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Etude et pratique des 40 principes de l'enseignement du Village des Pruniers - Première partie

9 Décembre 2017

Chère Sangha, ne soyez pas intimidés par la longueur et la densité de cette première partie de notre étude des 40 principes de l'enseignement du Village des Pruniers ! Rassurez-vous aussi car nous allons prendre notre temps ; nous n'irons pas jusqu'au bout des 40 thèses d'ici la fin de cette retraite d'hiver. Laissez la terre de la conscience profonde absorber cette nourriture, faites-lui confiance pour que les graines de vision profonde germent au moment voulu.

Lisez tranquillement, par petits bouts si nécessaire.

 

Les Quarante Principes ont été formulés et enseignés par Thầy au Village des Pruniers à partir de la retraite d'hiver 2005-2006 jusqu'à la retraite d'hiver 2006-2007. Ils servent de base pour les enseignements et les pratiques du Village des Pruniers et pour nos entraînements à la pleine conscience, qu’il s’agisse des Cinq Entraînements des laïcs, des Dix Préceptes des novices, des Quatorze Entraînements de l’Ordre de l’Inter-Etre, des grands préceptes (Pratimoksha) des moines et nonnes pleinement ordonnés.

Au début des années 90, Thầy a offert de nombreux cours sur l’histoire de la pensée bouddhiste dans un certain nombre de retraites d’hiver, y compris « La Tradition Vivante de la Pratique de la Méditation », « les Soutras de la Transmission du Sud », « Les Soutras de la Transmission du Nord » et en 2005 « La Roue des Commentaires des Différentes Ecoles » qui traite des différents principes détenus par plus des vingt premières écoles bouddhistes différentes. Ces enseignements donnent un aperçu de l’histoire de la pensée bouddhiste. (Notez que pour l'instant les livres de Thay issus de ces séries d'enseignements sont disponibles en vietnamien uniquement. Nous avons conscience de la nécessité et de l'utilité de les rendre accessibles dans les autres langues dès que possible, surtout que les traductions orales vers l'anglais et le français réalisées lors de certains discours directs de Thay existent en enregistrements audio quelque part dans nos archives au Village des Pruniers.)

 

Les quarante principes représentent la tentative entreprise par Thầy pour identifier et définir les enseignements que nous maintenons, apprenons et transmettons au Village des Pruniers et pour saisir notre relation avec les différents chemins dans l’histoire du bouddhisme. Ils sont le résultat de l’étude des enseignements bouddhistes, des méthodes et de la pratique de Thầy et de la communauté du Village des Pruniers, ainsi que du regard profond sur l’évolution des différentes écoles bouddhistes et leurs enseignements.

 

Thầy a partagé plusieurs fois qu’en tant que pratiquants bouddhistes, nous devons de temps à autre revenir et nous baigner dans les eaux de la source du bouddhisme. Au Village des Pruniers  nous avons « un désir profond de comprendre le sens originel du Bouddha, l’enseignant qui a commencé cette lignée, ainsi qu’un désir d’étudier et de pratiquer de telle sorte que tout en étant fidèle aux enseignements originaux, nous sommes également en mesure de répondre aux besoins de la pratique spirituelle et de la transformation de notre temps. Cent quarante ans après que le Bouddha entre en nirvana et jusqu’au début du Mahayana, les différentes écoles du bouddhisme de l’époque ont agit de la sorte, et bien sûr, notre communauté se doit de faire la même chose. »

Thầy nous rappelle aussi : « Il est possible que notre façon de voir d’aujourd’hui va changer un jour pour s’adapter à une manière de regarder qui sera plus profonde et plus pertinente demain. En étant fidèle à l'attitude d'ouverture et à la pensée non-dogmatique du bouddhisme, le Village des Pruniers tient toujours la porte grande ouverte au changement, donc n’adopte jamais une attitude rigide et dogmatique qui voudrait que seule sa façon de voir les choses est juste. C'est là notre pratique continue afin d’éliminer l’obstacle de la connaissance fixe ((jñeyāvaraṇa) et de toujours avoir la possibilité d’aller de l’avant.

 

De cette façon, le Bouddhisme change, s’adapte et progresse de la même manière que le fait la science pour servir l’humanité toujours plus efficacement. Nous avons trop longtemps été influencés par la maxime: "La répétition plutôt que la créativité”. Cette attitude appartient au croyant religieux pieux plus qu’au chercheur. Nous devrions avoir le courage de revoir ce que nous avons appris à la lumière de notre pratique et de notre réflexion. Alors seulement, nous établirons un bouddhisme véritablement moderne, bien adapté à notre culture, et nous ne serons pas retenus dans un bouddhisme formel et théorique emprunté à l'Asie. » ** D'après des extraits de l'introduction du livre "Lang Mai nhin Nui Thuu" (Le Village des Pruniers regarde le Pic des Vautours) de Thich Nhat Hanh, publié en 2014.

