidu, ni sans rĂ©sidu.

Finalement, la meilleure façon de rĂ©soudre ces spĂ©culations est de ne parler que d’une sorte de nirvana, en l’occurence, le nirvana pur par nature. C’est une expĂ©rience que nous pouvons avoir alors que nos cinq agrĂ©gats subsistent, comme le confirment de nombreux soutras du bouddhisme originel. Lorsque nous mettons fin Ă  toutes les afflictions, nous atteignons le nirvana ultime, parce que les cinq agrĂ©gats ne sont plus l’objet de notre saisie et de notre attachement. C’est Ă  travers les agrĂ©gats, et en fait grĂące Ă  eux, que nous pouvons toucher le nirvana. Â»

 
Etude des Quarante principes de l'enseignement du Village des Pruniers - Deuxième partie

Transmission des 5 Entraßnements à la Pleine Conscience le 21/01/2018... et autres activités du début d'année

17 DĂ©cembre 2017 ,

Chère Sangha,

Au mois de janvier prochain, si vous êtes plein d'entrain et de résolution pour venir pratiquer avec la communauté à la Maison de l'Inspir, voici de quoi enrichir votre calendrier :

- le samedi 6/01/2018, est organisée à partir de 9h30 une journée de remise en forme par le taichi intégral, animée comme toujours par notre chère Bich Trinh. L'inscription à l'avance est obligatoire surtout qu'il n'y a que 20 places cette fois-ci. La participation s'élève comme les fois précédentes à 30 euros (avec possibilité de réduction pour les chômeurs et étudiants). Envoyez votre demande de participation par email à info@maisondelinspir.org et attendez notre réponse pour confirmer...

- le samedi 13/01/2018, à 10h, nous réciterons joyeusement les cinq entraînements à la pleine conscience et les quatorze entraînements de la Communauté de l'Inter-être.

- le samedi 20/01/2018, à partir de 10h pile aussi, commencera le dix-neuvième atelier Educ'inspir pour faire vivre la pleine conscience dans l'éducation, à la maison avec les enfants, à l'école, etc... le thème cette fois encore promet d'être très riche et aidant : maintenir et cultiver la paix même dans un environnement violent... avec des pratiques faisant référence au livre de Thay "Apaiser l'esprit face à la violence - La réponse du zen au terrorisme". S'il-vous-plaît inscrivez-vous également par email à info@maisondelinspir.org

- le dimanche 21/01/2018 toujours à 10h, nous aurons une cérémonie de transmission des Cinq Entraînements à la Pleine Conscience, pour toutes les personnes qui souhaitent s'engager formellement sur ce chemin de pratique. Si c'est votre aspiration, merci de nous écrire en indiquant :

  • vos nom et prénom
  • votre année de naissance
  • si vous avez déjà reçu les 5 Entraînements dans le passé, où et quand, si vous avez reçu un nom du Dharma
  • si vous souhaitez recevoir un nom du Dharma pour vous aider dans votre pratique
  • quels entraînements vous souhaitez recevoir dans cette cérémonie : tous les cinq, ou : le 1er (oui / non), le 2ème (oui / non), le 3ème (oui / non), le 4ème (oui / non), le 5ème (oui / non)
  • en quelques lignes écrivez aussi s'il-vous-plaît quelle est votre aspiration profonde, quels aspects dans les 5 entraînements sont les plus vivants pour vous en cette période de votre vie, lesquels sont plus difficiles, et toute autre chose que vous voulez nous faire savoir.

La cérémonie est offerte pour les pratiquants francophones ainsi que vietnamophones. Attention sachez qu'il n'est pas possible de recevoir les 5 entraînements à distance. Il est nécessaire d'être physiquement avec nous à la Maison de l'Inspir pour la cérémonie. Merci de votre compréhension.

- le prochain après-midi Familles du Coeur pour les enfants, ados et leurs parents aura lieu samedi 27/01/2018 à 14h.

Comme en temps normal, notre petit monastère est ouvert du jeudi 9h30 au dimanche 17h tout le mois de janvier. Vous pouvez donc volontiers venir pour une journée 'ordinaire' non mentionnée ci-dessus, et aussi vous inscrire pour venir passer plusieurs jours de pratique avec nous en restant dormir sur place, dans des conditions de douce sobriété. Notez que pour les hommes, il y aura un weekend, celui du 4 au 7 janvier, où des moines séjourneront dans le chalet, et qu'il ne vous sera donc pas possible de vous inscrire à ce moment-là ! Nous vous remercions de prévoir de venir à un autre moment si vous souhaitez être hébergés.

