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Articles récents

Que vois-je en sillonnant notre Planète et me penchant au chevet de notre Terre Mère en souffrance ?

9 Juin 2015

Cheminons pour une éthique globale sur notre Terre

par le Maitre Zen Thich Nhat Hanh

Une fleur ne doit rien faire pour être utile.

Elle doit se contenter d'être une fleur.

C'est suffisant.

Un seul être humain véritable suffit pour réjouir le monde entier.

Que vois-je en sillonnant notre Planète et me penchant au chevet de notre

Terre Mère en souffrance ?

Des catastrophes naturelles en accélération, tels les cyclones, des

inondations ici, la sécheresse ailleurs... la prolifération d’insectes

nuisibles avec l’usage excessif des pesticides...sans parler plus récemment

de la catastrophe nucléaire de Fukushima, de la famine qui sévit toujours

encore à notre siècle...malgré toutes les prouesses de la science et des

avancées technologiques !

J’exhorte mes disciples à pratiquer les 5 entraînements à la Pleine

Conscience :

une pratique de la “parole aimante et l’écoute profonde” pour un dialogue

fraternel et la pratique d’une conduite juste pour transformer notre

souffrance.

En observant la consommation des 4 sortes de nourritures qui sont les

aliments comestibles (moins ou pas de viande...), les impressions

sensorielles, la volition et la conscience, pouvons-nous nous engager à ne

pas faire d’usage de drogues, ne consommer aucun produit contenant les

toxines neuro-sensorielles comme les sites internet, jeux, films ou média

écrits axés sur la violence et le sexe, source de mal-être et de souffrance

pour une grande majorité de la population mondiale ?

Les Grecs avaient déjà pensé à l’éthique : elle ne peut que se concevoir

que sous un angle global car Ethos signifie un lieu de vie, habitude, mœurs.

et chez les Romains “ethicus” est une discipline morale dans un milieu

naturel et humain.

Pouvons-nous retrouver cette “éthique” dans la solidarité et le partage

comme les Anciens en Europe l’avaient déjà envisagée ?

Chaque pas que nous posons sur la terre est une occasion de nous retrouver

en lien avec notre Terre Mère : respirons chaque seconde à chaque pas,

moment unique, moment merveilleux , nous sommes en vie.

La pratique de la respiration consciente nous invite à découvrir la réalité

individuelle, la réalité de la société et le caractère global de la nature

intérieure en lien avec la nature extérieure.

Nous prenons ainsi conscience que notre Terre ne peut plus supporter une

atmosphère plus toxique.

Pour ceux d’entre nous qui aimons les balades à la campagne ou les

randonnées à la montagne, nous n’ignorons pas que les arbres sont nos

poumons extérieurs.

La destruction de tant de forêts, la couche d’ozone en partie détruite, les

eaux polluées par tant de pluies acides : pouvons-nous y remédier ?

Nos technologies peuvent-elles nous aider à nous sauver de ces catastrophes?

Pouvons-nous contrôler ce système créé par notre style de vie “encore et

toujours plus” ?

Nous cherchons le bonheur en dehors de nous et nous courons après cet

impossible bonheur qui a créé la peur, la colère, le désespoir, la

violence...

Sans un réveil collectif, la catastrophe est à nos portes.

La Terre ne pourra pas nourrir dans la bonne santé et le bonheur les 7

milliards et plus de 3 millions d’âmes ( depuis janvier 2012 ) , si nous

gardons ce style de vie avec ce fragile équilibre...ou plutôt, avec cette

rupture de l’équilibre écologique !

Les civilisations des Grecs, des Romains au cours de l’histoire ont

implosé, après s’être épanouies et notre civilisation ne serait pas

différente...elle se détruirait plus ou moins vite avec nos actes ou grâce

à nos efforts....et la Terre n’a pas besoin de nous pour vivre en lien avec

le Soleil !

Quand serons-nous assez nombreux pour nous réveiller pour un monde où

chacun aura sa place et vivra en harmonie avec la nature en équilibre

heureux avec les pierres, les plantes, les animaux ?

La pratique de la pleine conscience nous invite à suivre notre respiration

et à marcher en suivant notre inspiration et notre expiration... dans le

sourire ! pour vivre le moment présent plutôt que de nous perdre dans des

pensées du passé ou du futur !

En nous dans notre profondeur, se lovent des graines d’amour, de

compassion, de compréhension tout comme celles de l’ignorance, de la

colère, de la haine, de la discrimination, du désir, de la fierté, et de

l’attachement.

Notre expérience de la vie dépend de notre façon d’arroser toutes ces

graines.

Trop de graines de la peur, de la colère, du désespoir ont été nourries sur

notre planète Terre.

Entraînons-nous à arroser d’une manière sélective nos belles graines de la

solidarité et du partage : opérons en nous le changement pour vivre une

éthique globale sur la Terre.