 

Premier principe :

L’espace n’est pas un dharma (phénomène) inconditionné. Il se manifeste ensemble avec le temps, la matière et la conscience.

 

Pourquoi est-ce que Thay commence par ce principe-là ? Certainement parce qu’il reconnaît que notre façon de voir le monde est fondamentalement biaisée par un certain nombre d’idées fixes, de croyances latentes bien ancrées dans le mental. Effectivement nous pouvons avoir l’idée que l’espace est l’espace, et qu’il n’est pas le temps, encore moins la matière. Cela ne nous semble pas compliqué de pointer du doigt l’inter-être entre la rose et la terre, mais quand il s’agit de l’interdépendance ‘absolue’ entre l’espace et la conscience, c’est déjà plus lointain, moins accessible à notre regard. Et pourtant c’est vrai, l’espace n’est fait lui aussi que d’éléments non-espace. La conscience n’est faite que d’éléments non-conscience.

 

Voyons ce qu’explique Thay :

« Ce premier principe en amène de nombreux autres de la même sorte avec lui. Autrefois lorsque les maîtres regardaient des objets tels une table, une fleur, un nuage, etc, ils reconnaissaient que ces choses sont toutes changeantes, impermanentes, et dénuées d’un soi. Ces phénomènes sont manifestés par le rassemblement de conditions c’est pourquoi ils sont dits conditionnés (samskrta). Une fleur, un être humain, un nuage, sont tous conditionnés. Lorsque les conditions ne sont plus suffisantes, ces phénomènes sont dissous, donc nous les appelons conditionnés.

Mais en regardant l’espace, il semble à nos yeux que celui-ci soit inchangeant, qu’il ne s’appuie pas sur les autres objets. Qu’il y ait un nuage ou pas, qu’il y ait de la pluie ou non, qu’il y ait une conscience ou non, que la lune et le soleil soient présents ou pas, l’espace est toujours l’espace.

(…) Au Village des Pruniers, nous voyons que l’espace est une notion et que la notion d’espace est créée par la notion du temps, de la matière et de la conscience. L’espace a trois dimensions (horizontale, verticale et transversale). Mais il existe encore une quatrième dimension qui est celle du temps. Einstein a parlé de ces quatre dimensions du continuum espace-temps.

Si nous regardons bien, nous voyons que l’espace est fait du temps et que le temps est fait de l’espace, que l’espace est fait de la matière et que la matière aussi est faite de l’espace. A la lumière des sciences modernes, nous voyons clairement ceci : avant tout l’espace est un concept, une notion ; et la notion d’espace ne peut être détachée de la notion de temps ; elle ne peut être détachée de la notion de matière ; et en particulier, elle ne peut être prise à part de la notion de conscience. Par conséquent, l’espace n’est pas une réalité objective, mais une création de l’esprit. L’espace contient le temps, il contient la matière et la conscience. Si nous retirons le temps, la matière, la conscience de l’espace, celui-ci ne sera plus l’espace ; donc l’espace n’est pas une chose inconditionnée.

Dans le soutra d’Avatamsaka (Discours de la Guirlande de Fleurs) il est dit ceci : l’un contient le tout. En ce qui concerne l’espace, l’un contient le tout. Un grain de poussière contient les trois chiliocosmes (dans la cosmologie bouddhique ce mot désigne un monde de mille régions) or un grain de poussière est de la matière, ce qui signifie que la matière est reliée à l’espace. La science nous apprend que là où la matière est condensée, l’espace se rétracte. Nous voyons donc que la matière et l’espace inter-sont, qu’ils s’affectent l’un l’autre. Il est erroné de dire que l’espace n’est pas influencé par la matière. L’espace est la matière ; la matière est l’espace. La forme et le vide sont très proches, ils sont l’un l’autre ; l’un contient le tout.

(…) S’il faut distinguer les phénomènes en deux catégories, d’une part les choses conditionnées et de l’autre les choses inconditionnées, nous ne pouvons pas dire que l’espace soit un phénomène inconditionné. Si nous devons parler de dharmas inconditionnés, il n’y a alors qu’un dharma inconditionné et c’est le nirvana, c’est-à-dire l’ainsité, la nature de non-naissance et de non-mort, la fondation de tous les dharmas. (…) Tout comme toutes les vagues sur l’océan montent et descendent tandis qu’une chose ne monte ni ne descend : l’eau. Le nirvana est ainsi, c’est la fondation de tous les phénomènes.»