 

Pleine conscience du sens du toucher

15 DĂ©cembre 2017 ,

Bonjour chères amies, chers amis qui nous suivez dans cette retraite d’hiver chez soi.

 

Tout d’abord merci de nous encourager par votre assiduité et votre sincérité pour mettre en pratique ce que nous vous proposons.

Nous abordons dans ce message le sens du toucher.

Le toucher est un des sens toujours présent que nous pouvons explorer dans de très nombreux actes de la vie quotidienne, nous allons vous proposer quelques pistes de réflexion. N’ayez pas peur d’en explorer d’autres, pratiquant ainsi l’investigation des phénomènes qui est le deuxième facteur d’éveil.

 

Le sens du toucher est, dans notre vie quotidienne, la porte d’entrée d’innombrables sensations et émotions. Il a été un des sens dominants dès notre entrée dans ce monde et le reste vraisemblablement tout au long de notre vie, même si le langage nous éloigne parfois de cette sensation corporelle.

Le contact avec la peau est un puissant indicateur de la qualité de notre environnement. Il nous averti d’un danger ou peut nous combler de joie. Notre conscience du tréfonds en garde le souvenir et ce sens nous accompagne constamment pour nous guider dans nos perceptions les plus fines. Quand ce sens s’amoindrit ou se perd, nous pouvons nous sentir en danger.

 

Pour le garder vivant, éclairons le avec la Pleine Conscience

 

Dans notre environnement physique :

 

- Pratiquons une marche méditative pieds nus, conscients du contact de la peau de nos pieds avec le sol, de toutes les informations que ce contact nous donne et soyons conscients de combien il est précieux. Peut-être pouvons nous retrouver le sable qui roule sous nos orteils, la fraîcheur de la vague qui caresse nos pieds, la pluie tiède d’un orage d’été nous mettant en contact avec « les éléments rafraîchissants et porteurs de guérison qui sont en nous et autour de nous » (cinquième entraînement)

- Quand nous buvons une tasse de thé, tenons-la avec nos deux mains, conscients des sensations de chaleur, de la nature des matériaux dans nos mains, conscients de toute la chaîne de petites et grandes mains qui ont été nécessaires pour que cette tasse de thé soit là  et si par chance elle est de fabrication artisanale alors elle contient le contact des mains du potier.

Quand nous portons la tasse à nos lèvres, d’autres sensations naissent. S’entraîner à les observer nous permettra d’avoir une perception de plus en plus fine et plus subtile des ces sensations nous faisant ainsi entrer en intimité avec nous-mêmes.

Souvenons-nous que comme pour tous les bébés, porter un objet à nos lèvres a été un fantastique moyen d’exploration de notre univers.

- Choisissons un autre objet et soyons joyeusement curieux du contact de notre peau, souvent les mains, mais pas exclusivement, avec cet objet. Nous pouvons noter nos observations et les partager avec les amies, amis de pratique.

 

Dans notre environnement relationnel :

 

- le contact de la peau est un extraordinaire moyen de communication

Peut-être davantage que pour certains des autres sens, le contact de la peau reste tout au long de notre vie un précieux moyen de communication non verbale. Notre tréfonds le sait bien, lui qui connaît toutes nos joies, nos enthousiasmes, nos passions, nos failles, nos manques, nos blessures et nos cicatrices sur le sujet.

Nous savons que les bébés prématurés se développent mieux s’il est possible d’organiser un « peau à peau » avec l’un des parents. Et quand nos autres sens commencent à s’effacer, dans le grand âge, le contact devient alors un précieux allié dans la communication. 

Savons-nous prendre soin de ce contact dans la relation à l’autre ? Savons-nous être profondément respectueux et sentir le moment où nous risquons d’être intrusifs ?

- Quand nous saluons une personne en lui serrant la main, sommes-nous vraiment présents à ce contact ? Qu’acceptons-nous d’offrir et de recevoir dans ce contact ?

 Nous vous invitons à pratiquer aussi souvent que possible ce salut en pleine conscience avec l’aide de la respiration ; « j’inspire, j’expire » et en disant mentalement le mantra d’amour « je suis là pour toi ». Entraînons-nous au regard profond qui nous fera trouver le geste juste du contact de la main. Ce peut être de prendre chaleureusement entre nos deux mains la main qui se tend vers nous. 

