Retraite francophone à l'EIAB en janvier 2018 - Prendre soin de l'enfant intérieur
Chères amies et chers amis de pratique,
C'est avec grande joie que nous vous convions à notre retraite du jeudi 18 au dimanche 21 janvier 2018 sur le thème de la Réconciliation avec l'Enfant Intérieur. Nous aurons la grande chance de le vivre à l'EIAB (Institut Européen du Bouddhisme Appliqué), l'un des monastères de Thich Nhat Hanh, en Allemagne et, donc, tout près de chez nous ...!!
Au coeur de l'hiver, cela s'annonce un précieux moment à vivre sur notre chemin de guérison, avec le soutien des pratiquants francophones de différentes sanghas et la bienveillante guidance de notre chère Soeur Bi Nghiem.

Pour le confort de tous, cette retraite sera donnée en français et anglais (traductions assurées) ; et elle est donc ouverte à nos amis belges, français, suisses....
Contrairement à l’an dernier et conscients des difficultés de compréhension liées à la langue, les inscriptions se feront directement par mail à l'EIAB, comme indiqué plus bas. Le covoiturage est aussi facilité si vous le souhaitez, en passant par ce lien
Attention, bien que le formulaire en ligne pour le covoiturage demande de communiquer vos coordonnées complètes ainsi que votre heure d'arrivée et durée de séjour, il ne tient pas lieu d'inscription....
Les détails concrets demandez-vous? Nous vous proposons d'arriver dans l'après-midi du jeudi 18 janvier afin d'avoir le temps de vous installer dans votre chambre avant de prendre le repas ensemble à 18h et démarrer juste après; le dimanche, nous nous dirons joyeusement au-revoir vers 16H après un dernier moment de bilan/partage ...Pensons à prévoir notre matériel de toilette et des vêtements chauds, ainsi que des chaussures appropriées aux marches dans la belle nature environnante.
Entre les deux, un beau programme de pratique et réconciliation avec notre petit enfant nous attend et nous sommes certains que Sr Bi Nghiem va nous choyer... nous sommes aussi toutes et tous là les uns pour les autres, nous soutenant sur ce beau Chemin de transformation et .. de Joie; …
Pour les ami(e)s francophones qui ne connaissent pas l’allemand, nous vous invitons à vous inscrire :
directement par mail à l’adresse registrar@eiab.eu : précisez alors bien ceci :
- nom, prénom, sexe, âge, adresse postale et mail, téléphone
- Sangha d'origine (et ville), transmission 5EPC? oui/non ou 14 EPC?
- date et heure d'arrivée, date de départ
- langue maternelle, autre langue connue
- personne à contacter en cas de problème
- remarque éventuelle?
- est-ce mon 1er séjour à l’EIAB? À quelle occasion suis-je déjà venu(e)?
- choix des chambres et prix par personne et par nuit : soit chambre privée sans sdb privée : 90 euros par nuit ; soit chambre privée avec sdb privée : 110 euros par nuit ; soit chambre double sans sdb privée : 75 euros/nuit ; soit chambre double avec sdb privée : 90 euros/nuit ; soit chambre de 3 ou 4 personnes : 65 euros par nuit . Veuillez noter qu’il n’y a qu’un petit nombre de chambres privées et de chambres avec sdb ; elles sont plutôt réservées pour des raisons de santé. Si vous êtes concerné, inscrivez-vous donc en l'expliquant.
- Si vous désirez partager une chambre avec une autre personne précisez-le et donnez les coordonnées de cette personne (nom, prénom, sangha).
Si vous parlez anglais ou si vous avez des questions concernant l’inscription , vous pourrez téléphoner à l'EIAB au numéro et horaires repris ci-dessous :
+49 (0) 1575 2065922
Mardi: de 12h à 17h
Mercredi: de 15h à 17h
Vendredi: de 11h à 14h
Dans tous les cas, pensez bien à compléter le document relatif au covoiturage.. car c'est aussi une façon pour nous de savoir qui participe..
les inscriptions sont ouvertes dès à présent …
Et, pour nous préparer au mieux à ce bel atelier, la lecture du livre 'Prendre soin de l'enfant intérieur' de Thich Nhat Hanh peut être précieuse (en librairies en version Belfond ou poche). (Et aussi simplement la vidéo publiée sur le site de Belfond vaut la peine de prendre deux minutes !)
