Rectificatif important pour le pèlerinage en Inde
Chère Sangha, tout d'abord, merci pour votre enthousiasme pour le pèlerinage en Inde en octobre prochain, et merci aussi pour votre patience et votre compréhension des informations régulièrement modifiées...
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Troisième témoignage pour la retraite d'hiver 2016-2017
Ecouter sa colère pour la transformer
Ce jour-là, une colère m'emporta si soudainement et si violemment que j'ai agressé verbalement la personne qui venait de me faire un reproche justifié.... malgré de nombreuses années de pratique des entraînements à la pleine conscience, de l'écoute compatissante et de la parole aimante et malgré mes compétences en communication non-violente : un comble !
Heureusement, je l'ai réalisé et j'ai pu rejoindre mon île intérieure pour m'excuser sincèrement sur le champ. Ouf, merci la pratique.
Le lendemain matin, durant ma méditation assise, j'ai eu le cœur à être là pleinement pour cette part de moi impulsive qui s'était manifestée après avoir réussi, ce qui n'est pas toujours le cas, loin de là, à m'établir sereinement le corps détendu, le cœur en paix et l'esprit libre... peut-être que c'est mon aspiration à comprendre et à aimer vraiment qui en avait produit l'énergie ?
J'ai donc évoqué la situation de la veille à l'origine de mon agressivité pour la revivre ‘sensoriellement’, consciemment, concentré sur ma respiration et mes perceptions corporelles avec la curiosité de découvrir d'où venait cette sur-réaction impulsive disproportionnée.
Pas de réponse pendant une minute, trois minutes, cinq minutes et je restais attentif, en paix, accueillant quand j'ai soudain ressenti une violente douleur à la mâchoire et des bourdonnements dans l'oreille, sur le côté droit du visage ????
Je suis resté concentré sur ma respiration et sur ce qui se manifestait ici et maintenant dans mon corps, sans penser, sans analyser, sans interpréter, sans mots, sans gestes pendant une à deux minutes. La douleur à la mâchoire et les bourdonnements dans l'oreille se sont progressivement estompés et une sensation de chaleur et de détente s'est diffusée sur mon visage et dans ma poitrine pendant que ma respiration devenait plus profonde.
Mon mental questionnant le rapport entre cette douleur soudaine et ma quête de compréhension du sens de ma réaction agressive de la veille, j'ai eu l'intuition claire que mon enfant intérieur venait de me montrer ce qu'il subissait quand tout petit il faisait des "bêtises" : il recevait une "bonne" gifle !
Je n'ai pas eu sur le champ l'élan de lui manifester ma tendresse par une caresse de la main sur la joue douloureuse comme me l'a suggéré plus tard une grande sœur à qui je m'en étais ouvert. Je l'ai fait depuis....
Et puis j'ai persévéré avec la pratique des quatre mantras de l'amour que notre cher Thây nous a offert : "Mon enfant intérieur giflé, je sais que tu es là et je suis heureux", "Je sais que tu souffres" "sais-tu que j'ai besoin de toi ?"
Je lui ai dit qu'il n'était plus seul et que lorsqu'il nous arrivera encore de faire des bêtises, je serai là pour respirer avec lui et le protéger. Il m'a dit qu'il était soulagé de sa peur, que ce dont il avait besoin c'était de respect - ne pas être battu, blessé - et de liberté - de s'amuser, de découvrir, d'expérimenter. Il m'a permis de retrouver de la "fraîcheur" - de la spontanéité - et petit à petit son énergie qui était devenue défensive se transforme en enthousiasme, en joie.
La vie est belle, il n'est pas seul et il y a bien d'autres "formations mentales" personnelles et collectives en guérison et en transformation !
Et comme dit Thây :
"Il n'y a pas de chemin vers le bonheur, le bonheur est le chemin"
Bonne route
De nouveaux Frères et Sœurs novices dans la Sangha
Quel bonheur, une cérémonie d'ordination pour les tout nouveaux novices vient d'avoir lieu le 14 décembre dernier, conduite simultanément au Village des Pruniers, au centre International Plum Village Thailand et au monastère de Blue Cliff près de New York !
