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Picture of Thich Nhat Hanh smiling joyfully
Articles récents

lettre de Sr Mai Nghiem à la suite des évènements à Paris

15 Novembre 2015

Voici une lettre de Soeur Mai Nghiem, une de nos soeurs françaises qui vit actuellement au monastère de Deer Park en Californie, qu'elle nous a fait parvenir ce matin après qu'elle ait été informé des évènements à Paris :

"Je vais voir les nouvelles francaises et mon coeur saigne.

Ce qui me rend le plus triste c’est le potentiel de séparation, de violence, de peur et de colère dans les messages officiels et ce qu’on peut lire sur internet.

Comment garder et cultiver la tranquillité et la non peur, sans se laisser envahir par les informations qui se bousculent sur nos écrans, minute par minute?

Comment, ensemble, créer un mouvement puissant, solide et paisible qui éveille les intelligences, et équilibre de lumière la noirceur qui pourrait s’installer dans les coeurs?

Pouvons-nous écouter Paris pleurer et y entendre les sanglots de mères syriennes?

Pouvons-nous regarder dans les yeux hagards des victimes et y lire l’effroi de nos frères iraquiens?

Ecoutons et regardons profondément dans le puit creusé par notre peine et puisons-y l’eau dont le monde a besoin pour éteindre les flammes de nos angoisses.

Rassemblons-nous dans les mosquées, les synagogues, les églises, les parcs, les jardins, les terrasses de cafés afin de s’écouter les uns les autres et de réellement s’entendre.

Trouvons des manières intelligentes, créatives et joyeuses d’incarner la beauté, la bonté et la vérité de notre humanité partagée.

Noyons les réseaux sociaux de messages qui arrosent les graines de non-séparation, de non peur, de sagesse sereine.

Marchons ensemble, libre de nos complexes et de nos préjugés, pour guérir notre humanité blessée.

Ma grand-mère disait avant de mourir: “La méditation n’est pas pour la santé mentale ou pour une bonne hygiène de vie. C’est une urgence, une urgence pour le monde.”

Oui, la France est en Etat d’Urgence.

Si j’étais a Paris j’irais danser dans les rues sur un mix de musique du monde.

Tournez Derviches!

Volez Phenix!

J'ai tant appris, poème de Hafiz, poète soufi

J'ai tant
Appris de Dieu
Que je ne peux plus
Me
Prétendre
Chrétien, Hindou, Musulman,
Bouddhiste, Juif.

La Vérité a tant partagé de sa Substance
Avec moi
Que je ne peux plus me prétendre

Homme, femme, ange
Ou même pure
Ame.

L’Amour est devenu
Si complètement l’ami de Hafiz
Qu’il s’est transformé en cendres
Et m’a libéré
De tous les concepts et images
Que mon esprit ait jamais connus.

--Hafiz, poète soufi

"Promets moi" Poème de Thich Nhat Hanh

15 Novembre 2015

"Promets moi"  Poème de Thich Nhat Hanh

Promets-moi aujourd’hui,
Alors que le soleil est juste au-dessus de nos têtes ,
De te rappeler, ma sœur, mon frère :

Même s’ils te terrassent
Sous une montagne de haine et de violence,
Que l’homme n’est pas notre ennemi.

Noble est la compassion,
la haine
ne peut répondre à la violence,
la haine ne te laissera jamais affronter
la bête qui est en l’homme.

Et un jour,
quand tu feras face à la bête,
seul, ton courage intact,
Tes yeux pleins de gentillesse,
Alors de ton sourire
naîtra une fleur.

Et tous ceux qui t’aiment
seront tes témoins
par delà dix mille mondes de naissance et de mort.

Seul de nouveau,
je continuerai la tête baissée,
mais connaissant l’immortalité de l’amour .

Et sur la longue et dure route,
la soleil et la lune brilleront tour à tour
Eclairant mon chemin .