Espérant vous y revoir et pratiquer ce beau programme avec vous,
pour les sanghas francophones de Belgique,
Pratique de la pleine conscience des oreilles et des sons
Méditons sur nos six sens
Chère Communauté,
Nous allons poursuivre notre voyage intérieur sur les impressions sensorielles, toujours en lien avec le Cinquième Entraînement à la Pleine Conscience. Dans ce deuxième message de la retraite d’hiver chez soi, nous aborderons plus particulièrement les sons, l’ouïe et l’oreille. Bien sûr nous essaierons de voir comment nous consommons tous ces sons qui nous entourent et qui peuplent notre vie de tous les jours, sans que parfois nous y soyons attentifs.
En effet, notre vie quotidienne est remplie de sons de toutes sortes et de toutes natures, et la plupart de ces sons, de ces bruits sont le fruit de notre activité, notamment dans les grandes métropoles mais aussi dans les campagnes.
Nous pensons peut-être avoir davantage de besoins et nous cherchons sans cesse de nouveaux moyens pour satisfaire ces besoins ; mais allumons la torche de la pleine conscience…
La pleine conscience de nos oreilles en premier, en prenant contact avec cette partie de notre corps capable de capter les sons, capable d’entendre et d’écouter, sans attendre d’avoir une maladie comme une otite par exemple qui révèlerait cette conscience et de ce fait nous indiquerait la présence de nos oreilles : l’oreille externe bien visible, et nous sommes bien conscients de sa présence et l’oreille interne invisible que nous pouvons ressentir grâce aux sons.
- Prendre soin de nos oreilles en portant notre attention sur elles pendant la toilette (ou à un autre moment) ; nous pouvons faire des petits massages, les oreilles étant le lieu de plusieurs points d’énergie
- Prendre soin de nos oreilles internes en ne portant pas trop longtemps de casques musicaux et en ne mettant pas le volume trop fort
- Faire attention à certaines nourritures comestibles qui parfois, selon la sensibilité de chacun, chacune, peuvent provoquer des inflammations ou des maladies
La pleine conscience des bruits et des sons qui sont captés physiquement par nos oreilles puis ensuite envoyés à notre cerveau ; nous savons que les sons se présentent sous forme d’ondes propagées par l’air tout comme celles que nous voyons à la surface de l’eau, et si ces ondes sont trop fortes ou intense elles peuvent endommager nos oreilles. Mais aussi, ces sons et ces bruits peuvent faire naître en nous des sensations, agréables ou désagréables, voire neutres.
- Reconnaître et être attentif, attentive, aux bruits dans notre maison ou aux alentours et voir si ces sons nous apportent du bien-être ou non
- Prendre soin de notre sensation en écoutant des émissions ou des morceaux de musique qui ne soient pas agressifs
- Trouver dans notre emploi du temps des moments de calme, plus silencieux
La pleine conscience de notre consommation vis-à-vis des sons, ce qu’ils nous apportent comme nourriture ou bien est-ce que ces sons nous permettent de fuir une certaine réalité que nous n’aimons plus ? Est-ce que nous nous isolons du monde extérieur par le biais de la musique par exemple ?
- Voir comment un son est capté par notre oreille et analysé par notre esprit à travers le filtre de nos perceptions erronées, à travers le filtre de nos connaissances
- Voir comment l’on se nourrit de sons et si cette nourriture n’est pas un moyen de fuir la réalité, de fuir un problème auquel nous ne voulons pas être confronté
- Voir comment certaines conversations, certaines émissions audio ou certaines musiques peuvent être toxiques, dans le sens où cela génère du désespoir et de la tristesse
Avant d’aborder une méditation guidée tirée de « Un lotus s’épanouit » de Thích Nhất Hạnh, nous pouvons aussi nous exercer à cultiver une pratique des sons plus nourrissante et plus agréable :
- En allant se ressourcer dans la nature en forêt, écouter le crissement des feuilles mortes sous nos pas, le craquement des brindilles… s’arrêter un moment et « tendre l’oreille », peut-être entendrons-nous les arbres parler !
