Monastère de la Maison de l'Inspir
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Témoignage sur la pleine conscience de l'odorat

1 Février 2018 , Rédigé par Maison de l'Inspir

La 4L fourgonnette du Village…

Je voudrais vous raconter ici cette petite anecdote à propos des odeurs et de l’odorat, un court moment inoubliable passé avec Thây dans la 4L fourgonnette du Village durant le petit voyage que nous avions fait entre le Hameau du Haut et le Hameau du Bas.

 

Durant les toutes premières années du Village des Pruniers, les années 80, il n’y avait pas encore beaucoup de monde, il n’y avait pas encore de moines et de moniales, et il y avait très peu de voitures.

C’était un mois de juillet, le mois de la retraite d’été aujourd’hui, et je résidais au Hameau du Bas pour deux semaines.

 

Un jour arriva qu’à l’heure de l’enseignement, les quelques amis et amies qui habitaient le Hameau du Haut venaient d’arriver au Hameau du Bas pour que tous nous puissions écouter l’enseignement sur le Dharma. Mais curieusement Thây n’était pas présent…

C’est alors qu’on m’appela et me dit : « nous avons oublié Thây ! Peux-tu aller au Hameau du Haut avec la 4L pour le chercher ? »

Je n’y croyais pas, avoir oublié Thây !

Alors comme j’avais pris cela pour la « mission de ma vie », je me souviens avoir couru jusqu’à la 4L et avoir foncé jusqu’au Hameau du Haut, et je peux dire que cette 4L avait retrouvé toute sa jeunesse ! Le seul petit problème, et je ne le savais pas avant de prendre la voiture, c’était qu’elle servait à transporter du fumier de vache et de cochon. Il y avait dans cette voiture une odeur affreusement âcre qui vous prenait à la gorge et en plus c’était en juillet avec une bonne chaleur, ce qui n’arrangeait pas vraiment les choses.

J’avais ouvert les deux fenêtres de chaque côté (les petites fenêtres de 4L) et j’aurais même arraché les portes si j’avais pu pour aérer davantage, mais j’étais parti à toute vitesse et vu l’odeur ambiante je crois que j’étais au maximum de la vitesse de la 4L.

Je ne comprends toujours pas aujourd’hui pourquoi je n’avais pas pris ma propre voiture…

D’un côté j’étais très fier d’aller chercher Thây, et de l’autre côté ma fierté était écrasée par l’odeur de fumier dans la voiture ; incroyable.

Témoignage sur la pleine conscience de l'odorat

Finalement j’étais bien arrivé au Hameau du Haut où Thây attendait debout sous le tilleul qu’une bonne âme pense à lui et qu’il ne fasse pas les deux ou trois kilomètres à pied entre les deux Hameaux.

Et dans ma tête tout bouillonnait, j’avais honte de transporter Thây dans cette 4L et je me demandais bien ce que je pourrais dire éventuellement… et, je ne dis rien du tout, car Thây en ouvrant la portière m’avait souri et en s’asseyant à mon côté, je voyais qu’il me souriait encore en me regardant. Alors moi assez timide quand-même, je me mis à lui sourire aussi comprenant instinctivement, et en silence, qu’il y avait en commun pour nous deux cette odeur très forte qui nous accompagnerait jusqu’au Hameau du Bas.

La descente vers le Hameau du Bas ne fut pas aussi rapide que la montée, mais elle fut très silencieuse, comme une sorte de méditation sur le sens de l’odorat, ce qui sûrement ne pouvait en être autrement !

Aujourd’hui je sais bien par exemple que Thây n’aime pas du tout l’odeur du durian, comme il nous l’a déjà raconté plusieurs fois, et je connais aussi l’odeur du durian, mais là je crois que le durian serait passé inaperçu dans la 4L…

 

Pour finir à propos de l’odeur de fumier, cette petite aventure me ramena dans le passé lorsque je devais travailler à la ferme et nettoyer l’étable des vaches et la vieille porcherie où l’odeur était tellement forte et dense que je devais sortir respirer l’air frais régulièrement ; le curage de la porcherie était réservé aux enfants car c’était tout petit et seul les enfants tenaient debout à l’intérieur. C’était un travail difficile, obligatoire, dont le seul souvenir fait remonter cette odeur tout de suite, et la souffrance qui en découlait à ce moment-là.

 

Témoignage sur la pleine conscience de l'odorat
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Fin de la retraite d’hiver et fermeture de la Maison

31 Janvier 2018 , Rédigé par Maison de l'Inspir

La Marne est belle et nous sommes encore bien en sécurité sur la colline

La Marne est belle et nous sommes encore bien en sécurité sur la colline

 

 

Chère sangha,

Le temps passe vite ! C’est déjà presque la fin de la retraite d’hiver. Le dimanche 11 février il y aura la  clôture de la retraite d’hiver. La participation est ouverte pour tous ceux et celles qui y ont pratiqué ou non à la retraite d’hiver. 

Il nous reste encore 1 dimanche avant la fin de la retraite d’hiver. C’est dimanche 4 février. Ce sera aussi un dimanche de fête : en préparation du Nouvel An Vietnamien, nous allons confectionner des gâteaux de la terre et de la lune. Pour ceux et celles qui ne connaissent pas encore cette belle tradition Vietnamienne, il y aura une explication a 10h. Nous allons faire cuire les gâteaux pendant tout l’après-midi et nous chanterons des chansons autour du feu.

 

 

Fin de la retraite d’hiver et fermeture de la Maison

Après la retraite d’hiver la Maison sera fermée du 15 février jusqu’au 25 mars inclus. Les sœurs partiront au Village des Pruniers pour le nouvel an lunaire et ensuite pour la retraite monastique. Puis il y aura quelques jours de paresse. Nous serons prêtes de vous accueillir de nouveau toutes fraiches, dès le 29 mars.

Nous vous souhaitons une bonne continuation de pratique pendant ce temps et nous espérons vous revoir après.

C'est bientot le printemps !

C'est bientot le printemps !

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Journée Wake Up le 3 février

27 Janvier 2018 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Le samedi 3 février il y aura de nouveau une journée Wake Up, pour les jeunes adultes de 18-35 ans de 10 h à 17.30

Le thème sera la permaculture, l'éco-habitat partagé et le chantier participatif. Il y aura des présentations, une marche méditative, rélaxation totale et du partage.

Si tu as envie de participer, s'il te plaît; envoie un email à info@maisondelinspir.org.

N'oublie pas d'apporter un plat végétalien, qui sera mis en commun. (et si tu as envie de rester pour le dîner en plus, en double quantité)

Si tu voudrais rester dormir la nuit avant et/oo après la journée, demande-le dans ton email.

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Pleine conscience de l'odorat

14 Janvier 2018 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Ça respire !

 

Dans le grand silence

 

Déserts de vide sans limites,

Espaces insondables d’un temps arrêté,

Ni avant ni après, l’instant uniquement.

 

Pulsation du sang,

 Ressac du souffle,

Vibration lumineuse des cellules

Sans fin au cœur de l'immobilité.

 

Musique du silence dans la cathédrale du silence,

Espace sans espace,

Temps qui coule sans temps

Et sans attente.

 

Plus personne, plus rien,

Ni vide ni plein,

Juste une présence, une conscience.

Vaste, si vaste !

 

Une respiration sans " respireur "

Un souffle sans " souffleur "

Seulement un : "Ça respire ! "

 

Souffle infini et aimant,

Danse cosmique du souffle,

Vibration lumineuse du Vivant,

Dans l'océan de l'inter-Etre.

Silence des mots et des pensées,

Silence du tout, du rien,

Rien !…Tout !