Thich Nhat Hanh

Maître Bouddhiste Zen

Liens pour regarder les deux emissions de Sagesses Bouddhistes

9 Juin 2015

Voici les liens sur youtube pour regarder les deux émissions de Sagesses Bouddhistes qui présentaient le mouvement "Wake-up", permettant ainsi à toutes les personnes vivant hors de France de pouvoir les voir.

Arrêter la course pour m'établir heureux dans le moment présent

24 Mars 2015

Arrêter la course pour m'établir heureux dans le moment présent
Extrait du livre: "Conversations intimes avec le Bouddha"

Cher Bouddha, certains d'entre nous ont des trajets d'une heure en voiture ou en train pour aller au travail, et la même chose pour en revenir. Et une fois rentrés à la maison, malgré la fatigue, ils doivent encore préparer à manger et faire le ménage. Il faut aussi penser à payer les factures, le loyer ou l'emprunt logement, l'électricité, l'eau, le téléphone, les impôts, etc. Et puis s'ajoutent d'autres problèmes comme la maladie, le chômage, les accidents de la route, etc. Voilà notre vie jour après jour, toujours occupée et constamment sous pression, créant en nous de la peur et de l'anxiété. La plupart d'entre nous vivent leur vie comme une course permanente. Nous nous dépêchons de finir une tâche pour vite passer à la suivante. Une tâche n'est pas finie qu'une autre apparaît, et c'est sans fin. Le pire est que cette course devient une habitude et que nous y sommes attachés : nous ne supportons pas de rester oisifs ; nous remplissons tout notre temps de toutes sortes d'occupations. Cent ans passent en un éclair, comme dans un rêve. Mais je ne veux plus de ce mode de vie. Je veux vivre pleinement et librement chaque instant de ma vie quotidienne. Je veux suivre la pratique que tu nous as enseignée, de m'établir heureux dans le moment présent. Pour cela, je dois m'entraîner à m'arrêter pour être pleinement conscient de ce qui se passe dans le moment présent.

Cher Maître, aujourd'hui nous avons construit des télescopes très puissants que nous avons placés dans l'espace, plusieurs milliers de kilomètres au-dessus de la Terre. Nous avons vu des galaxies et des étoiles distantes de centaines de millions d'années-lumière et nous avons découvert toute la splendeur de notre planète Terre dans un Univers indescriptiblement resplendissant. Notre planète bleue si fraîche et si parfumée est la plus belle planète du système solaire, l'une des plus belles manifestations de l'Univers. Un lac clair, un nuage rose, un sommet de montagne enneigé, une forêt embaumante, un cerf agile..., contribuent tous à l'enjoliver et à la rendre de plus en plus belle chaque jour. Elle engendre la vie de milliers d'espèces, elle les porte, les nourrit, et les protège. Elle est vraiment le Bodhisattva Terre Pure et fraîche, notre mère à nous tous.En regardant profondément, je réalise à quel point j'étais pris dans une course perpétuelle sans jamais l'avoir vraiment appréciée. J'apprends à me réjour de sa présence et de celle de tout l'univers, à goûter la joie de vivre. Dans le passé, j'ai vagabondé comme un enfant prodigue, fuyant le moment présent à la recherche d'un bonheur illusoire dans le futur. En cet instant, je suis éveillé par des enseignements qui m'apprennent à m'établir heureux dans le moment présent. Je reconnais le monde du bonheur qui est juste là, pour moi.

Le monde est plein de trésors.
Je vous offre ce matin
Une poignée de diamants
Qui brillent jour et nuit.
Chaque minute est un joyau
Qui renferme la Terre, l'océan et le Ciel.
Il suffit d'une respiration légère
Pour que tous ces miracles se produisent
Les oiseaux chantent, les pins murmurent et les fleurs s'épanouissent ;
Le ciel bleu et les nuages blancs sont là ;
Le regard brille, plein d'amour ;
Le sourire emplit le coeur.
Toi, la personne la plus riche sur Terre,
Tu erres depuis si longtemps.
Cesse de faire l'enfant prodigue,
Reviens et reçois ton héritage.
Offrons-nous le bonheur.
Vivons pleinement l'instant.
Laissons partir tout ce courant de souffrance
Et choyons la vie au creux de nos mains.

(Poème de Thich Nhat Hanh intitulé Notre véritable héritage, extrait de Une flèche, deux illusions, editions Dangles, 2000)

Arrêter la course pour m'établir heureux dans le moment présent

Question à Thay : Comment je peux me faire confiance?

18 Mars 2015

Vous pouvez avoir les sous-titres en français en cliquant sur la petite roue en bas de l'image à droite et en selectionnant "subtitles" puis en cliquant sur "french"

Des clés pour faire face au terrorisme

9 Janvier 2015

Des clés pour faire face au terrorisme

La racine du terrorisme doit être identifiée de telle sorte qu’elle puisse être éradiquée.

La racine du terrorisme est l’incompréhension, la haine et la violence.
Cette racine ne peut être localisée par des moyens militaires.
Les bombes et missiles ne peuvent l’atteindre et encore moins la détruire.