Ensemble générons une puissante énergie de pleine conscience et de compassion en offrande spirituelle à la conférence pour le climat : du 29 novembre au 11 décembre 2015

13 Novembre 2015

Quand nous méditons ensemble et marchons ensemble en pleine conscience, nous amplifions le pouvoir de notre pleine conscience, de notre concentration et de notre compassion. Cette forte énergie de conscience collective sera ressentie dans le monde. Elle a le pouvoir de rétablir l’équilibre de la Terre et de retrouver l’harmonie, car nous ne sommes rien de moins que la Terre Mère elle-même. Nos actions mèneront à une vision profonde collective, à un éveil collectif et à un changement collectif.

Ensemble générons une puissante énergie de pleine conscience et de compassion en offrande spirituelle à la conférence pour le climat : du 29 novembre au 11 décembre 2015

La prière du peuple pour le climat : du 29 novembre au 11 décembre 2015

12 novembre 2015

À tous les centres de pratique du Village des Pruniers,
À tous les membres de l’Ordre de l’Inter-Être,
À toutes nos Sanghas de par le monde,
À nos chers amis bien-aimés,

Pour soutenir la prochaine conférence pour le climat à Paris (COP21) et en solidarité avec le Collectif bouddhiste mondial face aux changements climatiques, One Earth Sangha, la Sangha "Earth Holder" du Village des Pruniers et les communautés spirituelles de par le monde, nous appelons la Communauté internationale du Village des Pruniers à se rassembler pour envoyer son énergie spirituelle à la Terre Mère et aux dirigeants politiques internationaux, afin qu’ils aient le courage, la clarté d’esprit et la compassion de parvenir à un accord sage et responsable.
En tant que collectivité mondiale, nous avons la technologie, nous avons la possibilité, et nous avons maintenant besoin de volonté politique et collective ainsi que de courage spirituel pour changer de cap de manière décisive.

Nous invitons nos Sanghas à se rassembler pour respirer, s’asseoir et marcher en pleine conscience pour la Terre, et pour générer une puissante énergie collective de pleine conscience et de compassion. Cette puissante énergie collective est notre offrande spirituelle à la conférence pour le climat à Paris, et la forme de prière la plus élevée qui soit pour notre précieuse planète.

Voici comment nous pouvons nous mobiliser en tant que communauté :


1. Nous joindre à une manifestation : dimanche 29 novembre, nous vous invitons à
vous rassembler en tant que Sangha et à rejoindre une manifestation pour le climat dans une ville près de chez vous. Nous pouvons contribuer à la manifestation pour le climat par notre énergie collective de paix et de calme, en appréciant chaque pas dans la liberté et en connexion profonde avec la Terre. Vous pouvez rejoindre une manifestation près de chez vous ou en créer une.

2. Ne consommer ni viande, ni produits laitiers pendant deux semaines : le temps
du sommet pour le climat à Paris, du 30 novembre au 11 décembre, nous vous invitons à ne consommer ni viande, ni produits laitiers. Vous pouvez partager un repas végétalien avec la Sangha de type « auberge espagnole », ou en famille à la maison. Un tel régime alimentaire nourrit notre énergie de compassion, et nous pouvons envoyer cette énergie en soutien aux négociations à Paris. Pendant le repas, nous pouvons apprécier des moments de silence pour chérir la nourriture et nourrir notre gratitude et notre appréciation pour la Terre. Vous pouvez aussi pratiquer les Cinq Contemplations.

3. Porter un ruban vert : pendant ces deux semaines, du 30 novembre au 11 décembre, nous vous invitons à porter un ruban vert afin de sensibiliser votre entourage à notre pratique collective de pleine conscience et de compassion en solidarité avec la Terre.