 

Les mains et le contact des mains sont aussi un élément de guérison

- Si nous avons le talent de pouvoir offrir des massages, ce n’est pas très difficile, nous pouvons apprendre, c’est une belle pratique que nous pouvons offrir comme un temps de méditation et si nous sommes receveur, jusqu’où acceptons-nous ce cadeau ?

- Thay nous offre cette belle pratique de la méditation de l’étreinte, faisons le vœu de la pratiquer sans hésiter dès que les circonstances sont favorables.

Nous pouvons aussi faire un grand Hug chantant en Sangha, à la fin d’une session par exemple, en se regroupant dans un cercle se tenant par les épaules. Si le groupe n’est pas trop important chantez « mes chers amis »  en reprenant le chant pour chacun des participants et en remplaçant « chers amis » par le prénom « mon cher Jean-Pierre… ». Essayez, si c’est le bon moment, c’est une pratique magique.

 

Pour nous soutenir dans ces pratiques de la vie quotidienne, nous avons besoin de la pratique des méditations assises. C’est souvent un moment où nos sens sont moins sollicités. Thay nous propose de méditer en nous appuyant sur des expériences que nous avons vécues. Nous pouvons aussi être sensibles au contact du vêtement sur la peau, au léger souffle d’air qui passe sur la nuque ou à d’autres manifestations du toucher pendant l’assise.

 
Pleine conscience du sens du toucher

Nous vous souhaitons une pratique chaleureuse, généreuse, embrassant tout l’univers !

 

 

Méditation sur le Toucher 

(extraits de l’exercice 5 de l’ouvrage « Un Lotus s’épanouit »

 

 

Inspirant, je porte mon attention sur toute l’inspiration, 

Expirant, je porte mon attention sur toute l’expiration

    Inspiration

    Expiration

 

Inspirant, si ma respiration devient plus profonde, j’en suis conscient

Expirant, si ma respiration ralentit, j’en suis conscient 

                                Plus profonde

                                Ralentit

 

Inspirant, si je me sens plus calme, j’en suis conscient

Expirant si je me sens soulagé, j’en suis conscient

                                Calme

                                Soulagé

 

Conscient de ma peau j’inspire

Conscient du sens du toucher j’expire

                                Conscient de ma peau, 

                                Conscient du toucher

 

Conscient de ma peau, j’inspire

Conscient du soleil sur ma peau, j’expire

                                Conscient de ma peau, 

                                Conscient du soleil

 

Conscient de ma peau, j’inspire

Conscient de l’eau fraîche sur ma peau, j’expire

                                Conscient de ma peau, 

                                Conscient de l’eau fraîche

 

Conscient de ma peau, j’inspire

Conscient de toucher l’écorce d’un arbre, j’expire

                                Conscient de ma peau, 

                                Toucher l’écorce

 

Conscient de ma peau, j’inspire

Conscient de toucher un ver de terre, j’expire

                                Conscient de ma peau, 

                                Toucher le ver

 

Conscient des merveilles du sens du toucher, j’inspire

Conscient de son interdépendance avec tous les autres sens j’expire

                                Merveille du toucher

                                en interdépendance avec tous les autres sens

 

Jolies surprises d'hiver Ă  la Maison de l'Inspir

12 DĂ©cembre 2017 ,

Chère Sangha,

A partir de ce jeudi 14 décembre, nous serons heureuses d'avoir de jolies cartes de saison pour les fêtes à vous proposer à la Maison de l'Inspir ! Les dessins ont été réalisés par une talentueuse jeune Soeur de notre communauté, et les bénéfices des ventes seront dédiés aux oeuvres caritatives pour les enfants du Vietnam. Pensez donc si vous le souhaitez à apporter votre porte-monnaie, merci !

Aussi, ce dimanche 17 décembre, nous vous convions à venir écouter un enseignement en direct offert par Soeur Giac Nghiêm (Sr Elizabeth) à la Maison de l'Inspir. Celui-ci commencera à 10h et aura pour thème le bouddhisme engagé...