- Se promener au bord d’une rivière et prendre le temps là aussi de s’arrêter pour écouter la chanson de la rivière
- Rester au calme chez soi en éteignant la radio ou la télé, en mettant de côté son I-Pod ☺ ; écouter les bruit de notre maison, peut-être y a-t-il le tic-tac d’une pendule ou les pas précipités d’un enfant dans l’appartement au-dessus
- Marcher le matin de bonne heure permet d’entendre les petits oiseaux « se parler entre eux » alors qu’il ne fait pas encore jour… timidement en hiver et très vigoureusement au printemps !!
Méditation guidée (« Un lotus s’épanouit » de Thích Nhất Hạnh)
1. J’inspire, je savoure mon inspiration. - Inspire
J’expire, je savoure mon expiration. - Expire
2. J’inspire, je suis là pour mon corps tout entier. - Présence au corps
J’expire, je relâche les tensions du corps. - Détendre le corps
3. Conscient de mes oreilles, j’inspire. - Conscient des oreilles
Souriant à mes oreilles, j’expire. - Sourire
4. Conscient de mes oreilles, j’inspire. - Conscient des oreilles
Conscient du bruit, j’expire. - Conscient du bruit
5. Conscient de mes oreilles, j’inspire. - Conscient des oreilles
Conscient d’un pleur de douleur, j’expire. - Conscient d’un pleur de douleur
6. Conscient de mes oreilles, j’inspire. - Conscient des oreilles
Conscient du chant, j’expire. - Conscient du chant
7. Conscient de mes oreilles, j’inspire. - Conscient des oreilles
Conscient du bruit de la pluie, j’expire. - Conscient du bruit de la pluie
8. Conscient de mes oreilles, j’inspire. - Conscient des oreilles
Conscient du rire, j’expire. - Conscient du rire
9. Conscient de mes oreilles, j’inspire. - Conscient des oreilles
Conscient du silence, j’expire. - Conscient du silence
10. Conscient de mes oreilles, j’inspire. - Conscient des oreilles
Voyant l’impermanence de mes oreilles, j’expire. - Impermanent
« Après avoir pratiqué cet exercice, vous pouvez aller dehors et grâce à vos six sens – vue, ouïe, odorat, goût, toucher, esprit (c’est-à-dire la perception par l’esprit, pas uniquement l’esprit qui médite) – continuer à entrer en contact avec toutes les bonnes choses qui vous entourent. Vous verrez que le monde extérieur est plus vaste, plus beau qu’auparavant, parce que vous aurez mis un terme à l’oubli et allumé la lampe de la pleine conscience. A nouveau, vous avez recommencé à vous nourrir de ce qu’il y a de merveilleux dans la vie. » TNH
Le regard des oiseaux
Chers Amis, chères Amies,
Dans la résidence où j’habite en banlieue parisienne, j’ai la chance d’avoir en face de mon appartement un assez beau jardin d’agrément peuplé d’arbres, de haies, d’arbustes, de rosiers et autres fleurs. En plus à cette époque de l’année les couleurs sont très belles et je profite, de ce que l’entreprise qui fait l’entretien ne soit pas encore passée, pour contempler les feuilles jaunes et or qui jonchent le sol, recouvrent complètement l’herbe alors que les arbres commencent à montrer leurs branches dénudées.