 

Seulement présence, paix.

Silence

Et amour.

Pleine conscience de l'odorat

Chère Communauté,

 

Avant de poursuivre notre chemin sur les cinq sens, prenons le temps de nous arrêter un peu en pratiquant l’assise ou la marche méditative par exemple afin de revenir à l’essentiel, c’est-à-dire notre souffle et notre corps, et peut-être serons-nous attentifs à nos sensations par rapport à ces derniers jours de l’année passée, à ces moments de fête en famille ou avec des amis, dans nos Sanghas, ou même solitaires, pourquoi pas, prenant un peu de recul vis-à-vis de toute l’agitation joyeuse qui a sûrement accompagné les festivités.

 

En reprenant les messages précédents sur la vue, sur l’ouïe, sur le toucher, nous pouvons tenter de nous souvenir de ce qui s’est passé à l’occasion de Noël en famille, des vacances à la neige, du Nouvel An avec les amis(es), ou ailleurs bien sûr, et voir comment nous avons pu être suffisamment présents ou pas à ces trois sens qui nous ont été proposés comme supports de pratique dans le cadre de la retraite d’hiver chez soi.

 

Notamment le sens du toucher qui va nous amener directement au prochain sens qui est celui de l’odorat. En effet, le sens du toucher et de l’odorat peuvent avoir un lien très étroit, surtout si l’on considère que nous sommes dans la posture du nourrisson qui vient de naître il y a quelques jours à peine et dont les repères principaux sont le toucher et l’odorat… et avec un léger sourire sur les lèvres, essayons d’être à nouveau ce nourrisson, ce nouveau-né, qui ne voit pas encore très bien mais qui touche et sent sa maman, celle qui est à la fois le fil ténu et pourtant si solide de sa propre vie.

 

L’odorat, le nez, la conscience olfactive, ont été pour la plupart d’entre nous très sollicités ces dernières semaines à l’occasion de ces fêtes de Noël et Nouvel An, où traditionnellement nous cédons à la coutume du réveillon avec des mets plus fins, plus riches, où s’exacerbent les parfums de cuisine, les cuissons odorantes, où la nourriture est plus abondante aussi.

 

Mais avons-nous remarqué ce qui s’est passé dans ces moments-là où, lorsqu’on arrive dans la maison, un fumet si agréable provenant de la cuisine vient nous caresser les narines, ouvrant tout grand nos sens par le biais de notre odorat, ouvrant notre estomac, ouvrant tout grand ce sentiment de joie communicative, qui nous annonce la présence d’une excellente nourriture ?

 

Notre nez est l’organe qui nous permet de capter physiquement toutes les odeurs qui nous entourent grâce aux innombrables terminaisons nerveuses qui s’y trouvent, et qui envoient les informations relatives à ces odeurs à notre cerveau, via le filtre de nos mémoires, de nos perceptions, de notre conscience, qui analyse et décrypte toutes ces odeurs : - voilà une odeur agréable ou voilà une mauvaise odeur, ou encore voilà une odeur inconnue.

Nous saurons aussi si telle ou telle odeur va nous amener à nous réjouir, à nous nourrir, ou à nous mettre en alerte d’un danger potentiel tel une odeur de gaz par exemple.

 

Le monde des odeurs est un monde de sensations, qu’elles soient agréables ou désagréables, voire neutres. Ces sensations peuvent faire naître en nous des formations mentales telles que la joie, le désir (de manger), la répulsion, la peur ou l’inquiétude, etc…

Elles peuvent nous ramener dans le passé et la tristesse de la perte d’un être cher dont le souvenir d’une odeur en particulier nous a touchés ; mais le souvenir peut aussi être une source de joie bien sûr et au contraire nous réconforter, et sans doute nous faire sourire.

Cependant les sensations liées à l’odorat peuvent nous ramener aussi au moment présent, tout comme le ferait un petit son de cloche qui résonnerait dans notre mental :

« humm, cette délicieuse odeur de riz parfumé me ramène à ma vraie demeure, le moment présent, et je me réjouis car je sais que je pourrai bientôt calmer ma faim »…

Pleine conscience de l'odorat

 

Puis, notre nez est avant tout l’organe par lequel nous respirons et qui nous permet en partie de développer notre concentration sur la respiration, particulièrement en étant attentif (ve) à l’air frais qui entre par les narines et qui en ressort plus chaud.

Nous pourrions même dire que notre nez est un élément essentiel de notre méditation : - pas de nez, pas de respiration, pas de concentration, pas d’air,… ahaha !

Mais lorsque notre nez est bouché ou malade, ou bien qu’il y a quelque problème ORL, nous savons bien qu’il est très important, et que nous ne pouvons plus être aussi paisible dans notre vie quotidienne ou pendant notre méditation, n’est-ce pas ?

 

 

Voici quelques pistes pour établir notre pleine conscience :

 

  • S’assoir paisiblement chez soi ou dans un parc en respirant calmement, et porter son attention à la pointe de son nez pour prendre conscience de l’air qui entre par les narines ; l’air qui entre est frais, celui qui ressort est plus chaud
  • Se réjouir du bon fonctionnement de son nez, l’air entre et sort librement, et cela apporte tout de suite de la détente, du soulagement
  • Si le nez est bouché, ou si la respiration n’est pas bonne suite à un problème physique ou de santé, alors pratiquer la respiration à la fois par le nez et par la bouche, ou seulement par la bouche (ne pas forcer l’inspiration ou l’expiration par le nez en cas d’obstruction)

 

Le monde des odeurs et des sensations :

 

  • A la campagne ou en ville, il y a plein d’odeurs, avec la terre, les arbres, les fleurs, les champignons, le compost, le fumier, la décomposition d’un cadavre d’animal, les odeurs de carburant, les odeurs de cuisine, de boulangerie, etc… : - marchant lentement ou non, on peut pratiquer l’arrêt et le retour à soi lorsqu’une telle odeur survient tout comme un son de cloche qui jaillirait dans le tumulte des pensées
  • Pratiquer l’arrêt et reconnaître si cette odeur paraît agréable ou désagréable, s’il y a une envie de rester et consommer cette odeur ou au contraire s’il y a une envie de la fuir
  • Conscients(es) d’une odeur, regarder en profondeur d’où vient cette sensation agréable ou non, que fait-elle remonter en soi comme souvenir, quel évènement ou personne est lié(e) à cette odeur, est-ce qu’il y a de l’attachement ou de la répulsion, de la discrimination (bonne odeur, mauvaise odeur) et voir que cela sera sans doute différent pour une autre personne…

 

La conscience olfactive :

 

  • Lorsqu’il y a la présence d’une odeur agréable, s’arrêter et faire quelques respirations conscientes pour reconnaître l’odeur agréable : - je suis pleinement conscient(e) de la présence de cette odeur, de la sensation agréable que cela me procure, de mon nez qui respire l’air qui porte cette odeur
  • Si cette odeur est désagréable, prendre le temps tout de même et si possible, de faire quelques respirations conscientes afin d’être pleinement présents(es) à cette sensation désagréable et contempler ce qui se produit dans le mental, comme de la répulsion, du dégoût… juste pour expérimenter les sensations et la reconnaissance de ces sensations, et la conscience olfactive qui en résulte
  • Si l’odeur est neutre, être simplement conscient de son nez qui respire l’air frais

 

(Evidemment, si l’odeur apporte un signal d’alerte sur un danger potentiel comme une forte odeur de gaz, ou de fumée, nul n’est besoin de dire ce qu’il faut faire, probablement chacun, chacune, d’entre nous réagira en fonction de la situation pour sa survie et celle d’autrui.)