 

 

 

Deuxième principe :

Dans la dimension historique, tout dharma est un dharma conditionné. Dans la dimension ultime, tout dharma est un dharma inconditionné.

 

« Ce n’est que provisoirement que nous distinguons les dharmas conditionnés et inconditionnés. En fait nous ne pouvons pas placer le nirvana à côté des dharmas conditionnés et appeler le nirvana un dharma (phénomène). C’est comme pour l’eau, nous ne pouvons pas dire que l’eau est l’une des vagues. Ces dernières montent et descendent, naissent et meurent. Mais il y a quelque chose qui ne naît ni ne meurt, ne monte ni ne descend, et que nous appelons l’eau. C’est une erreur de dire que l’eau est un phénomène et de la placer au même niveau que les phénomènes de vagues, de dire que l’eau est une des vagues.

La même chose est vraie entre le nirvana et les phénomènes conditionnés. Nous avons étudié suffisamment pour être capables de voir que sur le plan phénoménal, le plan de la dimension historique, tous les dharmas conditionnés connaissent la naissance et la mort, l’être et le non-être, l’existence et la disparition. Cependant dans la dimension ultime de la réalité, les phénomènes ne naissent ni ne meurent, ne montent ni ne descendent, ne viennent ni ne partent. Un dharma tel cette fleur de chrysanthème, sur le plan des phénomènes, est conditionné puisqu’il dépend de conditions pour se manifester et qu’il dépend de conditions pour se dissoudre. Mais dans la dimension ultime, la nature propre du chrysanthème est la non-naissance et la non-mort, le non-être et le non-non-être, la non-existence et la non-disparition. En regardant bien, le chrysanthème est également inconditionné. C’est ce qui apparaît très clairement dans les enseignements du Mahayana : la nature originelle des dharmas est la vacuité ; ils ne naissent ni ne meurent, ne sont ni purs ni impurs, ni croissants ni décroissants. Pour cette raison, il n’existe aucun dharma qui soit conditionné, tous les dharmas sont inconditionnés, sans naissance et sans mort, sans montée et sans descente, sans être et sans non-être.

Nous avons commencé par dire que l’espace n’est pas un dharma inconditionné ; à présent nous affirmons l’inverse : l’espace est aussi un dharma inconditionné. La phrase « l’espace n’est pas un dharma inconditionné » est une porte d’entrée, et non un dogme dans lequel nous enfermer. En disant : « l’espace n’est pas un dharma inconditionné », nous pourrions être piégés par une distinction entre ce qui est conditionné et ce qui ne l’est pas. Mais grâce à notre capacité de contempler et d’abandonner les termes et les notions, nous pouvons voir que l’espace aussi est inconditionné.

(…) Si vous venez de la tradition chrétienne, il se peut que vous éprouviez des difficultés lorsque vous pensez à Dieu, parce que dans la théologie chrétienne Dieu est le créateur, tandis que toutes les choses que nous rencontrons sont les créatures. Certains théologiens chrétiens affirment que « Dieu est la fondation de l’être », ce qui est très proche de la pensée « l’inconditionné est le nirvana ». Dire que Dieu est la fondation de l’être, c’est comme de dire que le nirvana est la dimension ultime de tout ce qui naît et meurt.

Ne recherchons pas le nirvana en dehors de la naissance et de la mort. Dans le cycle de naissance et de mort, il y a le nirvana. La naissance et la mort ne sont que des illusions. L’essence du chrysanthème ou du nuage, c’est le nirvana, la non-naissance et la non-mort.»

 

Comme cela nous est rappelé dans la Sangha, nous sommes invités à toujours étudier les enseignements, les soutras, les shastras (commentaires) et les entraînements à la pleine conscience (vinaya) en nous posant la question : quel rapport cela a-t-il avec ma vie de tous les jours ? Comment puis-je toucher concrètement, régulièrement l'inter-être et la dimension ultime de la réalité ?

... Après cette immersion dans la vision perçante de notre maître Thay, déposons toute cogitation et tout effort intellectuel par un Toucher de la Terre. Nous vous proposons plusieurs modalités de pratique en fonction de votre préférence :

  1. Lire régulièrement le texte pour vous laisser imprégner.
  2. Le lire après une méditation silencieuse où vous avez pris le temps de revenir à votre respiration, à votre corps, à vos sensations pour rendre votre esprit disponible à l'accueil du sens du texte.
  3. Pratiquer le Toucher de la Terre avec votre Sangha (voir les instructions sur les sons de cloche, etc, au bas du texte)

Vous pouvez lire le texte à voix haute en vous tenant debout devant votre autel ou tourné vers la nature, et prendre la posture du Toucher de la Terre à la fin.