La Sangha monastique a l'immense joie d'accueillir 50 jeunes Frères et Soeurs... et devinez quoi, quatre d'entre eux au Village des Pruniers sont français. Les autres nationalités représentées sont le Canada (Québec), les Pays-Bas, l'Allemagne, les Etats-Unis, le Mexique, l'Argentine, la Nouvelle-Zélande, le Japon, le Vietnam... (et parmi ces belles personnes, il y a encore quelques francophones :)
Profitez donc de quelques photos :)
Frère Pháp Hữu, l'abbé du Hameau du Haut qui fut lui-même ordonné à l'âge de 14 ans, va offrir l'encens pour ouvrir la cérémonie d'ordination.
Thay, notre maître, était présent pour toute la durée de la transmission des préceptes en Thailande. Un moment de légende pour tous les jeunes aspirants là-bas qui ne l'avaient jamais rencontré jusqu'alors.
La cérémonie commence, les aspirants s'avancent solennellement au centre de la communauté. La soeur aînée de cette famille d'ordination est française, son nom monastique est Trăng Mai Lâm (Lune de la Forêt de Pruniers)
Le novice québecois, Frère Trời Đức Hành (Ciel de la Vertu de l'Action), est déjà le grand frère de 49 autres novices !!!
Nico, l'un des trois jeunes hommes français qui est devenu novice. Son nom d'ordination est Trời Đức Định (Ciel de la Vertu de Concentration)
La première mèche de cheveux est coupée en prononçant un grand voeu. Ici, vous reconnaissez certainement François, qui porte maintenant le nom Trời Đức Hiền (Ciel de la Vertu de Bonté)
Voilà le troisième frère français, Nicolas, qui a reçu le nom Trời Đức An (Ciel de la Vertu de Paix). C'est peut-être son papa qui aide à raser sa tête ?
Le novice le plus jeune au Hameau du Haut vient de Nouvelle-Zélande. C'est Frère Tròi Đức Trú (Ciel de la Vertu de la Demeure). Là, c'est le moment où il est béni de l'eau de la compassion et bien sûr, de la profonde pratique de concentration d'un moine et d'une moniale aînés.
La soeur novice la plus jeune au Hameau Nouveau est aussi une enfant de la Maison de l'Inspir ! C'est Soeur Trăng Mai Phương (Lune de la Fragrance de Fleur de Prunier). La voici objet du coup adroit et affectueux de ciseaux et de rasoir de ses nouvelles grandes soeurs.
Toute la famille des novices ordonnés en France (chaque groupe ordonné dans notre Sangha porte le nom d'un arbre, et ceux-ci ont la chance d'être... des pruniers !). Par tradition après avoir rasé leurs têtes et endossé la robe de novice, ils sont introduits dans la cabane de notre maître pour une tasse de thé avec Thay et les aînés de la Sangha monastique, et pour une joyeuse séance de photos...
Troisième message pour la retraite d'hiver 2016-2017
Troisième facteur d’éveil : vīrya, l’énergie
C’est la troisième branche de l’arbre des Facteurs d’Eveil.
Vīrya est le mot sanskrit qui veut dire énergie, vigueur, diligence ou encore persévérance dans la pratique de la pleine conscience. Ce troisième facteur d’éveil correspond aussi à la quatrième Paramita (la Perfection de l’Energie - Vīrya Paramita), ainsi qu’à la sixième branche du Noble Sentier Octuple : l’Effort Juste.