 

« Si j'avais un jardin, ce serait un verger,

Un verger habité par de vieux pommiers.

Si j'avais un verger, ce serait un havre de paix ;

Serait-il embaumé par les fleurs des vieux pommiers ?

Si j'avais un havre de paix, des vieux pommiers

Les fleurs seraient l'encens de l'Eternité. » (CLT)

Pleine conscience de l'odorat
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Educ'inspir - 19ème atelier de pleine conscience dans l'éducation

5 Janvier 2018 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Introduction au 19e atelier Educ’Inspir sur le thème : Demeurer en paix même dans un environnement violent, à partir du livre de Thich Nhat Hanh : « Apaiser l’esprit face à la violence. »

 

Chers amis, ceux et celles d'entre vous qui souhaitent nous rejoindre pour l'atelier du 20 janvier prochain sont invités à nous écrire un petit message d'inscription à info@maisondelinspir.org, de façon à ce que nous préparions la salle de méditation en conséquence. S'il vous plaît arrivez avant 10h à la Maison de l'Inspir ! Aussi comme pour chaque rencontre, pensez à apporter un plat végétalien pour environ 3 personnes que nous mettrons sur la table commune, ou alors des légumes frais que les Soeurs cuisineront. Et puis amenez du papier, un stylo, des crayons de couleur.

 

« La vraie question revient à notre pratique de la paix, à notre pratique de la contemplation profonde. Tout d’abord, nous devons prendre le temps de nous calmer. Sans tranquillité et sérénité, nos émotions, notre colère et notre désespoir ne partiront pas et nous serons incapables de regarder et de voir la nature de la réalité.. »

« Nombre d’entre nous accumulent beaucoup de tensions et de contractions dans le corps, en travaillant trop dur. Il est temps de se tourner vers le corps et de l’écouter. C’est possible à tout moment, que l’on soit assis, couché, debout ou en train de marcher. »

« Nous consommons de plus en plus de nourritures sensorielles qui génèrent violence et haine dans notre corps et dans notre esprit. L’énergie de violence qui est en nous est nourrie de tous côtés au quotidien. Nous sommes submergés par cette violence ; elle a besoin d’un exutoire. »

« Nous avons le choix entre une nourriture sensorielle qui nous guérit et nous enrichit ou une autre qui nous empoisonne. »

« Dans la tradition bouddhiste, nous pratiquons la pleine conscience en respirant et en marchant de façon à pouvoir reconnaître, accueillir et transformer notre colère. Cette attention profonde nous permet de prendre conscience de ce qui se passe en nous et autour de nous. Tout le monde peut être attentif. »

« Si nous limitons notre activité et notre consommation permanentes, nous serons en mesure de reconnaître qu’il y a en nous une souffrance née de l’ignorance, de la colère et de la peur. Pour soulager ces tensions, nous pouvons pratiquer la respiration et la marche, et ralentir nos gestes. »

« Peut-être qu’une personne proche de vous, par ses paroles ou ses actions,vous fait souffrir. Ses paroles sont pleines d’amertume, elle interprète mal les choses, vous juge et vous condamne. Vous avez l’impression d’être le seul à souffrir de la situation mais l’autre a dû souffrir profondément pour parler et agir de la sorte. »

 

Educ'inspir - 19ème atelier de pleine conscience dans l'éducation

« Quand vous êtes furieux, quand vous avez tellement de haine envers la personne qui vous a fait souffrir que vous êtes prêt à utiliser n’importe quel moyen pour la détruire, vous agissez par colère, tout comme elle. Et la colère n’est pas la seule cause ; il y a aussi l’incompréhension, les perceptions erronées qu’une personne  a de l’autre… »

« Si nous observons consciemment notre colère,  notre chagrin et notre peur, nous serons capables de reconnaître les racines de notre mal-être.  Avec la pleine conscience, nous pouvons aussi reconnaître la souffrance chez ceux que nous aimons. S’ils parlent ou agissent avec agressivité, nous comprenons qu’ils sont victimes d’une souffrance dont ils ne savent que faire. Cette prise de conscience nous donne envie de les aider à transformer leur peine comme nous avons transformé la nôtre. »

« Une fois que nous avons goûté au bonheur et à la paix véritables, il est facile de transformer notre colère. Nous n’avons plus besoin de nous battre. La colère commence à se dissoudre parce que nous savons apporter des éléments de paix et de joie dans notre corps et dans notre conscience au quotidien. »

« Il y a tellement de souffrance, de violence, de désespoir et de confusion dans notre société. Tellement de peur. Comment pourrions-nous survivre sans spiritualité ? »

« Nombre d’entre nous veulent aider leur pays et l’espère humaine tout entière mais, comme ce désir n’est pas assez alimenté par notre environnement, nous nous en laissons facilement distraire. »

« Il ne s’agit pas de « faire » mais d’ « être » : être la paix, être l’espoir, la solidité. Toutes nos actions seront le résultat de ce que nous sommes car la paix, la stabilité et la liberté cherchent toujours un moyen de s’exprimer dans l’action. Telle est la dimension spirituelle de notre réalité. »

« Nous pouvons faire briller la lumière de la sagesse et nous rapprocher pour générer l’espoir et empêcher la société et les jeunes générations de sombrer dans le désespoir. »

« Si vous êtes journaliste, écrivain, enseignant à l’université ou simplement parent, prenez la parole, je vous en prie. Exprimez votre profond désir de paix et de réconciliation, et affirmez votre engagement pour faire en sorte que ce vœu se réalise. Une sangha doit se construire à tous les niveaux, sur le plan local, national et international. La sangha est notre espoir. »

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Etude des Quarante principes de l'enseignement du Village des Pruniers - Deuxième partie

29 Décembre 2017 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Chère communauté, voici des extraits traduits des enseignements de Thay sur le 3ème et le 4ème des quarante principes de l'enseignement du Village des Pruniers. Nous verrons aussi que les suivants affinent et éclairent, voire 'nettoient' de plus en plus notre compréhension et notre expérience du nirvana, et nous nous souviendrons pour la pratique de cette phrase souvent lancée par Thay dans ses discours du Dharma : "Nous n'avons pas à chercher le nirvana (sous-entendu à pratiquer pour l'atteindre), nous avons été nirvanisés depuis toujours !"

Nous avons entendu la remarque concernant le rythme un peu serré auquel nous vous avons proposé les messages de la retraite d'hiver, donc espérons que la période des fêtes de décembre vous aura été bénéfique pour digérer les fins mets servis sur ce blog il y a quelques semaines ? Et puis nous suggérons de toutes manières de laisser faire le Bouddha, laisser faire les graines de compréhension inhérentes dans notre conscience-dépôt (conscience du tréfonds). Continuons de soigner la terre, relisons de temps à autre des passages des enseignements, utilisons nos yeux du Dharma dans la vie quotidienne, appliquons les exercices de méditation guidée pour donner les conditions favorables à la germination et l'épanouissement de fleurs de vision profonde, de paix, de joie et d'amour.

Etude des Quarante principes de l'enseignement du Village des Pruniers - Deuxième partie

Troisième principe :

Le nirvana est l’absence de l’illusion et des afflictions, mais ce n’est pas l’absence des agrégats (skandhas : corps, sensations, perceptions, formations mentales et conscience), des sphères des sens (oeil, oreille, nez, langue, corps, mental, forme, son, odeur, goût, objet du toucher, objet du mental) et des domaines de l’existence (dhatus : douze sphères des sens auxquelles s’ajoutent les six consciences des sens : consciences visuelle, auditive, olfactive, gustative, tactile, mentale. Egalement, les trois mondes des désirs, de la forme et de la non-forme).