Et puis notre retraite de Noël approche, vous savez qu'il n'y a plus la possibilité de s'inscrire pour rester dormir du jeudi 21 au lundi 25, par contre, n'hésitez pas à venir participer aux journées de pratique, vous pouvez comme d'habitude arriver sans prévenir vers 9h30 et repartir vers 17h le jeudi et le lundi, vers 18h45 le vendredi, vers 21h le samedi et vers 22h le dimanche, (ou tous ces jours vous pouvez évidemment partir plus tôt selon votre convenance). S'il-vous-plaît pensez à emmener un plat vegan pour 3 personnes environ, ou bien des fruits et légumes, ou du pain, du lait de riz, etc. Si vous voulez être présents le lundi 25, prévoyez également un petit quelque chose à offrir à une autre personne (dont vous piocherez le nom sur place). Le mieux est que ce présent vienne de votre coeur et de vos talents artistiques, d'écriture, de chant, de pâtisserie, etc, mais si vous préférez acheter un joli objet qui fasse sens pour la pratique de la pleine conscience, ça ira très bien aussi. Sachez déjà que le jeudi 21 l'enseignement commencera à 10h, offert par Soeur Giac Nghiêm, et le dimanche 24 Soeur Hai Nghiêm offrira un enseignement à partir de 15h. Pour le réveillon du 24, nous célèbrerons en pleine conscience avec des chants tous ensemble, des témoignages, et aussi des prestations spontanées et préparées selon vos talents alors s'il-vous-plaît apportez bien vos instruments de musique, vos costumes, vos livres de contes... merci d'avance :)

... pour bien nourrir notre pratique, voici une sélection des enseignements en français les plus récents, offerts au Village des Pruniers ainsi qu'à la Maison de l'Inspir.

  • enseignement de Fr Phap Khi sur l'amitié spirituelle le 22 octobre (au Village des Pruniers)
  • session de questions et réponses le 26 octobre (au Village des Pruniers)
  • enseignement de Sr Giac Nghiêm à la Maison de l'Inspir le dimanche 19 novembre
  • enseignement de Sr Dao Nghiêm lors de la journée laïque le 23 novembre (au Village des Pruniers)
  • enseignement de Fr Phap Lieu le 30 novembre (au Village des Pruniers)

Bonne semaine à toutes et à tous,

Vos petites Soeurs

 

 

Jolies surprises d'hiver à la Maison de l'Inspir

Etude et pratique des 40 principes de l'enseignement du Village des Pruniers - PremiĂšre partie

9 DĂ©cembre 2017 ,

ChĂšre Sangha, ne soyez pas intimidĂ©s par la longueur et la densitĂ© de cette premiĂšre partie de notre Ă©tude des 40 principes de l'enseignement du Village des Pruniers ! Rassurez-vous aussi car nous allons prendre notre temps ; nous n'irons pas jusqu'au bout des 40 thĂšses d'ici la fin de cette retraite d'hiver. Laissez la terre de la conscience profonde absorber cette nourriture, faites-lui confiance pour que les graines de vision profonde germent au moment voulu.

Lisez tranquillement, par petits bouts si nĂ©cessaire.

 

Les Quarante Principes ont Ă©tĂ© formulĂ©s et enseignĂ©s par Tháș§y au Village des Pruniers Ă  partir de la retraite d'hiver 2005-2006 jusqu'Ă  la retraite d'hiver 2006-2007. Ils servent de base pour les enseignements et les pratiques du Village des Pruniers et pour nos entraĂźnements Ă  la pleine conscience, qu’il s’agisse des Cinq EntraĂźnements des laĂŻcs, des Dix PrĂ©ceptes des novices, des Quatorze EntraĂźnements de l’Ordre de l’Inter-Etre, des grands prĂ©ceptes (Pratimoksha) des moines et nonnes pleinement ordonnĂ©s.

Au dĂ©but des annĂ©es 90, Tháș§y a offert de nombreux cours sur l’histoire de la pensĂ©e bouddhiste dans un certain nombre de retraites d’hiver, y compris « La Tradition Vivante de la Pratique de la MĂ©ditation Â», « les Soutras de la Transmission du Sud Â», « Les Soutras de la Transmission du Nord Â» et en 2005 « La Roue des Commentaires des DiffĂ©rentes Ecoles Â» qui traite des diffĂ©rents principes dĂ©tenus par plus des vingt premiĂšres Ă©coles bouddhistes diffĂ©rentes. Ces enseignements donnent un aperçu de l’histoire de la pensĂ©e bouddhiste. (Notez que pour l'instant les livres de Thay issus de ces sĂ©ries d'enseignements sont disponibles en vietnamien uniquement. Nous avons conscience de la nĂ©cessitĂ© et de l'utilitĂ© de les rendre accessibles dans les autres langues dĂšs que possible, surtout que les traductions orales vers l'anglais et le français rĂ©alisĂ©es lors de certains discours directs de Thay existent en enregistrements audio quelque part dans nos archives au Village des Pruniers.)