Il y a des bouleaux, deux sapins, un grand et un petit, il y a des arbres que je ne connais pas vraiment et des arbustes inconnus, des thuyas et des juniperus…
Il y a aussi des oiseaux, les habitués qui visitent le jardin à leurs heures préférées, les visiteurs occasionnels et les importuns ou les inattendus ; et chaque famille d’oiseaux a ses petites habitudes. Le matin c’est plutôt les pigeons ramiers qui viennent en famille de cinq ou six pour arpenter la pelouse méthodiquement, plus tard je vois les pies qui sont beaucoup plus désordonnées en apparence et qui cherchent toujours quelque chose d’intéressant à leurs yeux, puis tout à coup un ou deux corbeaux descendent en piqué sur les pies pour essayer de leur voleur leur butin. Les corbeaux sont les plus forts et les plus agressifs. Il y a aussi les merles très discrets qui ne s’aventurent jamais très loin des haies et des arbustes, et souvent avec eux il y a encore les moineaux qui comme d’habitude se chamaillent gentiment. Mais de temps en temps, et cela est assez récent, les arbres du jardin reçoivent la visite des perruches vertes, criardes, qui font peur à tout le monde, et qui voyagent en escadrille… hi, hi, c’est très marrant ! Etonnement peu de pigeons s’attardent dans ce jardin. Il y a aussi des habitués plus discrets et plus rares, comme le pic-vert qui fait sa tournée et au printemps, un héron vient se percher sur les toits des pavillons en face, scrutant les petits bassins d’eau peuplés de poissons… c’est le festin assuré j’imagine. Et d’autres fois encore, je peux voir les migrateurs redescendre vers le sud, c’est vraiment beau.
Et pour finir, je dois ajouter à ce tableau les chats qui eux aussi peuplent ce jardin, un ou deux pas plus, et qui par chance pour les oiseaux ne savent pas voler !! En général les chats essayent d’attraper les oiseaux avec très peu de succès, sauf lorsqu’il y a un nid bien sûr, mais j’ai pu observer que les oiseaux ont énormément de courage dans ce cas, mettant sans hésiter leur vie en jeu afin de détourner l’attention du chat par rapport à l’emplacement réel du nid ; même de tout petits oiseaux qui s’égosillent de toutes leurs forces à la limite de leur zone de sécurité. Et puis une fois, deux corbeaux et une pie se sont associés pour attaquer un chat, c’était très étonnant pour moi de voir comment un corbeau ou la pie jouait la proie pour provoquer le chat alors que les autres se tenaient en position pour fondre sur la tête du chat en visant ses yeux, tout cela encore une fois au risque d’y perdre la vie.
Voilà comment je nourris ma vue et mes yeux lorsque parfois je reste longtemps debout sur le balcon ou à la fenêtre pour contempler le petit bout de nature très vivante juste en dessous de chez moi. Et la vie est là bien présente où je trouve souvent un enseignement profond sur la réalité qui m’entoure. Je trouve là aussi beaucoup de réconfort dans cette nourriture visuelle agréable qui m’apporte calme et soulagement par rapport aux multiples agressions sensorielles qui peuvent survenir dans mon quotidien, dès que je dois sortir en ville, dans les centres commerciaux, sur les routes surchargées de la région parisienne ou même les transports en commun ; mais aussi à la maison dès que la télévision est allumée ou l’ordinateur, qui me proposent tellement de choses à voir, à entendre, à essayer, à goûter… des tentations sans cesse renouvelées, de la joie et du bonheur basés sur l’illusion, la tromperie, la faiblesse que l’on pourrait avoir à céder à l’appel de sirènes peu soucieuses du bien-être de chacun, à céder à l’esprit de la consommation excessive. Et même au téléphone, parfois deux ou trois appels par jour, où l’on veut me vendre tel ou tel produit… « chacun doit lutter pour sa survie », chacun doit bien chercher un moyen de vivre dans notre société.
Et tout cela sans compter sur mon propre « héritage », les douleurs et les souffrances de mes parents, le manque qu’ils ont eu dans leur vie et dont souvent je ressens les effets moi aussi, la grande part de plaisir de laquelle je ne voudrais jamais sortir certains jours, certaines nuits, toujours à la recherche de la meilleure nourriture possible, jusqu’à satiété, jusqu’à en être malade ! C’est le royaume de l’illusion, c’est le royaume de Manas, la septième conscience, celle qui nous motive sans effort à consommer sans aucune retenue dans ce monde où il est si facile de se perdre…
Pour moi, la retraite d’hiver est simple à mettre en place en tant que laïc : - pas de frontières géographiques, mais surtout des limites sensorielles, des limites de consommation sensorielles, des limites de consommation de nourriture physique ; manger moins, manger mieux, en appréciant chaque plat, chaque bouchée.