 

« L’illusion, l’ignorance, ce sont les compréhensions incorrectes de la réalité. Par exemple, toutes les choses sont impermanentes, mais nous les considérons comme permanentes ; toutes les choses sont dépourvues d’un soi mais nous leur attribuons un soi. L’illusion ou l’ignorance, c’est également toutes les perceptions erronées que nous avons de nous-mêmes, des autres personnes et du monde.

Le Bouddha et les bodhisattvas demeurent dans le nirvana, ce qui signifie qu’ils ne sont pas dans l’illusion ou les afflictions ; mais d’autre part leurs agrégats, leurs sphères des sens et les domaines d’existence subsistent. Les agrégats, les sphères des sens et les domaines d’existence continuent d’être là ; mais ils ne causent pas de souffrance puisqu’il n’y a plus d’illusion ni d’afflictions. Sans affliction, sans illusion, la souffrance cesse. Les agrégats, les sphères des sens et les domaines d’existence ne sont pas eux-mêmes la souffrance ; la présence ou l’absence de la souffrance dépendent de notre façon de regarder et d’utiliser nos agrégats, etc. Tant que nous sommes dans l’illusion, nous utilisons les agrégats, les sphères des sens et les domaines d’existence d’une manière incorrecte et nous souffrons. Sortis de l’illusion, nous les utilisons d’une manière merveilleuse et nous faisons le bonheur de nombreux êtres. Sans les agrégats, comment est-ce que nous pourrions servir le monde et aider tous les êtres ? Donc le nirvana n’est pas l’absence des agrégats (skandhas), des sphères des sens (ayatanani) et des domaines d’existence (dhatus).

Le mot nirvana peut créer beaucoup d’interprétations incorrectes. Nirvana, ou nibbana, signifie l’extinction. Par exemple une flamme s’éteint et nous ne la voyons plus ; comme si l’extinction signifiait que de l’existence, de l’être, la flamme passait au néant, au non-être. Il est erroné de penser ainsi, car le nirvana n’est ni l’être ni le non-être. Nous ne voyons pas la flamme et disons qu’elle « n’existe pas ». Mais cette notion de ‘non-être’ ne s’accorde pas à la réalité. Lorsqu’elle se manifeste, nous disons qu’elle « est », et cette notion de l’être ne s’accorde pas non plus à la réalité. La réalité transcende aussi bien l’être que le non-être.

Quand nous parlons du nirvana, nous devrions dire avant tout que le nirvana est l’extinction de l’illusion et des afflictions, ce n’est pas du tout l’extinction de la vie. La vie est merveilleuse ! En l’absence des afflictions et de l’illusion, les agrégats, les sphères des sens et les domaines d’existence deviennent quelque chose de merveilleux. Avant cela ils étaient déjà merveilleux, mais à cause de notre ignorance et de nos afflictions, nous ne pouvions pas voir cette merveille, et nous les qualifiions d’entraves. Dans le Soutra Ratnakuta (Soutra du Monceau de Joyaux), il y a une histoire pour illustrer ceci : un homme prend une motte de terre et la jette sur un chien. Celui-ci crie de douleur, puis sous l’emprise de la furie, il s’en prend à la motte de terre pour se venger. Il ne sait pas que la cause de sa douleur ne vient pas de la motte, mais de l’homme qui la lui a lancée. De même, la cause de notre souffrance n’est pas les cinq agrégats, les douze sphères ou les dix-huit domaines, mais c’est notre ignorance à leur sujet. Les agrégats, les sphères des sens et les domaines d’existence sont la motte de terre, et l’illusion est l’homme qui jette la motte. »

 
Etude des Quarante principes de l'enseignement du Village des Pruniers - Deuxième partie

Quatrième principe :

Le nirvana est le nirvana. Il n’y a pas lieu de parler d’un nirvana avec résidu et d’un nirvana sans résidu.

 

« Dans le Vijnaptimatratasiddhi (oeuvre traitant de la Conscience Seule) de Maître Xuan-Zang (VIIe siècle de notre ère), il est question de quatre sortes de nirvana : le nirvana pur par nature, le nirvana avec résidu, le nirvana sans résidu et le nirvana sans demeure. Le nirvana pur par nature, comme nous le savons, est l’ainsité, la nature véritable de tous les dharmas, la nature de non-naissance et de non-mort, de non-être et de non-non-être de tous les dharmas. Dans le soutra Ittivutaka, le soutra Udana, et dans le Dharmapada du canon chinois, ce nirvana est appelé le non-né, non-devenu, non-fait et non-conditionné. Pour être plus explicite, nous pouvons dire que c’est la nature de non-naissance et non-mort, de non-être et non-non-être, de non-acteur et non-receveur du fruit de l’action, de non-conditionnant et non-conditionné. Le terme ‘conditionnement’ (samskarah) fait référence au fait que les dharmas s’appuient les uns sur les autres pour se manifester. Toutes les choses qui se rassemblent pour faire manifester cette chose, s’appellent ‘conditionnant’ (samskara) ; cette chose qui est manifestée grâce au rassemblement d’autres conditions s’appelle ‘conditionné’ (samskrta). Conditionnant et conditionné sont une paire d’opposés comme les paires naissance / mort, être / non-être, acteur / receveur. Le nirvana pur par nature transcende ces quatre paires d’opposés.

Le nirvana avec résidu est défini comme l’expérience du nirvana des personnes encore en vie, qui ont encore leurs cinq skandhas ; ce n’est pas encore la finalité, ce n’est pas encore absolu, car l’on pense que tant que les skandhas subsistent, la souffrance subsiste.

Le nirvana sans résidu est défini comme étant le nirvana final, car il n’y a plus le corps.

Les deux notions de nirvana avec résidu et sans résidu sont à l’origine de nombreuses interrogations : on est par exemple en droit de se demander quel type de nirvana le Bouddha a-t-il pu goûter lorsqu’il était encore vivant ? Un nirvana avec ou sans résidu ? Ayant pourtant atteint l’illumination, il n’aurait pu profiter que d’un nirvana avec résidu ? Certaines personnes affirment que bien que le Bouddha eût encore ses cinq agrégats, ceux-ci étaient des agrégats non-corrompus (anasrava), de sorte que le nirvana du Bouddha n’était pas semblable à celui des disciples-auditeurs (ceux qui atteignaient l’éveil simplement en entendant les discours du Bouddha) qui ne faisaient eux que l’expérience du nirvana avec résidu. Mais alors, que sont les agrégats non-corrompus ? Si les agrégats du Bouddha sont différents de ceux des êtres vivants, comment peut-on dire que les êtres vivants ont la faculté de devenir des bouddhas ? C’est ainsi qu’apparaît la notion d’un nirvana qui n’est ni avec résidu, ni sans résidu.

Finalement, la meilleure façon de résoudre ces spéculations est de ne parler que d’une sorte de nirvana, en l’occurence, le nirvana pur par nature. C’est une expérience que nous pouvons avoir alors que nos cinq agrégats subsistent, comme le confirment de nombreux soutras du bouddhisme originel. Lorsque nous mettons fin à toutes les afflictions, nous atteignons le nirvana ultime, parce que les cinq agrégats ne sont plus l’objet de notre saisie et de notre attachement. C’est à travers les agrégats, et en fait grâce à eux, que nous pouvons toucher le nirvana. »

 
Etude des Quarante principes de l'enseignement du Village des Pruniers - Deuxième partie
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Transmission des 5 Entraînements à la Pleine Conscience le 21/01/2018... et autres activités du début d'année

17 Décembre 2017 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Chère Sangha,

Au mois de janvier prochain, si vous êtes plein d'entrain et de résolution pour venir pratiquer avec la communauté à la Maison de l'Inspir, voici de quoi enrichir votre calendrier :

- le samedi 6/01/2018, est organisée à partir de 9h30 une journée de remise en forme par le taichi intégral, animée comme toujours par notre chère Bich Trinh. L'inscription à l'avance est obligatoire surtout qu'il n'y a que 20 places cette fois-ci. La participation s'élève comme les fois précédentes à 30 euros (avec possibilité de réduction pour les chômeurs et étudiants). Envoyez votre demande de participation par email à info@maisondelinspir.org et attendez notre réponse pour confirmer...