Cher Bouddha, chaque fois que je marche sur la Terre, je réalise que matière et esprit ne sont que des notions, deux facettes d'une même réalité. Le chêne n'est pas seulement de la matière car il a le savoir en lui. Un grain de poussière n'est pas uniquement de la matière puisque chacun de ses atomes contient l'intelligence, c'est une réalité vivante. Quand je regarde la Terre profondément, je peux y voir la présence du soleil et sa chaleur qui aident toute chose à naître et à grandir. Si cette planète est si belle, c'est grâce à la chaleur du soleil. Je peux aussi y voir les ruisseaux d'eau fraîche couler depuis les profondeurs. Sans l'eau, comment y aurait-il de la vie sur cette planète ? Je peux également sentir la présence de l'air et de tous les gaz dans l'atmosphère comme l'oxygène, le dioxyde de carbone... Sans ces gaz, il n'y aurait pas de vie et il n'y aurait pas non plus la beauté du saule vert, des fleurs jaunes, toutes ces petites merveilles de la nature. Partout je peux voir les quatre éléments : la terre, l'eau, l'air et le feu. La terre est l'un des quatre éléments fondamentaux mais elle contient les trois autres éléments car elle est faite d'éléments non-terre. Il en est de même pour l'eau, l'air et le feu : un élément contient les trois autres. Ces quatre éléments portent aussi en eux le temps, l'espace et la conscience. Ils inter-sont et se relient les uns aux autres. Ils inter-sont également dans mon corps de manière merveilleuse. Les quatre éléments présents dans mon corps et les quatre éléments présents dans le cosmos ne sont pas des réalités séparées. Ma nature est aussi la nature de la Terre et de tout l'univers, c'est la nature de l'inter-être.

Je veux toucher la Terre avec mon front, mes deux bras, mes deux jambes, afin de sentir que je fais un avec la Terre-Mère, que je fais un avec la lumière du soleil, avec les rivières, les lacs, l'océan, et avec les nuages dans le ciel immense... La Terre-Mère m'a mis au monde, elle me porte et me nourrit. Elle m'a laissé me manifester des milliers de fois dans le passé et elle me fera me manifester encore et encore dans l'avenir. Elle m'a offert un corps merveilleux qui est aussi le sien.

( Silence pendant trois respirations)

De tout mon coeur, je touche la Terre trois fois pour lâcher prise de l'idée que je suis ce corps et pour faire un avec la Terre.

(Si vous pratiquez en Sangha avec une cloche, invitez maintenant un son de cloche pour que tous les pratiquants touchent la Terre. Restez en contact avec la Terre pendant trois longues respirations, puis invitez un demi-son de cloche comme signal de se relever, suivi de deux nouveaux sons de cloches et Touchers de la Terre)

 

Retraite francophone à l'EIAB en janvier 2018 - Prendre soin de l'enfant intérieur

9 Décembre 2017

Chères amies et chers amis de pratique, 

C'est avec grande joie que nous vous convions à notre retraite du jeudi 18 au dimanche 21 janvier 2018 sur le thème de la Réconciliation avec l'Enfant Intérieur. Nous aurons la grande chance de le vivre à l'EIAB (Institut Européen du Bouddhisme Appliqué), l'un des monastères de Thich Nhat Hanh, en Allemagne et, donc, tout près de chez nous ...!!

Au coeur de l'hiver, cela s'annonce un précieux moment à vivre sur notre chemin de guérison, avec le soutien des pratiquants francophones de différentes sanghas et la bienveillante guidance de notre chère Soeur Bi Nghiem.  

Pour le confort de tous, cette retraite sera donnée en français et anglais (traductions assurées) ; et elle est donc ouverte à nos amis belges, français, suisses....  

Contrairement à l’an dernier et conscients des difficultés de compréhension liées à la langue, les inscriptions se feront directement par mail à l'EIAB, comme indiqué plus bas. Le covoiturage est aussi facilité si vous le souhaitez, en passant par ce lien

Retraite francophone à l'EIAB en janvier 2018 - Prendre soin de l'enfant intérieur

Attention, bien que le formulaire en ligne pour le covoiturage demande de communiquer vos coordonnées complètes ainsi que votre heure d'arrivée et durée de séjour, il ne tient pas lieu d'inscription....