Seule la pratique du calme et du regard profond peut nous la révéler et l’identifier. Seule la pratique de l’écoute profonde et de la compassion peut la transformer. L’obscurité ne peut pas dissiper l’obscurité. Elle ne fera que la rendre plus dense.

Seule la lumière est capable de dissiper les ténèbres.

La violence et la haine ne seront pas dissipées par la violence et la haine. Elles ne feront que multiplier la violence et la haine par mille. Seules la compréhension et la compassion sont capables de dissiper la violence et la haine.
« Attaque contre la terreur » est une expression qui engendre la confusion. Ce que nous cherchons à frapper n’est pas la cause réelle, ce n’est pas la source de la terreur. L’objet de notre attaque est encore des vies humaines. Nous semons les graines de la violence au fur et à mesure que nous frappons. Ces attaques n’engendreront que plus de haine et de violence dans le monde. C’est tout le contraire de ce que nous désirons. La haine et la violence sont dans le cœur humain.

Un terroriste est un être humain avec de la haine, de la violence
et de l’ignorance dans son cœur.

Agir sans compréhension, agir avec de la haine, de la violence et de la peur contribuera à semer plus de terreur, à apporter plus de terreur dans les foyers des autres et dans nos propres maisons.
Des sociétés entières vivent constamment dans la crainte, soumettant nos nerfs à de rudes attaques, jour et nuit. Ce sont les maux qu’il nous faudra subir en conséquence d’une pensée et d’une action erronées. Un tel état de confusion, de peur et d’angoisse est extrêmement dangereux. Il peut provoquer une autre guerre mondiale qui serait extrêmement destructive.

Il nous faut apprendre à nous exprimer de telle manière que la voix du Bouddha puisse être entendue dans ce moment crucial de notre histoire. Que ceux d’entre nous qui possède la lumière en fasse usage et l’offre de telle sorte que le monde ne sombre pas dans l’obscurité.

Chacun possède la semence de l’Eveil dans son cœur.

Aidons-nous mutuellement à mettre à jour ces semences pour que chacun ait le courage de s’exprimer. Nous devons nous assurer que la manière dont nous vivons notre vie quotidienne (avec ou sans une consommation réfléchie, avec ou sans discrimination, avec ou sans participation aux injustices …) ne crée pas plus de terrorisme dans le monde.

Nous avons besoin d’un éveil collectif
pour stopper cette course folle à l’auto-destruction.

Thich Nhat Hanh,
le 19 October 2001

(extrait d'un discours offert par notre maitre après la destruction des tours jumelles à New York - USA)

S’il te plait, appelle-moi de mes vrais noms

 

Ne dis pas que je partirai demain –

Même aujourd’hui j’arrive encore.

 

Regarde profondément : j’arrive à chaque seconde

Pour être un bourgeon sur une branche printanière,

Pour être un petit oiseau, aux ailes encore fragiles,

Qui apprend à chanter dans son nouveau nid,

Pour être une chenille au cœur d’une fleur,

Pour être un joyau qui se cache dans une pierre.

 

J’arrive encore, pour rire et pour pleurer,

Pour craindre et pour espérer.

Le rythme de mon cœur et la naissance et la mort

De tout ce qui vit.

 

Je suis un éphémère qui se métamorphose

A la surface d’un fleuve.

Et je suis l’oiseau

Qui descend en piqué pour avaler l’éphémère.


Je suis une grenouille qui nage avec bonheur

Dans les eaux claires d’une mare,

Et je suis la couleuvre

Qui se nourrit en silence de la grenouille.

 

Je suis l’enfant en Ouganda, la peau sur les os,

Mes jambes fines comme des bambous.

Et je suis le marchand d’armes,

Qui vend des engins de mort à l’Ouganda.

 

Je suis la fillette de douze ans,

Réfugiée sur un petit bateau

Qui se jette à la mer

Après avoir été violée par un pirate.

Et je suis le pirate,

Mon coeur encore incapable

De voir et d’aimer.

 

Je suis un membre du Politburo,

Du pouvoir plein les mains.

Et je suis l’homme qui doit payer

Sa « dette de sang » à mon peuple

En mourant lentement dans un camp de travaux forcés.

 

Ma joie est come le printemps, si chaude

Qu’elle fait s’éclore les fleurs tout autour de la Terre.

Ma douleur est comme un fleuve de larmes

Si abondant qu’il remplit les  quatre océans.

 

S’il te plait appelle-moi de mes vrais noms

Ainsi je pourrai entendre d’un coup mes pleurs et mes rires,

Je pourrai voir que ma douleur et ma joie sont une.

 

S’il te plait appelle-moi de mes vrais noms,

Pour que je m’éveille

Et que la porte de mon cœur

Reste ouverte,

La porte de la compassion.

 

                                               -Thich Nhat Hanh

Ce poème fut écrit en 1978, pendant la période où nous aidions les « boat people ».