- le samedi 13/01/2018, à 10h, nous réciterons joyeusement les cinq entraînements à la pleine conscience et les quatorze entraînements de la Communauté de l'Inter-être.

- le samedi 20/01/2018, à partir de 10h pile aussi, commencera le dix-neuvième atelier Educ'inspir pour faire vivre la pleine conscience dans l'éducation, à la maison avec les enfants, à l'école, etc... le thème cette fois encore promet d'être très riche et aidant : maintenir et cultiver la paix même dans un environnement violent... avec des pratiques faisant référence au livre de Thay "Apaiser l'esprit face à la violence - La réponse du zen au terrorisme". S'il-vous-plaît inscrivez-vous également par email à info@maisondelinspir.org

- le dimanche 21/01/2018 toujours à 10h, nous aurons une cérémonie de transmission des Cinq Entraînements à la Pleine Conscience, pour toutes les personnes qui souhaitent s'engager formellement sur ce chemin de pratique. Si c'est votre aspiration, merci de nous écrire en indiquant :

  • vos nom et prénom
  • votre année de naissance
  • si vous avez déjà reçu les 5 Entraînements dans le passé, où et quand, si vous avez reçu un nom du Dharma
  • si vous souhaitez recevoir un nom du Dharma pour vous aider dans votre pratique
  • quels entraînements vous souhaitez recevoir dans cette cérémonie : tous les cinq, ou : le 1er (oui / non), le 2ème (oui / non), le 3ème (oui / non), le 4ème (oui / non), le 5ème (oui / non)
  • en quelques lignes écrivez aussi s'il-vous-plaît quelle est votre aspiration profonde, quels aspects dans les 5 entraînements sont les plus vivants pour vous en cette période de votre vie, lesquels sont plus difficiles, et toute autre chose que vous voulez nous faire savoir.

La cérémonie est offerte pour les pratiquants francophones ainsi que vietnamophones. Attention sachez qu'il n'est pas possible de recevoir les 5 entraînements à distance. Il est nécessaire d'être physiquement avec nous à la Maison de l'Inspir pour la cérémonie. Merci de votre compréhension.

- le prochain après-midi Familles du Coeur pour les enfants, ados et leurs parents aura lieu samedi 27/01/2018 à 14h.

Comme en temps normal, notre petit monastère est ouvert du jeudi 9h30 au dimanche 17h tout le mois de janvier. Vous pouvez donc volontiers venir pour une journée 'ordinaire' non mentionnée ci-dessus, et aussi vous inscrire pour venir passer plusieurs jours de pratique avec nous en restant dormir sur place, dans des conditions de douce sobriété. Notez que pour les hommes, il y aura un weekend, celui du 4 au 7 janvier, où des moines séjourneront dans le chalet, et qu'il ne vous sera donc pas possible de vous inscrire à ce moment-là ! Nous vous remercions de prévoir de venir à un autre moment si vous souhaitez être hébergés.

 

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Pleine conscience du sens du toucher

15 Décembre 2017 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Bonjour chères amies, chers amis qui nous suivez dans cette retraite d’hiver chez soi.

 

Tout d’abord merci de nous encourager par votre assiduité et votre sincérité pour mettre en pratique ce que nous vous proposons.

Nous abordons dans ce message le sens du toucher.

Le toucher est un des sens toujours présent que nous pouvons explorer dans de très nombreux actes de la vie quotidienne, nous allons vous proposer quelques pistes de réflexion. N’ayez pas peur d’en explorer d’autres, pratiquant ainsi l’investigation des phénomènes qui est le deuxième facteur d’éveil.

 

Le sens du toucher est, dans notre vie quotidienne, la porte d’entrée d’innombrables sensations et émotions. Il a été un des sens dominants dès notre entrée dans ce monde et le reste vraisemblablement tout au long de notre vie, même si le langage nous éloigne parfois de cette sensation corporelle.

Le contact avec la peau est un puissant indicateur de la qualité de notre environnement. Il nous averti d’un danger ou peut nous combler de joie. Notre conscience du tréfonds en garde le souvenir et ce sens nous accompagne constamment pour nous guider dans nos perceptions les plus fines. Quand ce sens s’amoindrit ou se perd, nous pouvons nous sentir en danger.

 

Pour le garder vivant, éclairons le avec la Pleine Conscience

 

Dans notre environnement physique :

 

- Pratiquons une marche méditative pieds nus, conscients du contact de la peau de nos pieds avec le sol, de toutes les informations que ce contact nous donne et soyons conscients de combien il est précieux. Peut-être pouvons nous retrouver le sable qui roule sous nos orteils, la fraîcheur de la vague qui caresse nos pieds, la pluie tiède d’un orage d’été nous mettant en contact avec « les éléments rafraîchissants et porteurs de guérison qui sont en nous et autour de nous » (cinquième entraînement)

- Quand nous buvons une tasse de thé, tenons-la avec nos deux mains, conscients des sensations de chaleur, de la nature des matériaux dans nos mains, conscients de toute la chaîne de petites et grandes mains qui ont été nécessaires pour que cette tasse de thé soit là  et si par chance elle est de fabrication artisanale alors elle contient le contact des mains du potier.

Quand nous portons la tasse à nos lèvres, d’autres sensations naissent. S’entraîner à les observer nous permettra d’avoir une perception de plus en plus fine et plus subtile des ces sensations nous faisant ainsi entrer en intimité avec nous-mêmes.

Souvenons-nous que comme pour tous les bébés, porter un objet à nos lèvres a été un fantastique moyen d’exploration de notre univers.

- Choisissons un autre objet et soyons joyeusement curieux du contact de notre peau, souvent les mains, mais pas exclusivement, avec cet objet. Nous pouvons noter nos observations et les partager avec les amies, amis de pratique.

 

Dans notre environnement relationnel :

 

- le contact de la peau est un extraordinaire moyen de communication

Peut-être davantage que pour certains des autres sens, le contact de la peau reste tout au long de notre vie un précieux moyen de communication non verbale. Notre tréfonds le sait bien, lui qui connaît toutes nos joies, nos enthousiasmes, nos passions, nos failles, nos manques, nos blessures et nos cicatrices sur le sujet.

Nous savons que les bébés prématurés se développent mieux s’il est possible d’organiser un « peau à peau » avec l’un des parents. Et quand nos autres sens commencent à s’effacer, dans le grand âge, le contact devient alors un précieux allié dans la communication. 

Savons-nous prendre soin de ce contact dans la relation à l’autre ? Savons-nous être profondément respectueux et sentir le moment où nous risquons d’être intrusifs ?

- Quand nous saluons une personne en lui serrant la main, sommes-nous vraiment présents à ce contact ? Qu’acceptons-nous d’offrir et de recevoir dans ce contact ?

 Nous vous invitons à pratiquer aussi souvent que possible ce salut en pleine conscience avec l’aide de la respiration ; « j’inspire, j’expire » et en disant mentalement le mantra d’amour « je suis là pour toi ». Entraînons-nous au regard profond qui nous fera trouver le geste juste du contact de la main. Ce peut être de prendre chaleureusement entre nos deux mains la main qui se tend vers nous. 