 

Les quarante principes reprĂ©sentent la tentative entreprise par Tháș§y pour identifier et dĂ©finir les enseignements que nous maintenons, apprenons et transmettons au Village des Pruniers et pour saisir notre relation avec les diffĂ©rents chemins dans l’histoire du bouddhisme. Ils sont le rĂ©sultat de l’étude des enseignements bouddhistes, des mĂ©thodes et de la pratique de Tháș§y et de la communautĂ© du Village des Pruniers, ainsi que du regard profond sur l’évolution des diffĂ©rentes Ă©coles bouddhistes et leurs enseignements.

 

Tháș§y a partagĂ© plusieurs fois qu’en tant que pratiquants bouddhistes, nous devons de temps Ă  autre revenir et nous baigner dans les eaux de la source du bouddhisme. Au Village des Pruniers  nous avons « un dĂ©sir profond de comprendre le sens originel du Bouddha, l’enseignant qui a commencĂ© cette lignĂ©e, ainsi qu’un dĂ©sir d’étudier et de pratiquer de telle sorte que tout en Ă©tant fidĂšle aux enseignements originaux, nous sommes Ă©galement en mesure de rĂ©pondre aux besoins de la pratique spirituelle et de la transformation de notre temps. Cent quarante ans aprĂšs que le Bouddha entre en nirvana et jusqu’au dĂ©but du Mahayana, les diffĂ©rentes Ă©coles du bouddhisme de l’époque ont agit de la sorte, et bien sĂ»r, notre communautĂ© se doit de faire la mĂȘme chose. Â»

Tháș§y nous rappelle aussi : « Il est possible que notre façon de voir d’aujourd’hui va changer un jour pour s’adapter Ă  une maniĂšre de regarder qui sera plus profonde et plus pertinente demain. En Ă©tant fidĂšle Ă  l'attitude d'ouverture et Ă  la pensĂ©e non-dogmatique du bouddhisme, le Village des Pruniers tient toujours la porte grande ouverte au changement, donc n’adopte jamais une attitude rigide et dogmatique qui voudrait que seule sa façon de voir les choses est juste. C'est lĂ  notre pratique continue afin d’éliminer l’obstacle de la connaissance fixe ((jñeyāvaraáč‡a) et de toujours avoir la possibilitĂ© d’aller de l’avant.

 

De cette façon, le Bouddhisme change, s’adapte et progresse de la mĂȘme maniĂšre que le fait la science pour servir l’humanitĂ© toujours plus efficacement. Nous avons trop longtemps Ă©tĂ© influencĂ©s par la maxime: "La rĂ©pĂ©tition plutĂŽt que la crĂ©ativitĂ©â€. Cette attitude appartient au croyant religieux pieux plus qu’au chercheur. Nous devrions avoir le courage de revoir ce que nous avons appris Ă  la lumiĂšre de notre pratique et de notre rĂ©flexion. Alors seulement, nous Ă©tablirons un bouddhisme vĂ©ritablement moderne, bien adaptĂ© Ă  notre culture, et nous ne serons pas retenus dans un bouddhisme formel et thĂ©orique empruntĂ© Ă  l'Asie. Â» ** D'aprĂšs des extraits de l'introduction du livre "Lang Mai nhin Nui Thuu" (Le Village des Pruniers regarde le Pic des Vautours) de Thich Nhat Hanh, publiĂ© en 2014.

 

Premier principe :

L’espace n’est pas un dharma (phĂ©nomĂšne) inconditionnĂ©. Il se manifeste ensemble avec le temps, la matiĂšre et la conscience.