4. Nous rassembler : nous vous encourageons à participer aux activités d’une Sangha
près de chez vous et à lire la Lettre d’amour à la Terre (en introduction des Conversations intimes avec le Bouddha) et Ce Monde est tout ce que nous avons de Thây. La sensibilisation à ce sujet au sein même de nos sanghas encourage l’éveil collectif de la société. Vous pouvez aussi vous joindre aux rassemblements et aux veilles organisés par nos frères et sœurs d’autres traditions spirituelles, ainsi qu’aux groupes d’action pour le climat, et offrir votre présence, votre paix, votre compassion et votre soutien.

5. Prendre un engagement : nous vous encourageons à méditer sur votre façon de
vivre et à vous engager personnellement à prendre des mesures concrètes pour réduire votre impact sur l’environnement. Informez les personnes qui vivent avec vous ou votre sangha locale de vos intentions et demandez-leur de vous soutenir.


Quand nous méditons ensemble et marchons ensemble en pleine conscience, nous amplifions le pouvoir de notre pleine conscience, de notre concentration et de notre compassion. Cette forte énergie de conscience collective sera ressentie dans le monde. Elle a le pouvoir de rétablir l’équilibre de la Terre et de retrouver l’harmonie, car nous ne sommes rien de moins que la Terre Mère elle-même. Nos actions mèneront à une vision profonde collective, à un éveil collectif et à un changement collectif.


Nous ne connaissons pas les conclusions de la conférence pour le climat. Mais nous traçons notre avenir par notre façon de vivre l’instant présent et par notre manière de vivre notre vie quotidienne. Notre conscience et notre compassion, ainsi que notre amour pour la Terre, s’étendront bien au-delà de la conférence pour le climat.

Avec confiance et amour,

Thầy Pháp Dung

de la part de la Communauté internationale du Village des Pruniers

La Sangha sans Thich Nhat Hanh - article paru dans le magazine Tricycle

8 Novembre 2015

Frère Phap Man (Frère Accomplissement) a été interviewé durant une de nos journées de pratique à New York par un journaliste du magazine "Tricycle". Voici la traduction de l'article qu'un groupe d'amis de la Sangha des Cistes a très gentiment traduit pour nous.

7 octobre 2015

La Sangha sans Thich Nhat Hanh

Frère Accomplissement, un moine de l’Ordre de l’Inter-être, nous parle de la communauté vis-à-vis de la maladie de son guide.

Le 11 novembre 2014, la communauté bouddhiste internationale fit soudainement face à un coup dur quand le moine vietnamien Thich Nhat Hanh, un enseignant bienaimé et auteur prolifique, fut frappé par une hémorragie cérébrale qui lui fit perdre la parole et la marche. Depuis, Thich Nhat Hanh (que ses élèves appellent affectueusement « Thay ») a montré des signes de rétablissement réguliers, bien que légers : avalant de la nourriture solide et plus récemment, prononçant ses premiers mots. Il est actuellement soigné à San Francisco, au University of California, San Francisco Medical Center.

Thay avait projeté de venir aux Etats Unis cet automne pour son « Tour du Miracle de la Pleine Conscience », une période de deux mois et demie de retraites, d’enseignements du dharma et de journées de pleine conscience. Malgré l’absence de Thay, la communauté monastique de ses élèves a choisi d’effectuer le tour comme prévu.

Tricycle a rencontré l’un de ces moines, Frère Accomplissement, lors d’une journée de retraite du tour, qui s’est tenue dernièrement à New York à l’Union Theological Seminary. Frère Accomplissement, un pratiquant résident de Blue Cliff Monastery dans l’état de New York depuis 2004, nous a parlé de ce qui l’a amené vers le bouddhisme, de comment la maladie de Thay a affecté la sangha, et comment la communauté mondiale laïque et monastique du célèbre enseignant poursuivra désormais son chemin.