 

Les mains et le contact des mains sont aussi un élément de guérison

- Si nous avons le talent de pouvoir offrir des massages, ce n’est pas très difficile, nous pouvons apprendre, c’est une belle pratique que nous pouvons offrir comme un temps de méditation et si nous sommes receveur, jusqu’où acceptons-nous ce cadeau ?

- Thay nous offre cette belle pratique de la méditation de l’étreinte, faisons le vœu de la pratiquer sans hésiter dès que les circonstances sont favorables.

Nous pouvons aussi faire un grand Hug chantant en Sangha, à la fin d’une session par exemple, en se regroupant dans un cercle se tenant par les épaules. Si le groupe n’est pas trop important chantez « mes chers amis »  en reprenant le chant pour chacun des participants et en remplaçant « chers amis » par le prénom « mon cher Jean-Pierre… ». Essayez, si c’est le bon moment, c’est une pratique magique.

 

Pour nous soutenir dans ces pratiques de la vie quotidienne, nous avons besoin de la pratique des méditations assises. C’est souvent un moment où nos sens sont moins sollicités. Thay nous propose de méditer en nous appuyant sur des expériences que nous avons vécues. Nous pouvons aussi être sensibles au contact du vêtement sur la peau, au léger souffle d’air qui passe sur la nuque ou à d’autres manifestations du toucher pendant l’assise.

 
Pleine conscience du sens du toucher

Nous vous souhaitons une pratique chaleureuse, généreuse, embrassant tout l’univers !

 

 

Méditation sur le Toucher 

(extraits de l’exercice 5 de l’ouvrage « Un Lotus s’épanouit »

 

 

Inspirant, je porte mon attention sur toute l’inspiration, 

Expirant, je porte mon attention sur toute l’expiration

    Inspiration

    Expiration

 

Inspirant, si ma respiration devient plus profonde, j’en suis conscient

Expirant, si ma respiration ralentit, j’en suis conscient 

                                Plus profonde

                                Ralentit

 

Inspirant, si je me sens plus calme, j’en suis conscient

Expirant si je me sens soulagé, j’en suis conscient

                                Calme

                                Soulagé

 

Conscient de ma peau j’inspire

Conscient du sens du toucher j’expire

                                Conscient de ma peau, 

                                Conscient du toucher

 

Conscient de ma peau, j’inspire

Conscient du soleil sur ma peau, j’expire

                                Conscient de ma peau, 

                                Conscient du soleil

 

Conscient de ma peau, j’inspire

Conscient de l’eau fraîche sur ma peau, j’expire

                                Conscient de ma peau, 

                                Conscient de l’eau fraîche

 

Conscient de ma peau, j’inspire

Conscient de toucher l’écorce d’un arbre, j’expire

                                Conscient de ma peau, 

                                Toucher l’écorce

 

Conscient de ma peau, j’inspire

Conscient de toucher un ver de terre, j’expire

                                Conscient de ma peau, 

                                Toucher le ver

 

Conscient des merveilles du sens du toucher, j’inspire

Conscient de son interdépendance avec tous les autres sens j’expire

                                Merveille du toucher

                                en interdépendance avec tous les autres sens

 
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Jolies surprises d'hiver à la Maison de l'Inspir

12 Décembre 2017 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Chère Sangha,

A partir de ce jeudi 14 décembre, nous serons heureuses d'avoir de jolies cartes de saison pour les fêtes à vous proposer à la Maison de l'Inspir ! Les dessins ont été réalisés par une talentueuse jeune Soeur de notre communauté, et les bénéfices des ventes seront dédiés aux oeuvres caritatives pour les enfants du Vietnam. Pensez donc si vous le souhaitez à apporter votre porte-monnaie, merci !

Aussi, ce dimanche 17 décembre, nous vous convions à venir écouter un enseignement en direct offert par Soeur Giac Nghiêm (Sr Elizabeth) à la Maison de l'Inspir. Celui-ci commencera à 10h et aura pour thème le bouddhisme engagé...

Et puis notre retraite de Noël approche, vous savez qu'il n'y a plus la possibilité de s'inscrire pour rester dormir du jeudi 21 au lundi 25, par contre, n'hésitez pas à venir participer aux journées de pratique, vous pouvez comme d'habitude arriver sans prévenir vers 9h30 et repartir vers 17h le jeudi et le lundi, vers 18h45 le vendredi, vers 21h le samedi et vers 22h le dimanche, (ou tous ces jours vous pouvez évidemment partir plus tôt selon votre convenance). S'il-vous-plaît pensez à emmener un plat vegan pour 3 personnes environ, ou bien des fruits et légumes, ou du pain, du lait de riz, etc. Si vous voulez être présents le lundi 25, prévoyez également un petit quelque chose à offrir à une autre personne (dont vous piocherez le nom sur place). Le mieux est que ce présent vienne de votre coeur et de vos talents artistiques, d'écriture, de chant, de pâtisserie, etc, mais si vous préférez acheter un joli objet qui fasse sens pour la pratique de la pleine conscience, ça ira très bien aussi. Sachez déjà que le jeudi 21 l'enseignement commencera à 10h, offert par Soeur Giac Nghiêm, et le dimanche 24 Soeur Hai Nghiêm offrira un enseignement à partir de 15h. Pour le réveillon du 24, nous célèbrerons en pleine conscience avec des chants tous ensemble, des témoignages, et aussi des prestations spontanées et préparées selon vos talents alors s'il-vous-plaît apportez bien vos instruments de musique, vos costumes, vos livres de contes... merci d'avance :)

... pour bien nourrir notre pratique, voici une sélection des enseignements en français les plus récents, offerts au Village des Pruniers ainsi qu'à la Maison de l'Inspir.

  • enseignement de Fr Phap Khi sur l'amitié spirituelle le 22 octobre (au Village des Pruniers)
  • session de questions et réponses le 26 octobre (au Village des Pruniers)
  • enseignement de Sr Giac Nghiêm à la Maison de l'Inspir le dimanche 19 novembre
  • enseignement de Sr Dao Nghiêm lors de la journée laïque le 23 novembre (au Village des Pruniers)
  • enseignement de Fr Phap Lieu le 30 novembre (au Village des Pruniers)

Bonne semaine à toutes et à tous,

Vos petites Soeurs

 

 

Jolies surprises d'hiver à la Maison de l'Inspir
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Etude et pratique des 40 principes de l'enseignement du Village des Pruniers - Première partie

9 Décembre 2017 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Chère Sangha, ne soyez pas intimidés par la longueur et la densité de cette première partie de notre étude des 40 principes de l'enseignement du Village des Pruniers ! Rassurez-vous aussi car nous allons prendre notre temps ; nous n'irons pas jusqu'au bout des 40 thèses d'ici la fin de cette retraite d'hiver. Laissez la terre de la conscience profonde absorber cette nourriture, faites-lui confiance pour que les graines de vision profonde germent au moment voulu.

Lisez tranquillement, par petits bouts si nécessaire.

 

Les Quarante Principes ont été formulés et enseignés par Thầy au Village des Pruniers à partir de la retraite d'hiver 2005-2006 jusqu'à la retraite d'hiver 2006-2007. Ils servent de base pour les enseignements et les pratiques du Village des Pruniers et pour nos entraînements à la pleine conscience, qu’il s’agisse des Cinq Entraînements des laïcs, des Dix Préceptes des novices, des Quatorze Entraînements de l’Ordre de l’Inter-Etre, des grands préceptes (Pratimoksha) des moines et nonnes pleinement ordonnés.