 

Pourquoi est-ce que Thay commence par ce principe-lĂ  ? Certainement parce qu’il reconnaĂźt que notre façon de voir le monde est fondamentalement biaisĂ©e par un certain nombre d’idĂ©es fixes, de croyances latentes bien ancrĂ©es dans le mental. Effectivement nous pouvons avoir l’idĂ©e que l’espace est l’espace, et qu’il n’est pas le temps, encore moins la matiĂšre. Cela ne nous semble pas compliquĂ© de pointer du doigt l’inter-ĂȘtre entre la rose et la terre, mais quand il s’agit de l’interdĂ©pendance ‘absolue’ entre l’espace et la conscience, c’est dĂ©jĂ  plus lointain, moins accessible Ă  notre regard. Et pourtant c’est vrai, l’espace n’est fait lui aussi que d’élĂ©ments non-espace. La conscience n’est faite que d’élĂ©ments non-conscience.

 

Voyons ce qu’explique Thay :

« Ce premier principe en amĂšne de nombreux autres de la mĂȘme sorte avec lui. Autrefois lorsque les maĂźtres regardaient des objets tels une table, une fleur, un nuage, etc, ils reconnaissaient que ces choses sont toutes changeantes, impermanentes, et dĂ©nuĂ©es d’un soi. Ces phĂ©nomĂšnes sont manifestĂ©s par le rassemblement de conditions c’est pourquoi ils sont dits conditionnĂ©s (samskrta). Une fleur, un ĂȘtre humain, un nuage, sont tous conditionnĂ©s. Lorsque les conditions ne sont plus suffisantes, ces phĂ©nomĂšnes sont dissous, donc nous les appelons conditionnĂ©s.

Mais en regardant l’espace, il semble Ă  nos yeux que celui-ci soit inchangeant, qu’il ne s’appuie pas sur les autres objets. Qu’il y ait un nuage ou pas, qu’il y ait de la pluie ou non, qu’il y ait une conscience ou non, que la lune et le soleil soient prĂ©sents ou pas, l’espace est toujours l’espace.

(
) Au Village des Pruniers, nous voyons que l’espace est une notion et que la notion d’espace est crĂ©Ă©e par la notion du temps, de la matiĂšre et de la conscience. L’espace a trois dimensions (horizontale, verticale et transversale). Mais il existe encore une quatriĂšme dimension qui est celle du temps. Einstein a parlĂ© de ces quatre dimensions du continuum espace-temps.

Si nous regardons bien, nous voyons que l’espace est fait du temps et que le temps est fait de l’espace, que l’espace est fait de la matiĂšre et que la matiĂšre aussi est faite de l’espace. A la lumiĂšre des sciences modernes, nous voyons clairement ceci : avant tout l’espace est un concept, une notion ; et la notion d’espace ne peut ĂȘtre dĂ©tachĂ©e de la notion de temps ; elle ne peut ĂȘtre dĂ©tachĂ©e de la notion de matiĂšre ; et en particulier, elle ne peut ĂȘtre prise Ă  part de la notion de conscience. Par consĂ©quent, l’espace n’est pas une rĂ©alitĂ© objective, mais une crĂ©ation de l’esprit. L’espace contient le temps, il contient la matiĂšre et la conscience. Si nous retirons le temps, la matiĂšre, la conscience de l’espace, celui-ci ne sera plus l’espace ; donc l’espace n’est pas une chose inconditionnĂ©e.

Dans le soutra d’Avatamsaka (Discours de la Guirlande de Fleurs) il est dit ceci : l’un contient le tout. En ce qui concerne l’espace, l’un contient le tout. Un grain de poussiĂšre contient les trois chiliocosmes (dans la cosmologie bouddhique ce mot dĂ©signe un monde de mille rĂ©gions) or un grain de poussiĂšre est de la matiĂšre, ce qui signifie que la matiĂšre est reliĂ©e Ă  l’espace. La science nous apprend que lĂ  oĂč la matiĂšre est condensĂ©e, l’espace se rĂ©tracte. Nous voyons donc que la matiĂšre et l’espace inter-sont, qu’ils s’affectent l’un l’autre. Il est erronĂ© de dire que l’espace n’est pas influencĂ© par la matiĂšre. L’espace est la matiĂšre ; la matiĂšre est l’espace. La forme et le vide sont trĂšs proches, ils sont l’un l’autre ; l’un contient le tout.