Pouvez-vous nous décrire votre première rencontre avec le bouddhisme ? Quand je vivais au Népal en tant que volontaire du Peace Corps, j’ai rencontré un jeune moine tibétain au bord de la rivière Trishuli, qui coule le long de la frontière entre le Népal et l’Inde. Le moine était très avenant, gentil et manifestait une forte présence. Il a immédiatement établi une profonde connexion avec moi. J’avais déjà visité des temples à Katmandou —Boudhanath et Swayambhunath— qui étaient magnifiques mais avaient aussi un aspect très mystique, surtout pour quelqu’un d’une culture occidentale comme moi. Mais avec ce jeune moine, la communication était simple et humaine. Je ne l’ai pas alors dit à voix haute, mais une partie de moi pensais « Je veux être comme cela. Je veux toucher cette joie là. »

A peu près à ce moment-là, mon ancienne petite amie est venue au Népal avec une copie du livre de Thich Nhat Hanh Transformation et Guérison : Le Sutra des Quatre Etablissements de l’attention. J’ai trouvé ce livre extraordinaire et il m’a clairement amené à me diriger vers la tradition de Thay.

Cela fait maintenant plus de dix ans que vous êtes moine dans l’Ordre créé par Thay. Comment sa maladie a-t-elle changé votre façon, et celle de la sangha, d’aborder les enseignements ? J’ai remarqué que j’avais plus d’énergie. Auparavant je suivais ; je me laissais porter. J’étais un élève, un enfant de Thay. En me laissant ainsi porter, je n’avais pas à m’en faire. Maintenant j’ai l’impression d’être passé du côté où c’est moi qui porte. Je porte ce qui m’a été transmis et je porte la communauté. C’est merveilleux d’observer ce qui se passe quand j’autorise cette transmission à se manifester — à se permettre d’être vivante.

Lorsque nous pratiquons de manière à générer cette énergie de pleine conscience et de présence, nous ressentons authenticité et guérison. Nous prenons conscience qu’un jour nous aussi pourrions être malade et ne plus pouvoir enseigner le dharma. Cette urgence fait jaillir en moi ce désir d’épauler la communauté, et je remarque la même chose dans la sangha toute entière : chacun veut soutenir l’autre. Nous avons la certitude que la vision de Thay pour nous est celle d’une communauté qui incarnera l’inter-être, sans chef.

Cette aspiration émerge en nous. Par exemple, quand nous préparons des événements, nous nous asseyons tous ensemble et échangeons nos points de vue. Comment aborder cette journée de pleine conscience ? De quoi allons-nous parler ? Personne ne dit : « C’est moi qui détient l’autorité, voici donc ce que nous allons faire. » Nous nous écoutons les uns les autres, et par cette écoute, nous laissons les réponses se manifester.

Cette impression de devoir être à la hauteur ne va pas sans une certaine anxiété. Mais au lieu de dire « Le problème c’est que Thay ne nous guidera sans doute plus », nous devons dire « Voici notre défi ». Nous commettrons des erreurs. Nous ne ferons pas tout parfaitement. La communauté ne vivra pas en parfaite harmonie si nous ne nous efforçons pas de résoudre nos différends, surtout en l’absence de notre maître. L’énergie née de cette acceptation est très importante.

Comment vous et les autres moines vivez-vous ce rôle directeur qui vous incombe pendant que Thay se rétablit aux Etats Unis, tout près d’ici ? Nous prenons en compte la réalité, il souhaiterait être ici, mais il est trop malade pour l’être. Nous agissons pour lui, à travers lui, avec lui. Nous le rendons présent dans notre façon de marcher et par notre manière d’agir ensemble. Nous le rendons vivant et permettons à son esprit de se retrouver dans la pratique.