Dans notre pratique de la méditation bouddhiste, c’est-à-dire l’attention à la respiration et au corps, aux sensations, aux perceptions, aux formations mentales, à la conscience, à chaque instant de la vie quotidienne et bien sûr pendant les sessions de méditation et de retraites, il se peut que nous ayons moins de courage, moins d’énergie. Nous trouvons que notre pratique ne nous apporte plus de joie, nous ne nous sentons plus paisibles pendant l’assise, et pendant la marche nous sommes distraits par ceci ou par cela. De même pour les partages sur le Dharma qui semblent parfois nous apporter de l’ennui ou de la lassitude ou bien les enseignements que l’on a déjà entendus plusieurs fois… Cela ressemble beaucoup à un manque d’énergie, ou peut-être celle-ci est-elle mal orientée : nous sommes tiraillés dans un sens ou dans un autre concernant telle ou telle pratique, ou impatients d’atteindre un but qui ne vient pas, ou bien encore nous nous demandons pourquoi nous souffrons toujours autant, pourquoi nous ne connaissons pas le bonheur ou pourquoi notre corps nous fait si mal… Nous risquons encore de trouver que la pratique de la méditation est quelque chose de très répétitif finalement, un peu comme la vie quotidienne dans laquelle les jours se suivent et se ressemblent étrangement ! Et ainsi toute une vie peut se dérouler comme un rêve, sans que nous soyons vraiment présents pour nous-mêmes, pour notre famille.
Alors, il se peut, comme nous le dit Thầy dans le paragraphe concernant l’énergie, du Cœur des Enseignements du Bouddha, que nous n’ayons pas encore trouvé un sens à notre vie ou un sens dans notre pratique.
Nous voudrions ici vous rappeler cette anecdote concernant Milarepa qui fut un maître tibétain :
Alors que pour la énième fois Milarépa voulut suivre l’enseignement de son Maître, celui-ci le rejeta à nouveau sans ménagement. Déçu, Milarépa s’en retourna dans la montagne où il vivait, et entreprit de se préparer du thé. Bien sûr il avait besoin de faire du feu pour faire fondre la glace et la neige afin d’avoir de l’eau chaude, et donc Milarépa chercha du bois dans les environs de sa grotte. Quand il eut fini cela et que le feu fut allumé, que l’eau fut chaude et qu’il put boire enfin son thé, Milarépa fut tout à coup surpris de voir le nombre de traces de pas qu’il avait laissées dans la neige pour ramasser du bois. Il se dit ceci : « combien d’énergie et de persévérance ai-je dû avoir pour boire ce bol de thé chaud ! » Puis il réalisa qu’il en était de même avec la pratique de la pleine conscience et qu’il devait encore avoir de la patience et de la persévérance avec son Maître qui, certainement, l’accepterait bientôt.
Ainsi en est-il de même pour nous tous, et peut-être devrons-nous avoir beaucoup de persévérance, de patience, afin qu’un jour nous trouvions le sens véritable à donner à notre pratique de la pleine conscience et à notre vie.
Cependant, l’enseignement de Thầy, nous dit aussi que nous pouvons être libres de tout souci concernant le passé, libres des inquiétudes à propos du futur et même libres du présent auquel nous pourrions être attachés, et cela dès le premier pas, dès la première inspiration… n’est-ce pas ?
Il n’est pas nécessaire de faire de longues méditations assises qui nous demanderaient beaucoup d’énergie et dans lesquelles nous pourrions nous égarer, ni de réciter des Sutras à longueur de journée, surtout si ces pratiques nous éloignent de notre environnement familial ; cette énergie-là serait sans aucun doute mal employée.
Voici quelques exercices à mettre en œuvre très simplement, en appliquant ce que nous avons appris des deux premiers messages concernant la Pleine Conscience et l’Investigation des Phénomènes. Il va sans dire d’ailleurs que l’Energie est intimement liée à la pratique de la Pleine Conscience et de l’Investigation des Phénomènes, des dharmas.
Proposition d’exercices afin de diriger notre énergie :
- La méditation assise : choisir un moment dans la journée, sinon le matin et/ou le soir, pour pratiquer la méditation assise (pas plus de 10 minutes à la fois pour commencer) dans un endroit agréable et frais que l’on a réservé pour cela, avec une fleur par exemple. S’installer confortablement sur un coussin ou une chaise.