(
) S’il faut distinguer les phĂ©nomĂšnes en deux catĂ©gories, d’une part les choses conditionnĂ©es et de l’autre les choses inconditionnĂ©es, nous ne pouvons pas dire que l’espace soit un phĂ©nomĂšne inconditionnĂ©. Si nous devons parler de dharmas inconditionnĂ©s, il n’y a alors qu’un dharma inconditionnĂ© et c’est le nirvana, c’est-Ă -dire l’ainsitĂ©, la nature de non-naissance et de non-mort, la fondation de tous les dharmas. (
) Tout comme toutes les vagues sur l’ocĂ©an montent et descendent tandis qu’une chose ne monte ni ne descend : l’eau. Le nirvana est ainsi, c’est la fondation de tous les phĂ©nomĂšnes.»

 

 

 

DeuxiĂšme principe :

Dans la dimension historique, tout dharma est un dharma conditionné. Dans la dimension ultime, tout dharma est un dharma inconditionné.

 

« Ce n’est que provisoirement que nous distinguons les dharmas conditionnĂ©s et inconditionnĂ©s. En fait nous ne pouvons pas placer le nirvana Ă  cĂŽtĂ© des dharmas conditionnĂ©s et appeler le nirvana un dharma (phĂ©nomĂšne). C’est comme pour l’eau, nous ne pouvons pas dire que l’eau est l’une des vagues. Ces derniĂšres montent et descendent, naissent et meurent. Mais il y a quelque chose qui ne naĂźt ni ne meurt, ne monte ni ne descend, et que nous appelons l’eau. C’est une erreur de dire que l’eau est un phĂ©nomĂšne et de la placer au mĂȘme niveau que les phĂ©nomĂšnes de vagues, de dire que l’eau est une des vagues.

La mĂȘme chose est vraie entre le nirvana et les phĂ©nomĂšnes conditionnĂ©s. Nous avons Ă©tudiĂ© suffisamment pour ĂȘtre capables de voir que sur le plan phĂ©nomĂ©nal, le plan de la dimension historique, tous les dharmas conditionnĂ©s connaissent la naissance et la mort, l’ĂȘtre et le non-ĂȘtre, l’existence et la disparition. Cependant dans la dimension ultime de la rĂ©alitĂ©, les phĂ©nomĂšnes ne naissent ni ne meurent, ne montent ni ne descendent, ne viennent ni ne partent. Un dharma tel cette fleur de chrysanthĂšme, sur le plan des phĂ©nomĂšnes, est conditionnĂ© puisqu’il dĂ©pend de conditions pour se manifester et qu’il dĂ©pend de conditions pour se dissoudre. Mais dans la dimension ultime, la nature propre du chrysanthĂšme est la non-naissance et la non-mort, le non-ĂȘtre et le non-non-ĂȘtre, la non-existence et la non-disparition. En regardant bien, le chrysanthĂšme est Ă©galement inconditionnĂ©. C’est ce qui apparaĂźt trĂšs clairement dans les enseignements du Mahayana : la nature originelle des dharmas est la vacuitĂ© ; ils ne naissent ni ne meurent, ne sont ni purs ni impurs, ni croissants ni dĂ©croissants. Pour cette raison, il n’existe aucun dharma qui soit conditionnĂ©, tous les dharmas sont inconditionnĂ©s, sans naissance et sans mort, sans montĂ©e et sans descente, sans ĂȘtre et sans non-ĂȘtre.

Nous avons commencĂ© par dire que l’espace n’est pas un dharma inconditionnĂ© ; Ă  prĂ©sent nous affirmons l’inverse : l’espace est aussi un dharma inconditionnĂ©. La phrase « l’espace n’est pas un dharma inconditionnĂ© Â» est une porte d’entrĂ©e, et non un dogme dans lequel nous enfermer. En disant : « l’espace n’est pas un dharma inconditionnĂ© Â», nous pourrions ĂȘtre piĂ©gĂ©s par une distinction entre ce qui est conditionnĂ© et ce qui ne l’est pas. Mais grĂące Ă  notre capacitĂ© de contempler et d’abandonner les termes et les notions, nous pouvons voir que l’espace aussi est inconditionnĂ©.

(
) Si vous venez de la tradition chrĂ©tienne, il se peut que vous Ă©prouviez des difficultĂ©s lorsque vous pensez Ă  Dieu, parce que dans la thĂ©ologie chrĂ©tienne Dieu est le crĂ©ateur, tandis que toutes les choses que nous rencontrons sont les crĂ©atures. Certains thĂ©ologiens chrĂ©tiens affirment que « Dieu est la fondation de l’ĂȘtre Â», ce qui est trĂšs proche de la pensĂ©e « l’inconditionnĂ© est le nirvana Â». Dire que Dieu est la fondation de l’ĂȘtre, c’est comme de dire que le nirvana est la dimension ultime de tout ce qui naĂźt et meurt.