Les pratiquants vous parlent-ils de la maladie de Thay quand ils viennent écouter vos enseignements ? Les gens qui ont étudié les œuvres de Thay savent qu’il souhaite qu’ils perçoivent sa présence au travers de leur pratique. Ceux qui le suivent — non seulement la communauté monastique mais aussi l’innombrable quantité de sanghas laïques et de pratiquants laïcs — savent qu’ils poursuivent son œuvre. Ils ont l’impression, tout comme nous, que c’est l’occasion de tous de nous élever d’un cran dans la pratique. Nous revenons sans cesse à l’enseignement sur sa non-mort. Depuis 40 ans il nous dit « Je ne mourrai jamais. Ma pratique est vivante à travers vous. Si vous marchez et respirez, je suis là. »

Thay maîtrise le pouvoir d’insuffler une transmission. Il ne s’est pas limité à le répéter encore et encore, mais il le vit. Il nous a établi un bon modèle, et maintenant nous explorons la mise en œuvre de ce modèle. Ce n’est pas simple. Nous devons le découvrir par nous-mêmes, il y a donc des moments difficiles et des incompréhensions. Mais je vois que nous progressons. Je vois le potentiel d’épanouissement de notre sangha.

Quelles paroles d’encouragement pourriez-vous offrir à des débutants dans la pratique bouddhiste ? Ce n’est pas grave si vous ne savez pas. Ce n’est pas grave si votre pratique ne vous donne pas tout-à-fait les résultats que vous attendiez. Parfois le fruit tarde à venir. Parfois il ne se manifeste que quand il le veut bien. Jésus a comparé l’Esprit Saint au vent : le vent souffle ; personne ne sait où il souffle, ni d’où il vient, ni où il va. Il va là où il veut bien ! Il serait bien bête d’essayer de s’accrocher à l’Esprit Saint. Il en est de même avec la pratique de la méditation. C’est agréable. Nous la touchons, nous la savourons. Nous ressentons paix, joie et connexion. Mais il faut lâcher prise de ces sensations, comme de tout. Il faut aller de l’avant.

—Matt Gesicki

Paul Davis/Flickr

Déclaration bouddhiste pour les dirigeants mondiaux sur les changements climatiques

31 Octobre 2015

Déclaration bouddhiste pour les dirigeants mondiaux sur les changements climatiques
Les plus grandes personnalités bouddhistes signent une déclaration historique sur les changements climatiques à l’attention des dirigeants mondiaux
Quinze des plus importants chefs spirituels bouddhistes ont publié un appel historique lancé aux dirigeants politiques pour conclure un accord efficace face aux changements climatiques lors des négociations des Nations unies sur le climat à Paris qui débuteront le 30 novembre.

« Nous sommes à un moment charnière, où notre survie et celle des autres espèces sont en jeu en raison de nos actes », nous avertit l’introduction de cette Déclaration. Sa Sainteté le Dalaï Lama, le maître zen Thich Nhat Hanh, Sa Sainteté le 17ème Karmapa, ainsi que les Chefs suprêmes du bouddhisme au Bangladesh, au Japon, en Corée, en Malaisie, en Mongolie, en Birmanie, au Sri Lanka et au Vietnam, le Secrétaire général de la Confédération bouddhiste internationale (IBC), le Président de l’Association bouddhiste des États-Unis, le Président de l’Union Bouddhiste de France (UBF) et Son Altesse Royale la Princesse du Bhoutan Ashi Kesang Wangmo Wangchuk comptent parmi ses célèbres signataires

« Quand nous nuisons à la terre, c’est à nous-mêmes que nous portons atteinte, a expliqué Sœur Chân Không, de la communauté internationale des bouddhistes engagés du Village des Pruniers. La terre n’est pas seulement notre environnement. La terre est notre mère. Nous sommes tous des enfants de la terre et nous devons nous entraider en tant que frères et sœurs d’une seule grande famille planétaire. Nous devons agir, non par devoir, mais par amour les uns pour les autres et pour notre planète. Le Bouddha nous a montré que nous pouvons tous vivre simplement tout en étant très heureux. »

La Déclaration des chefs spirituels bouddhistes amplifie « C’est maintenant qu’il faut agir : Une déclaration bouddhiste sur les changements climatiques », qui a été signée en 2015 par plus de 300 chefs spirituels et enseignants bouddhistes célèbres représentant les principales écoles et traditions du bouddhisme de 37 pays, ainsi que par des milliers de pratiquants bouddhistes. Elle se réjouit également des déclarations d’autres traditions religieuses, qu’elle soutient. Les bouddhistes sont encouragés à montrer leur soutien à cette déclaration et à participer à la conversation en ligne sur #Buddhists4Climate.