Les détails concrets demandez-vous? Nous vous proposons d'arriver dans l'après-midi du jeudi 18 janvier afin d'avoir le temps de vous installer dans votre chambre avant de prendre le repas ensemble à 18h et démarrer juste après; le dimanche, nous nous dirons joyeusement au-revoir vers 16H après un dernier moment de bilan/partage ...Pensons à prévoir notre matériel de toilette et des vêtements chauds, ainsi que des chaussures appropriées aux marches dans la belle nature environnante.   

Entre les deux, un beau programme de pratique et réconciliation avec notre petit enfant nous attend et nous sommes certains que Sr Bi Nghiem va nous choyer... nous sommes aussi toutes et tous là les uns pour les autres, nous soutenant sur ce beau Chemin de transformation et .. de Joie; …

Pour les ami(e)s francophones qui ne connaissent pas l’allemand, nous vous invitons à vous inscrire :

directement par mail à l’adresse registrar@eiab.eu : précisez alors bien ceci :

  • nom, prénom, sexe, âge, adresse postale et mail, téléphone
  • Sangha d'origine (et ville), transmission 5EPC? oui/non ou 14 EPC?
  • date et heure d'arrivée, date de départ
  • langue maternelle, autre langue connue
  • personne à contacter en cas de problème
  • remarque éventuelle?
  • est-ce mon 1er séjour à l’EIAB? À quelle occasion suis-je déjà venu(e)?
  • choix des chambres et prix par personne et par nuit :  soit chambre privée sans sdb privée : 90 euros par nuit ; soit chambre privée avec sdb privée : 110 euros par nuit ; soit chambre double sans sdb privée : 75 euros/nuit ; soit chambre double avec sdb privée : 90 euros/nuit ; soit chambre de 3 ou 4 personnes : 65 euros par nuit . Veuillez noter qu’il n’y a qu’un petit nombre de chambres privées et de chambres avec sdb ; elles sont plutôt réservées pour des raisons de santé. Si vous êtes concerné, inscrivez-vous donc en l'expliquant.
  • Si vous désirez partager une chambre avec une autre personne précisez-le et donnez les coordonnées de cette personne (nom, prénom, sangha).

Si vous parlez anglais ou si vous avez des questions concernant l’inscription , vous pourrez téléphoner à l'EIAB au numéro et horaires repris ci-dessous :

+49 (0) 1575 2065922
Mardi: de 12h à 17h
Mercredi: de 15h à 17h
Vendredi: de 11h à 14h

 

Dans tous les cas, pensez bien à compléter le document relatif au covoiturage.. car c'est aussi une façon pour nous de savoir qui participe..  

les inscriptions sont ouvertes dès à présent …

Et, pour nous préparer au mieux à ce bel atelier, la lecture du livre 'Prendre soin de l'enfant intérieur' de Thich Nhat Hanh peut être précieuse (en librairies en version Belfond ou poche). (Et aussi simplement la vidéo publiée sur le site de Belfond vaut la peine de prendre deux minutes !)

 

Espérant vous y revoir et pratiquer ce beau programme avec vous,

pour les sanghas francophones de Belgique,

Pratique de la pleine conscience des oreilles et des sons

5 Décembre 2017

Méditons sur nos six sens

 

Chère Communauté,

Nous allons poursuivre notre voyage intérieur sur les impressions sensorielles, toujours en lien avec le Cinquième Entraînement à la Pleine Conscience. Dans ce deuxième message de la retraite d’hiver chez soi, nous aborderons plus particulièrement les sons, l’ouïe et l’oreille. Bien sûr nous essaierons de voir comment nous consommons tous ces sons qui nous entourent et qui peuplent notre vie de tous les jours, sans que parfois nous y soyons attentifs.

 

En effet, notre vie quotidienne est remplie de sons de toutes sortes et de toutes natures, et la plupart de ces sons, de ces bruits sont le fruit de notre activité, notamment dans les grandes métropoles mais aussi dans les campagnes.

Nous pensons peut-être avoir davantage de besoins et nous cherchons sans cesse de nouveaux moyens pour satisfaire ces besoins ; mais allumons la torche de la pleine conscience…

 

La pleine conscience de nos oreilles en premier, en prenant contact avec cette partie de notre corps capable de capter les sons, capable d’entendre et d’écouter, sans attendre d’avoir une maladie comme une otite par exemple qui révèlerait cette conscience et de ce fait nous indiquerait  la présence de nos oreilles : l’oreille externe bien visible, et nous sommes bien conscients de sa présence et l’oreille interne invisible que nous pouvons ressentir grâce aux sons.