Au début des années 90, Thầy a offert de nombreux cours sur l’histoire de la pensée bouddhiste dans un certain nombre de retraites d’hiver, y compris « La Tradition Vivante de la Pratique de la Méditation », « les Soutras de la Transmission du Sud », « Les Soutras de la Transmission du Nord » et en 2005 « La Roue des Commentaires des Différentes Ecoles » qui traite des différents principes détenus par plus des vingt premières écoles bouddhistes différentes. Ces enseignements donnent un aperçu de l’histoire de la pensée bouddhiste. (Notez que pour l'instant les livres de Thay issus de ces séries d'enseignements sont disponibles en vietnamien uniquement. Nous avons conscience de la nécessité et de l'utilité de les rendre accessibles dans les autres langues dès que possible, surtout que les traductions orales vers l'anglais et le français réalisées lors de certains discours directs de Thay existent en enregistrements audio quelque part dans nos archives au Village des Pruniers.)

 

Les quarante principes représentent la tentative entreprise par Thầy pour identifier et définir les enseignements que nous maintenons, apprenons et transmettons au Village des Pruniers et pour saisir notre relation avec les différents chemins dans l’histoire du bouddhisme. Ils sont le résultat de l’étude des enseignements bouddhistes, des méthodes et de la pratique de Thầy et de la communauté du Village des Pruniers, ainsi que du regard profond sur l’évolution des différentes écoles bouddhistes et leurs enseignements.

 

Thầy a partagé plusieurs fois qu’en tant que pratiquants bouddhistes, nous devons de temps à autre revenir et nous baigner dans les eaux de la source du bouddhisme. Au Village des Pruniers  nous avons « un désir profond de comprendre le sens originel du Bouddha, l’enseignant qui a commencé cette lignée, ainsi qu’un désir d’étudier et de pratiquer de telle sorte que tout en étant fidèle aux enseignements originaux, nous sommes également en mesure de répondre aux besoins de la pratique spirituelle et de la transformation de notre temps. Cent quarante ans après que le Bouddha entre en nirvana et jusqu’au début du Mahayana, les différentes écoles du bouddhisme de l’époque ont agit de la sorte, et bien sûr, notre communauté se doit de faire la même chose. »

Thầy nous rappelle aussi : « Il est possible que notre façon de voir d’aujourd’hui va changer un jour pour s’adapter à une manière de regarder qui sera plus profonde et plus pertinente demain. En étant fidèle à l'attitude d'ouverture et à la pensée non-dogmatique du bouddhisme, le Village des Pruniers tient toujours la porte grande ouverte au changement, donc n’adopte jamais une attitude rigide et dogmatique qui voudrait que seule sa façon de voir les choses est juste. C'est là notre pratique continue afin d’éliminer l’obstacle de la connaissance fixe ((jñeyāvaraṇa) et de toujours avoir la possibilité d’aller de l’avant.

 

De cette façon, le Bouddhisme change, s’adapte et progresse de la même manière que le fait la science pour servir l’humanité toujours plus efficacement. Nous avons trop longtemps été influencés par la maxime: "La répétition plutôt que la créativité”. Cette attitude appartient au croyant religieux pieux plus qu’au chercheur. Nous devrions avoir le courage de revoir ce que nous avons appris à la lumière de notre pratique et de notre réflexion. Alors seulement, nous établirons un bouddhisme véritablement moderne, bien adapté à notre culture, et nous ne serons pas retenus dans un bouddhisme formel et théorique emprunté à l'Asie. » ** D'après des extraits de l'introduction du livre "Lang Mai nhin Nui Thuu" (Le Village des Pruniers regarde le Pic des Vautours) de Thich Nhat Hanh, publié en 2014.

 

Premier principe :

L’espace n’est pas un dharma (phénomène) inconditionné. Il se manifeste ensemble avec le temps, la matière et la conscience.

 

Pourquoi est-ce que Thay commence par ce principe-là ? Certainement parce qu’il reconnaît que notre façon de voir le monde est fondamentalement biaisée par un certain nombre d’idées fixes, de croyances latentes bien ancrées dans le mental. Effectivement nous pouvons avoir l’idée que l’espace est l’espace, et qu’il n’est pas le temps, encore moins la matière. Cela ne nous semble pas compliqué de pointer du doigt l’inter-être entre la rose et la terre, mais quand il s’agit de l’interdépendance ‘absolue’ entre l’espace et la conscience, c’est déjà plus lointain, moins accessible à notre regard. Et pourtant c’est vrai, l’espace n’est fait lui aussi que d’éléments non-espace. La conscience n’est faite que d’éléments non-conscience.

 

Voyons ce qu’explique Thay :

« Ce premier principe en amène de nombreux autres de la même sorte avec lui. Autrefois lorsque les maîtres regardaient des objets tels une table, une fleur, un nuage, etc, ils reconnaissaient que ces choses sont toutes changeantes, impermanentes, et dénuées d’un soi. Ces phénomènes sont manifestés par le rassemblement de conditions c’est pourquoi ils sont dits conditionnés (samskrta). Une fleur, un être humain, un nuage, sont tous conditionnés. Lorsque les conditions ne sont plus suffisantes, ces phénomènes sont dissous, donc nous les appelons conditionnés.

Mais en regardant l’espace, il semble à nos yeux que celui-ci soit inchangeant, qu’il ne s’appuie pas sur les autres objets. Qu’il y ait un nuage ou pas, qu’il y ait de la pluie ou non, qu’il y ait une conscience ou non, que la lune et le soleil soient présents ou pas, l’espace est toujours l’espace.

(…) Au Village des Pruniers, nous voyons que l’espace est une notion et que la notion d’espace est créée par la notion du temps, de la matière et de la conscience. L’espace a trois dimensions (horizontale, verticale et transversale). Mais il existe encore une quatrième dimension qui est celle du temps. Einstein a parlé de ces quatre dimensions du continuum espace-temps.

Si nous regardons bien, nous voyons que l’espace est fait du temps et que le temps est fait de l’espace, que l’espace est fait de la matière et que la matière aussi est faite de l’espace. A la lumière des sciences modernes, nous voyons clairement ceci : avant tout l’espace est un concept, une notion ; et la notion d’espace ne peut être détachée de la notion de temps ; elle ne peut être détachée de la notion de matière ; et en particulier, elle ne peut être prise à part de la notion de conscience. Par conséquent, l’espace n’est pas une réalité objective, mais une création de l’esprit. L’espace contient le temps, il contient la matière et la conscience. Si nous retirons le temps, la matière, la conscience de l’espace, celui-ci ne sera plus l’espace ; donc l’espace n’est pas une chose inconditionnée.

Dans le soutra d’Avatamsaka (Discours de la Guirlande de Fleurs) il est dit ceci : l’un contient le tout. En ce qui concerne l’espace, l’un contient le tout. Un grain de poussière contient les trois chiliocosmes (dans la cosmologie bouddhique ce mot désigne un monde de mille régions) or un grain de poussière est de la matière, ce qui signifie que la matière est reliée à l’espace. La science nous apprend que là où la matière est condensée, l’espace se rétracte. Nous voyons donc que la matière et l’espace inter-sont, qu’ils s’affectent l’un l’autre. Il est erroné de dire que l’espace n’est pas influencé par la matière. L’espace est la matière ; la matière est l’espace. La forme et le vide sont très proches, ils sont l’un l’autre ; l’un contient le tout.

(…) S’il faut distinguer les phénomènes en deux catégories, d’une part les choses conditionnées et de l’autre les choses inconditionnées, nous ne pouvons pas dire que l’espace soit un phénomène inconditionné. Si nous devons parler de dharmas inconditionnés, il n’y a alors qu’un dharma inconditionné et c’est le nirvana, c’est-à-dire l’ainsité, la nature de non-naissance et de non-mort, la fondation de tous les dharmas. (…) Tout comme toutes les vagues sur l’océan montent et descendent tandis qu’une chose ne monte ni ne descend : l’eau. Le nirvana est ainsi, c’est la fondation de tous les phénomènes.»