Déclaration bouddhiste pour les dirigeants mondiaux sur les changements climatiques
Déclaration bouddhiste pour les dirigeants mondiaux sur les changements climatiques
29 octobre 2015

Nous soussignés, chefs spirituels bouddhistes, nous sommes rassemblés préalablement à la 21ème séance de la Conférence des parties (COP21) de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) qui aura lieu à Paris, pour unir nos voix aux appels croissants à ce que les dirigeants mondiaux coopèrent avec compassion et sagesse et parviennent à un accord ambitieux et efficace sur le climat.

Nous sommes à un moment charnière, où notre survie et celle des autres espèces sont en jeu en raison de nos actes. Il est encore temps de ralentir les changements climatiques et de limiter leurs impacts, mais pour ce faire, le sommet de Paris devra nous mettre sur la voie de l’abandon des énergies fossiles. Nous devons garantir la protection des plus vulnérables, par des mesures visionnaires et globales d’atténuation et d’adaptation.

Notre préoccupation est fondée sur la prise de conscience du Bouddha de la coproduction interdépendante, qui relie tout ce qui est dans l’univers. Comprendre cette causalité interdépendante ainsi que les conséquences de nos actes représente une étape clé pour réduire notre impact environnemental. En cultivant la vision profonde de l’inter-être et de la compassion, nous serons capables d’agir par amour, et non par peur, pour protéger notre planète. C’est un thème dont les chefs spirituels bouddhistes parlent depuis des décennies. Cependant, le quotidien peut facilement nous faire oublier que notre vie est inextricablement liée au milieu naturel par chaque respiration que nous prenons, par l’eau que nous buvons et par la nourriture que nous mangeons. Par manque de vision profonde, nous sommes en train de détruire les écosystèmes mêmes dont nous, et tous les autres êtres vivants, dépendons pour notre survie.

Nous jugeons impératif la reconnaissance par la communauté bouddhiste mondiale que nous dépendons à la fois les uns des autres et du milieu naturel. Ensemble, l’humanité doit agir sur les causes premières de cette crise environnementale, qui est engendrée par notre utilisation des énergies fossiles, par des modèles de consommation non viables, par notre manque de conscience, et par le peu de préoccupations des conséquences de nos actes.

Nous soutenons vivement « C’est maintenant qu’il faut agir : Une déclaration bouddhiste sur les changements climatiques », qui est approuvée par des chefs spirituels et des représentants de sanghas bouddhistes du monde entier. Nous nous réjouissons et nous soutenons également des déclarations sur les changements climatiques d’autres traditions religieuses. Celles-ci incluent l’encyclique du Pape François publiée cette année, Laudato si’ : Sur la sauvegarde de la maison commune, la Déclaration islamique sur les changements climatiques, ainsi que l’imminente Déclaration hindouiste sur les changements climatiques. Nous sommes unis dans notre volonté de sortir des énergies fossiles, de réduire notre consommation, et dans l’impératif éthique d’agir à la fois contre les causes et contre les impacts des changements climatiques, surtout chez les plus pauvres.

À cette fin, nous exhortons les dirigeants mondiaux à faire preuve d’une volonté politique de combler l’écart entre les besoins et les promesses des pays parties en matière de réduction des émissions et à garantir une augmentation de la température moyenne mondiale inférieure à 1,5 degré Celsius par rapport à l’ère préindustrielle. Nous demandons également qu’ils augmentent d’un commun accord les financements climatiques, de façon à aider les pays en voie de développement à se préparer aux impacts climatiques et à nous aider tous à effectuer une transition vers un avenir bas carbone sans danger.