  • Prendre soin de nos oreilles en portant notre attention sur elles pendant la toilette (ou à un autre moment) ; nous pouvons faire des petits massages, les oreilles étant le lieu de plusieurs points d’énergie
  • Prendre soin de nos oreilles internes en ne portant pas trop longtemps de casques musicaux et en ne mettant pas le volume trop fort
  • Faire attention à certaines nourritures comestibles qui parfois, selon la sensibilité de chacun, chacune, peuvent provoquer des inflammations ou des maladies

 

La pleine conscience des bruits et des sons qui sont captés physiquement par nos oreilles puis ensuite envoyés à notre cerveau ; nous savons que les sons se présentent sous forme d’ondes propagées par l’air tout comme celles que nous voyons à la surface de l’eau, et si ces ondes sont trop fortes ou intense elles peuvent endommager nos oreilles. Mais aussi, ces sons et ces bruits peuvent faire naître en nous des sensations, agréables ou désagréables, voire neutres.

  • Reconnaître et être attentif, attentive, aux bruits dans notre maison ou aux alentours et voir si ces sons nous apportent du bien-être ou non
  • Prendre soin de notre sensation en écoutant des émissions ou des morceaux de musique qui ne soient pas agressifs
  • Trouver dans notre emploi du temps des moments de calme, plus silencieux

 

La pleine conscience de notre consommation vis-à-vis des sons, ce qu’ils nous apportent comme nourriture ou bien est-ce que ces sons nous permettent de fuir une certaine réalité que nous n’aimons plus ? Est-ce que nous nous isolons du monde extérieur par le biais de la musique par exemple ?

  • Voir comment un son est capté par notre oreille et analysé par notre esprit à travers le filtre de nos perceptions erronées, à travers le filtre de nos connaissances
  • Voir comment l’on se nourrit de sons et si cette nourriture n’est pas un moyen de fuir la réalité, de fuir un problème auquel nous ne voulons pas être confronté
  • Voir comment certaines conversations, certaines émissions audio ou certaines musiques peuvent être toxiques, dans le sens où cela génère du désespoir et de la tristesse
Pratique de la pleine conscience des oreilles et des sons

Avant d’aborder une méditation guidée tirée de « Un lotus s’épanouit » de Thích Nhất Hạnh, nous pouvons aussi nous exercer à cultiver une pratique des sons plus nourrissante et plus agréable :

  • En allant se ressourcer dans la nature en forêt, écouter le crissement des feuilles mortes sous nos pas, le craquement des brindilles… s’arrêter un moment et « tendre l’oreille », peut-être entendrons-nous les arbres parler !
  • Se promener au bord d’une rivière et prendre le temps là aussi de s’arrêter pour écouter la chanson de la rivière
  • Rester au calme chez soi en éteignant la radio ou la télé, en mettant de côté son I-Pod  ; écouter les bruit de notre maison, peut-être y a-t-il le tic-tac d’une pendule ou les pas précipités d’un enfant dans l’appartement au-dessus
  • Marcher le matin de bonne heure permet d’entendre les petits oiseaux « se parler entre eux » alors qu’il ne fait pas encore jour… timidement en hiver et très vigoureusement au printemps !!

 

Méditation guidée (« Un lotus s’épanouit » de Thích Nhất Hạnh)

 

1. J’inspire, je savoure mon inspiration.                               - Inspire

     J’expire, je savoure mon expiration.                                - Expire

 

2. J’inspire, je suis là pour mon corps tout entier.                 - Présence au corps

     J’expire, je relâche les tensions du corps.                        - Détendre le corps

 

3. Conscient de mes oreilles, j’inspire.            - Conscient des oreilles

    Souriant à mes oreilles, j’expire.                - Sourire

 

4. Conscient de mes oreilles, j’inspire.            - Conscient des oreilles

    Conscient du bruit, j’expire.                - Conscient du bruit

 

5. Conscient de mes oreilles, j’inspire.            - Conscient des oreilles

    Conscient d’un pleur de douleur, j’expire.        - Conscient d’un pleur de douleur

 

6. Conscient de mes oreilles, j’inspire.            - Conscient des oreilles

    Conscient du chant, j’expire.                - Conscient du chant

 

7. Conscient de mes oreilles, j’inspire.            - Conscient des oreilles

    Conscient du bruit de la pluie, j’expire.            - Conscient du bruit de la pluie

 

8. Conscient de mes oreilles, j’inspire.            - Conscient des oreilles

    Conscient du rire, j’expire.                 - Conscient du rire

 

9. Conscient de mes oreilles, j’inspire.            - Conscient des oreilles

    Conscient du silence, j’expire.                 - Conscient du silence

 