Le sens de cette pratique, et c’est le sens qu’on lui doit donner, est de s’asseoir juste pour s’asseoir, respirer juste pour respirer, le corps bien droit et sans tension aucune. Nous n’avons rien d’autre à faire afin de générer une énergie paisible et reposante.
(Ceci n’est pas un exercice intellectuel où l’on pense à quelque chose, bien au contraire, lâchons prise de toute activité cérébrale, notre concentration établie juste sur notre posture et notre respiration). Si nous nous sentons fatigué ou agité et que la méditation assise devient impossible alors nous devons remettre à plus tard cet exercice.
- Nous avons le temps : notre vie est souvent divisée en plusieurs périodes, un temps pour le travail, un temps pour la vie de famille, un autre temps pour les loisirs ou encore un temps pour la méditation. Apprenons à voir et à observer nos sensations qui changent au fur et à mesure que nous sommes dans telle ou telle activité.
Comment nous sentons-nous pendant le travail, ou en famille à la maison ?
Quelles sont nos sensations pendant nos loisirs, ou pendant le temps que nous réservons à la méditation, ou que nous passons au Village des Pruniers, à la Maison de l’Inspir ?
Est-ce qu’à chacun de ces moments nous sommes la même personne ou bien nous sentons-nous différents selon la situation ?
Apprenons à ne pas faire de différence entre les moments de notre vie, certains agréables et d’autres non, restons attentifs à nous-mêmes par la respiration consciente et l’observation de nos sensations. Voyons qu’à chaque instant nous sommes toujours la même personne.
Le sens de cet exercice est d’atteindre à plus de disponibilité, de liberté par rapport aux évènements, par rapport à soi-même et à autrui, avec bienveillance.
- Pratiques quotidiennes : pour revenir à soi et ne pas se disperser, nous nous proposons de profiter de tous ces moments de notre vie quotidienne qui peuvent sembler routiniers, lassants, pour établir la pleine conscience et faire naître une énergie paisible.
Faire la cuisine, laver la vaisselle, laver le linge, faire le ménage, etc…
- les légumes sont frais, beaux, appétissants : ils sont aussi composés de lumière, de pluie, de terre, du travail des agriculteurs…
- la vaisselle est sale, mais grâce à l’eau et un peu de savon elle va retrouver sa beauté ; l’eau qui vient des profondeurs de la terre, des montagnes, des nuages.
- le linge aussi est sale avant d’être lavé, et il retrouvera son aspect tout propre par la suite ; il est composé de coton, de laine, de lin, ou autres matières, de fil, du travail de nombreuses mains qui ont participé à sa confection…
- ôter la poussière des meubles, nettoyer la cuisine et la salle de bain, nettoyer le sol ; nos gestes deviennent plus lents et s’accordent avec notre respiration, nous prenons notre temps et chaque « travail » est fait avec profondeur comme si c’était la seule chose que nous ayons à faire dans la vie. Même si nous ôtons la poussière, elle reste toujours là présente et disponible pour nous : voyons peut-être qu’il n’y a pas de but à atteindre car cela est déjà fait…
En tant que pratiquants, pratiquantes, nous cherchons à être plus paisibles en nous-mêmes, plus disponibles, plus libres, afin de générer une énergie de paix qui nous baignera et qui se répandra tout de suite dans notre entourage. Cela pourrait être le sens de notre vie, notre intention, et nous pouvons le réaliser tout de suite à travers tous nos gestes quotidiens.
Se faire un café est un geste ordinaire et courant, mais se faire un café en observant attentivement tout ce qui compose le café, tout ce qui fait que le café est là dans notre tasse, nous permettra d’apercevoir sans doute un monde infini : le monde du « non café » ! Et nous pouvons faire cela immédiatement.
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