 

 

 

Deuxième principe :

Dans la dimension historique, tout dharma est un dharma conditionné. Dans la dimension ultime, tout dharma est un dharma inconditionné.

 

« Ce n’est que provisoirement que nous distinguons les dharmas conditionnés et inconditionnés. En fait nous ne pouvons pas placer le nirvana à côté des dharmas conditionnés et appeler le nirvana un dharma (phénomène). C’est comme pour l’eau, nous ne pouvons pas dire que l’eau est l’une des vagues. Ces dernières montent et descendent, naissent et meurent. Mais il y a quelque chose qui ne naît ni ne meurt, ne monte ni ne descend, et que nous appelons l’eau. C’est une erreur de dire que l’eau est un phénomène et de la placer au même niveau que les phénomènes de vagues, de dire que l’eau est une des vagues.

La même chose est vraie entre le nirvana et les phénomènes conditionnés. Nous avons étudié suffisamment pour être capables de voir que sur le plan phénoménal, le plan de la dimension historique, tous les dharmas conditionnés connaissent la naissance et la mort, l’être et le non-être, l’existence et la disparition. Cependant dans la dimension ultime de la réalité, les phénomènes ne naissent ni ne meurent, ne montent ni ne descendent, ne viennent ni ne partent. Un dharma tel cette fleur de chrysanthème, sur le plan des phénomènes, est conditionné puisqu’il dépend de conditions pour se manifester et qu’il dépend de conditions pour se dissoudre. Mais dans la dimension ultime, la nature propre du chrysanthème est la non-naissance et la non-mort, le non-être et le non-non-être, la non-existence et la non-disparition. En regardant bien, le chrysanthème est également inconditionné. C’est ce qui apparaît très clairement dans les enseignements du Mahayana : la nature originelle des dharmas est la vacuité ; ils ne naissent ni ne meurent, ne sont ni purs ni impurs, ni croissants ni décroissants. Pour cette raison, il n’existe aucun dharma qui soit conditionné, tous les dharmas sont inconditionnés, sans naissance et sans mort, sans montée et sans descente, sans être et sans non-être.

Nous avons commencé par dire que l’espace n’est pas un dharma inconditionné ; à présent nous affirmons l’inverse : l’espace est aussi un dharma inconditionné. La phrase « l’espace n’est pas un dharma inconditionné » est une porte d’entrée, et non un dogme dans lequel nous enfermer. En disant : « l’espace n’est pas un dharma inconditionné », nous pourrions être piégés par une distinction entre ce qui est conditionné et ce qui ne l’est pas. Mais grâce à notre capacité de contempler et d’abandonner les termes et les notions, nous pouvons voir que l’espace aussi est inconditionné.

(…) Si vous venez de la tradition chrétienne, il se peut que vous éprouviez des difficultés lorsque vous pensez à Dieu, parce que dans la théologie chrétienne Dieu est le créateur, tandis que toutes les choses que nous rencontrons sont les créatures. Certains théologiens chrétiens affirment que « Dieu est la fondation de l’être », ce qui est très proche de la pensée « l’inconditionné est le nirvana ». Dire que Dieu est la fondation de l’être, c’est comme de dire que le nirvana est la dimension ultime de tout ce qui naît et meurt.

Ne recherchons pas le nirvana en dehors de la naissance et de la mort. Dans le cycle de naissance et de mort, il y a le nirvana. La naissance et la mort ne sont que des illusions. L’essence du chrysanthème ou du nuage, c’est le nirvana, la non-naissance et la non-mort.»

 

Comme cela nous est rappelé dans la Sangha, nous sommes invités à toujours étudier les enseignements, les soutras, les shastras (commentaires) et les entraînements à la pleine conscience (vinaya) en nous posant la question : quel rapport cela a-t-il avec ma vie de tous les jours ? Comment puis-je toucher concrètement, régulièrement l'inter-être et la dimension ultime de la réalité ?

... Après cette immersion dans la vision perçante de notre maître Thay, déposons toute cogitation et tout effort intellectuel par un Toucher de la Terre. Nous vous proposons plusieurs modalités de pratique en fonction de votre préférence :

  1. Lire régulièrement le texte pour vous laisser imprégner.
  2. Le lire après une méditation silencieuse où vous avez pris le temps de revenir à votre respiration, à votre corps, à vos sensations pour rendre votre esprit disponible à l'accueil du sens du texte.
  3. Pratiquer le Toucher de la Terre avec votre Sangha (voir les instructions sur les sons de cloche, etc, au bas du texte)

Vous pouvez lire le texte à voix haute en vous tenant debout devant votre autel ou tourné vers la nature, et prendre la posture du Toucher de la Terre à la fin.

Cher Bouddha, chaque fois que je marche sur la Terre, je réalise que matière et esprit ne sont que des notions, deux facettes d'une même réalité. Le chêne n'est pas seulement de la matière car il a le savoir en lui. Un grain de poussière n'est pas uniquement de la matière puisque chacun de ses atomes contient l'intelligence, c'est une réalité vivante. Quand je regarde la Terre profondément, je peux y voir la présence du soleil et sa chaleur qui aident toute chose à naître et à grandir. Si cette planète est si belle, c'est grâce à la chaleur du soleil. Je peux aussi y voir les ruisseaux d'eau fraîche couler depuis les profondeurs. Sans l'eau, comment y aurait-il de la vie sur cette planète ? Je peux également sentir la présence de l'air et de tous les gaz dans l'atmosphère comme l'oxygène, le dioxyde de carbone... Sans ces gaz, il n'y aurait pas de vie et il n'y aurait pas non plus la beauté du saule vert, des fleurs jaunes, toutes ces petites merveilles de la nature. Partout je peux voir les quatre éléments : la terre, l'eau, l'air et le feu. La terre est l'un des quatre éléments fondamentaux mais elle contient les trois autres éléments car elle est faite d'éléments non-terre. Il en est de même pour l'eau, l'air et le feu : un élément contient les trois autres. Ces quatre éléments portent aussi en eux le temps, l'espace et la conscience. Ils inter-sont et se relient les uns aux autres. Ils inter-sont également dans mon corps de manière merveilleuse. Les quatre éléments présents dans mon corps et les quatre éléments présents dans le cosmos ne sont pas des réalités séparées. Ma nature est aussi la nature de la Terre et de tout l'univers, c'est la nature de l'inter-être.

Je veux toucher la Terre avec mon front, mes deux bras, mes deux jambes, afin de sentir que je fais un avec la Terre-Mère, que je fais un avec la lumière du soleil, avec les rivières, les lacs, l'océan, et avec les nuages dans le ciel immense... La Terre-Mère m'a mis au monde, elle me porte et me nourrit. Elle m'a laissé me manifester des milliers de fois dans le passé et elle me fera me manifester encore et encore dans l'avenir. Elle m'a offert un corps merveilleux qui est aussi le sien.

( Silence pendant trois respirations)

De tout mon coeur, je touche la Terre trois fois pour lâcher prise de l'idée que je suis ce corps et pour faire un avec la Terre.

(Si vous pratiquez en Sangha avec une cloche, invitez maintenant un son de cloche pour que tous les pratiquants touchent la Terre. Restez en contact avec la Terre pendant trois longues respirations, puis invitez un demi-son de cloche comme signal de se relever, suivi de deux nouveaux sons de cloches et Touchers de la Terre)

 
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