10. Conscient de mes oreilles, j’inspire.    - Conscient des oreilles

    Voyant l’impermanence de mes oreilles, j’expire.    - Impermanent

 

« Après avoir pratiqué cet exercice, vous pouvez aller dehors et grâce à vos six sens – vue, ouïe, odorat, goût, toucher, esprit (c’est-à-dire la perception par l’esprit, pas uniquement l’esprit qui médite) – continuer à entrer en contact avec toutes les bonnes choses qui vous entourent. Vous verrez que le monde extérieur est plus vaste, plus beau qu’auparavant, parce que vous aurez mis un terme à l’oubli et allumé la lampe de la pleine conscience. A nouveau, vous avez recommencé à vous nourrir de ce qu’il y a de merveilleux dans la vie. » TNH

 
Pratique de la pleine conscience des oreilles et des sons

Le regard des oiseaux

29 Novembre 2017

Chers Amis, chères Amies,

Dans la résidence où j’habite en banlieue parisienne, j’ai la chance d’avoir en face de mon appartement un assez beau jardin d’agrément peuplé d’arbres, de haies, d’arbustes, de rosiers et autres fleurs. En plus à cette époque de l’année les couleurs sont très belles et je profite, de ce que l’entreprise qui fait l’entretien ne soit pas encore passée, pour contempler les feuilles jaunes et or qui jonchent le sol, recouvrent complètement l’herbe alors que les arbres commencent à montrer leurs branches dénudées. 

Il y a des bouleaux, deux sapins, un grand et un petit, il y a des arbres que je ne connais pas vraiment et des arbustes inconnus, des thuyas et des juniperus… 

Il y a aussi des oiseaux, les habitués qui visitent le jardin à leurs heures préférées, les visiteurs occasionnels et les importuns ou les inattendus ; et chaque famille d’oiseaux a ses petites habitudes. Le matin c’est plutôt les pigeons ramiers qui viennent en famille de cinq ou six pour arpenter la pelouse méthodiquement, plus tard je vois les pies qui sont beaucoup plus désordonnées en apparence et qui cherchent toujours quelque chose d’intéressant à leurs yeux, puis tout à coup un ou deux corbeaux descendent en piqué sur les pies pour essayer de leur voleur leur butin. Les corbeaux sont les plus forts et les plus agressifs. Il y a aussi les merles très discrets qui ne s’aventurent jamais très loin des haies et des arbustes, et souvent avec eux il y a encore les moineaux qui comme d’habitude se chamaillent gentiment. Mais de temps en temps, et cela est assez récent, les arbres du jardin reçoivent la visite des perruches vertes, criardes, qui font peur à tout le monde, et qui voyagent en escadrille… hi, hi, c’est très marrant ! Etonnement peu de pigeons s’attardent dans ce jardin. Il y a aussi des habitués plus discrets et plus rares, comme le pic-vert qui fait sa tournée et au printemps, un héron vient se percher sur les toits des pavillons en face, scrutant les petits bassins d’eau peuplés de poissons… c’est le festin assuré j’imagine. Et d’autres fois encore, je peux voir les migrateurs redescendre vers le sud, c’est vraiment beau.

Et pour finir, je dois ajouter à ce tableau les chats qui eux aussi peuplent ce jardin, un ou deux pas plus, et qui par chance pour les oiseaux ne savent pas voler !! En général les chats essayent d’attraper les oiseaux avec très peu de succès, sauf lorsqu’il y a un nid bien sûr, mais j’ai pu observer que les oiseaux ont énormément de courage dans ce cas, mettant sans hésiter leur vie en jeu afin de détourner l’attention du chat par rapport à l’emplacement réel du nid ; même de tout petits oiseaux qui s’égosillent de toutes leurs forces à la limite de leur zone de sécurité. Et puis une fois, deux corbeaux et une pie se sont associés pour attaquer un chat, c’était très étonnant pour moi de voir comment un corbeau ou la pie jouait la proie pour provoquer le chat alors que les autres se tenaient en position pour fondre sur la tête du chat en visant ses yeux, tout cela encore une fois au risque d’y perdre la vie.