La bonne nouvelle est qu’une occasion unique d’opérer un tournant décisif se présentera avec les négociations pour le climat à Paris. Les scientifiques nous assurent qu’il est possible, sur le plan technologique comme sur le plan économique, de limiter l’augmentation de la température moyenne mondiale à moins d’1,5 degré Celsius. La sortie progressive des énergies fossiles et la transition vers une utilisation exclusive d’énergies propres et renouvelables engendreront non seulement le passage à une économie bas carbone dans le monde, mais nous aideront également à nous engager sur un chemin de renouveau spirituel dont nous avons le plus grand besoin. Outre notre progression spirituelle, et conformément aux recommandations des Nations unies, protéger nos forêts, tendre vers une alimentation basée sur des aliments d’origine végétale, réduire notre consommation, recycler, adopter les énergies renouvelables, prendre l’avion moins souvent et préférer les transports en commun comptent parmi les actions les plus efficaces que nous pouvons accomplir en tant qu’individus. Nous pouvons tous changer les choses.

Nous demandons aux dirigeants mondiaux de reconnaître et d’assumer la responsabilité universelle que nous avons de protéger le tissu de la vie pour le bien de tous, à présent et dans le futur.

Pour ces raisons, nous demandons à toutes les parties présentes à Paris :

  1. d’être guidées par la dimension morale des changements climatiques telle qu’indiquée dans l’article 3 de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

  2. d’accepter de sortir progressivement des énergies fossiles pour opérer une transition vers l’utilisation d’énergies renouvelables et propres à 100%.

  3. de faire preuve d’une volonté politique de combler l’écart entre les besoins et les promesses des pays parties en matière de réduction des émissions, afin de garantir que la température moyenne mondiale augmentera de moins d’1,5 degré Celsius par rapport à l’ère préindustrielle.

  4. de s’engager fermement à augmenter les financements au-delà des cent milliards de dollars promis en 2009 à Copenhague, y compris pour le Fonds vert pour le climat (GCF), afin d’aider les pays en voie de développement vulnérables à se préparer aux conséquences des changements climatiques ainsi qu’à une transition vers une économie bas carbone.

C’est maintenant qu’il faut agir.

Cordialement,

Sa Sainteté le Dalaï Lama Tenzing Gyatso, 14ème Dalaï Lama

Maître zen Thich Nhat Hanh, Patriarche de la communauté internationale des bouddhistes engagés du Village des Pruniers

Sa Sainteté le 17ème Gyalwang Karmapa, Chef de la lignée Karma Kagyu

Sa Sainteté le Dr Dharmasen Mahathero, Patriarche suprême (Sangharaja) du Sangha du Bangladesh

Rév. Hakuga Murayama, Président de l’Association nationale japonaise des jeunes bouddhistes (Japan Young Buddhist Association, JYBA)

Son Éminence Jaesung Sunim, Président de l’Ordre Jogye du bouddhisme coréen

Bhante B. Sri Saranankara Nayaka Maha Thera, Chef de l’Adhikarana Sangha Nayaka de Malaisie, Kuala Lumpur

Son Éminence le révérend Khamba Lama Gabju Demberel, Chef suprême des bouddhistes mongols

Sa Sainteté le Dr Bhaddanta Kumarabhivamsa, Sangharaja et président du comité d’État Sangha Maha Nāyaka en Birmanie

Son Éminence Agga Maha Panditha Dawuldena Gnanissara Maha Nayaka Thera, Mahanayaka Thero, prélat suprême d’Amarapura Maha Nikaya au Sri Lanka

Sa Sainteté Thich Phô Tuê, Patriarche suprême de tout le Sangha bouddhiste du Vietnam

Vénérable Lama Lobzang, Secrétaire général de la Confédération bouddhiste internationale (IBC)

Révérend Olivier Reigen WANG-GENH, Président de l’Union Bouddhiste de France (UBF)

Vénérable Bhikku Bodhi, Président de l’association bouddhiste des États-Unis

Sa Majesté Ashi Kesang Wangmo Wangchuk, Bhoutan

www.gbccc.org