Ne recherchons pas le nirvana en dehors de la naissance et de la mort. Dans le cycle de naissance et de mort, il y a le nirvana. La naissance et la mort ne sont que des illusions. L’essence du chrysanthĂšme ou du nuage, c’est le nirvana, la non-naissance et la non-mort.»

 

Comme cela nous est rappelé dans la Sangha, nous sommes invités à toujours étudier les enseignements, les soutras, les shastras (commentaires) et les entraînements à la pleine conscience (vinaya) en nous posant la question : quel rapport cela a-t-il avec ma vie de tous les jours ? Comment puis-je toucher concrètement, régulièrement l'inter-être et la dimension ultime de la réalité ?

... Après cette immersion dans la vision perçante de notre maître Thay, déposons toute cogitation et tout effort intellectuel par un Toucher de la Terre. Nous vous proposons plusieurs modalités de pratique en fonction de votre préférence :

  1. Lire régulièrement le texte pour vous laisser imprégner.
  2. Le lire après une méditation silencieuse où vous avez pris le temps de revenir à votre respiration, à votre corps, à vos sensations pour rendre votre esprit disponible à l'accueil du sens du texte.
  3. Pratiquer le Toucher de la Terre avec votre Sangha (voir les instructions sur les sons de cloche, etc, au bas du texte)

Vous pouvez lire le texte à voix haute en vous tenant debout devant votre autel ou tourné vers la nature, et prendre la posture du Toucher de la Terre à la fin.

Cher Bouddha, chaque fois que je marche sur la Terre, je réalise que matière et esprit ne sont que des notions, deux facettes d'une même réalité. Le chêne n'est pas seulement de la matière car il a le savoir en lui. Un grain de poussière n'est pas uniquement de la matière puisque chacun de ses atomes contient l'intelligence, c'est une réalité vivante. Quand je regarde la Terre profondément, je peux y voir la présence du soleil et sa chaleur qui aident toute chose à naître et à grandir. Si cette planète est si belle, c'est grâce à la chaleur du soleil. Je peux aussi y voir les ruisseaux d'eau fraîche couler depuis les profondeurs. Sans l'eau, comment y aurait-il de la vie sur cette planète ? Je peux également sentir la présence de l'air et de tous les gaz dans l'atmosphère comme l'oxygène, le dioxyde de carbone... Sans ces gaz, il n'y aurait pas de vie et il n'y aurait pas non plus la beauté du saule vert, des fleurs jaunes, toutes ces petites merveilles de la nature. Partout je peux voir les quatre éléments : la terre, l'eau, l'air et le feu. La terre est l'un des quatre éléments fondamentaux mais elle contient les trois autres éléments car elle est faite d'éléments non-terre. Il en est de même pour l'eau, l'air et le feu : un élément contient les trois autres. Ces quatre éléments portent aussi en eux le temps, l'espace et la conscience. Ils inter-sont et se relient les uns aux autres. Ils inter-sont également dans mon corps de manière merveilleuse. Les quatre éléments présents dans mon corps et les quatre éléments présents dans le cosmos ne sont pas des réalités séparées. Ma nature est aussi la nature de la Terre et de tout l'univers, c'est la nature de l'inter-être.

Je veux toucher la Terre avec mon front, mes deux bras, mes deux jambes, afin de sentir que je fais un avec la Terre-Mère, que je fais un avec la lumière du soleil, avec les rivières, les lacs, l'océan, et avec les nuages dans le ciel immense... La Terre-Mère m'a mis au monde, elle me porte et me nourrit. Elle m'a laissé me manifester des milliers de fois dans le passé et elle me fera me manifester encore et encore dans l'avenir. Elle m'a offert un corps merveilleux qui est aussi le sien.

( Silence pendant trois respirations)

De tout mon coeur, je touche la Terre trois fois pour lâcher prise de l'idée que je suis ce corps et pour faire un avec la Terre.

(Si vous pratiquez en Sangha avec une cloche, invitez maintenant un son de cloche pour que tous les pratiquants touchent la Terre. Restez en contact avec la Terre pendant trois longues respirations, puis invitez un demi-son de cloche comme signal de se relever, suivi de deux nouveaux sons de cloches et Touchers de la Terre)

 
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