 

 

Le regard des oiseaux

Voilà comment je nourris ma vue et mes yeux lorsque parfois je reste longtemps debout sur le balcon ou à la fenêtre pour contempler le petit bout de nature très vivante juste en dessous de chez moi. Et la vie est là bien présente où je trouve souvent un enseignement profond sur la réalité qui m’entoure. Je trouve là aussi beaucoup de réconfort dans cette nourriture visuelle agréable qui m’apporte calme et soulagement par rapport aux multiples agressions sensorielles qui peuvent survenir dans mon quotidien, dès que je dois sortir en ville, dans les centres commerciaux, sur les routes surchargées de la région parisienne ou même les transports en commun ; mais aussi à la maison dès que la télévision est allumée ou l’ordinateur, qui me proposent tellement de choses à voir, à entendre, à essayer, à goûter… des tentations sans cesse renouvelées, de la joie et du bonheur basés sur l’illusion, la tromperie, la faiblesse que l’on pourrait avoir à céder à l’appel de sirènes peu soucieuses du bien-être de chacun, à céder à l’esprit de la consommation excessive. Et même au téléphone, parfois deux ou trois appels par jour, où l’on veut me vendre tel ou tel produit… « chacun doit lutter pour sa survie », chacun doit bien chercher un moyen de vivre dans notre société.

Et tout cela sans compter sur mon propre « héritage », les douleurs et les souffrances de mes parents, le manque qu’ils ont eu dans leur vie et dont souvent je ressens les effets moi aussi, la grande part de plaisir de laquelle je ne voudrais jamais sortir certains jours, certaines nuits, toujours à la recherche de la meilleure nourriture possible, jusqu’à satiété, jusqu’à en être malade ! C’est le royaume de l’illusion, c’est le royaume de Manas, la septième conscience, celle qui nous motive sans effort à consommer sans aucune retenue dans ce monde où il est si facile de se perdre…

 

Pour moi, la retraite d’hiver est simple à mettre en place en tant que laïc : - pas de frontières géographiques, mais surtout des limites sensorielles, des limites de consommation sensorielles, des limites de consommation de nourriture physique ; manger moins, manger mieux, en appréciant chaque plat, chaque bouchée.

 

Un lotus à vous

 

« Ce jardin est rempli de fleurs magnifiques,

Nul besoin de les cueillir,

Elles s’offrent à nos regards naturellement,

Et nous voyons profondément

Leur nature de non-mort et de non-naissance. » 

CLT

Le regard des oiseaux

Vivre au rythme de la vie - et de la Terre

24 Novembre 2017

Cher-e-s ami-e-s de Wake Up,

 

Nous vous invitons le samedi 2 décembre à partir de 9h45* à la Maison de l’Inspir, pour une nouvelle journée de pratique de la pleine conscience, de la joie, de la fraternité ensemble. Ce sera un cadeau pour nous tou-te-s de nous retrouver après des mois ! Cette fois-ci nous choisissons le thème de la Terre-Mère, des gardien-ne-s de la Terre que nous sommes, et nos activités ensemble seront autant de possibilités de sentir la présence et la connection avec cette grande merveille bleue, ronde et généreuse qui nous porte. Ce serait génial que vous apportiez votre graine de nature créative, si vous pouvez un plat végétalien à partager sur la table commune, si vous voulez un texte, un instrument de musique, une peinture (ou de quoi en réaliser une le jour-même)… bien sûr, apportez votre coeur, vos histoires, vos ami-e-s.

 

Aperçu du programme :

9h45 accueil

10h petit enseignement

11h pause conviviale

11h30 marche méditative sur Terre

12h30 déjeuner offert par la Terre

14h relaxation profonde allongé-e-s sur Terre

15h partage du coeur

16h30 pause conviviale

17h cérémonie d’offrande de nourriture pour les êtres en souffrance

18h dîner (20 premières minutes en silence)

20h méditation assise*

 

*Si vous êtes libres et que cela vous plairait, il est possible pour les femmes (seulement, désolés les amis car le chalet sera occupé par les moines ce weekend-là) de rester dormir sur place, entre jeudi et dimanche c’est-à-dire que vous pouvez par exemple arriver vendredi soir et participer à la méditation assise samedi à 6h du matin, et / ou rester samedi soir après la méditation jusqu’à dimanche et également participer à la méditation assise dimanche matin, puis profiter d’une session de questions-réponses en direct dimanche qui sera très certainement orientée plus pour Wake Up aussi !! Que de bonnes nouvelles quoi…

Pour ceux et celles qui ne peuvent pas être présent-e-s toute la journée ni rester dîner ou méditer le soir, ne vous tracassez pas et venez quand vous pouvez, partez quand vous devez.

 

S’il vous plaît écrivez à info@maisondelinspir.org pour nous prévenir si vous venez et à combien, surtout les filles qui pensent profiter de l’hébergement jeudi / vendredi / samedi soir.

 

A la semaine prochaine :)

Vivre au rythme de la vie - et de la Terre