Un lotus à vous
« Ce jardin est rempli de fleurs magnifiques,
Nul besoin de les cueillir,
Elles s’offrent à nos regards naturellement,
Et nous voyons profondément
Leur nature de non-mort et de non-naissance. »
CLT
Vivre au rythme de la vie - et de la Terre
Cher-e-s ami-e-s de Wake Up,
Nous vous invitons le samedi 2 décembre à partir de 9h45* à la Maison de l’Inspir, pour une nouvelle journée de pratique de la pleine conscience, de la joie, de la fraternité ensemble. Ce sera un cadeau pour nous tou-te-s de nous retrouver après des mois ! Cette fois-ci nous choisissons le thème de la Terre-Mère, des gardien-ne-s de la Terre que nous sommes, et nos activités ensemble seront autant de possibilités de sentir la présence et la connection avec cette grande merveille bleue, ronde et généreuse qui nous porte. Ce serait génial que vous apportiez votre graine de nature créative, si vous pouvez un plat végétalien à partager sur la table commune, si vous voulez un texte, un instrument de musique, une peinture (ou de quoi en réaliser une le jour-même)… bien sûr, apportez votre coeur, vos histoires, vos ami-e-s.
Aperçu du programme :
9h45 accueil
10h petit enseignement
11h pause conviviale
11h30 marche méditative sur Terre
12h30 déjeuner offert par la Terre
14h relaxation profonde allongé-e-s sur Terre
15h partage du coeur
16h30 pause conviviale
17h cérémonie d’offrande de nourriture pour les êtres en souffrance
18h dîner (20 premières minutes en silence)
20h méditation assise*
*Si vous êtes libres et que cela vous plairait, il est possible pour les femmes (seulement, désolés les amis car le chalet sera occupé par les moines ce weekend-là) de rester dormir sur place, entre jeudi et dimanche c’est-à-dire que vous pouvez par exemple arriver vendredi soir et participer à la méditation assise samedi à 6h du matin, et / ou rester samedi soir après la méditation jusqu’à dimanche et également participer à la méditation assise dimanche matin, puis profiter d’une session de questions-réponses en direct dimanche qui sera très certainement orientée plus pour Wake Up aussi !! Que de bonnes nouvelles quoi…
Pour ceux et celles qui ne peuvent pas être présent-e-s toute la journée ni rester dîner ou méditer le soir, ne vous tracassez pas et venez quand vous pouvez, partez quand vous devez.
S’il vous plaît écrivez à info@maisondelinspir.org pour nous prévenir si vous venez et à combien, surtout les filles qui pensent profiter de l’hébergement jeudi / vendredi / samedi soir.
A la semaine prochaine :)
Premier message d'inspiration pour la Retraite d'Hiver 2017-2018 à la maison
Chères amies, chers amis, qui nous accompagnez dans cette aventure intérieure de la retraite d’hiver chez soi, pour ce premier message, et afin d’être en lien avec le Village, nous devons patienter avant d’aborder le thème des quarante propositions.
Nous vous proposons une réflexion sur le sens de ce que peuvent être les frontières lorsque nous ne bénéficions pas de cette aide que procure nt les frontières géographiques. Pour la plupart d’entre nous, il est impossible de se retirer du monde .
En effet dans notre vie familiale, professionnelle, associative et notre environnement, nos sens sont continuellement sollicités. Nos six sens vont nous guider dans nos choix de consommation, nos décisions ; ce sont les portes d’entrée de la représentation que nous nous faisons de notre monde, mais ce n’est pas et de beaucoup la totalité du monde. Les astrophysiciens estiment ne connaître au mieux que 5 % de l’univers, nous ne faisons vraisemblablement pas mieux dans notre propre univers.
Nos frontières vont être les « filtres » que nous installerons aux portes d’entrée des six sens.
De quels outils disposons nous pour ces filtres ?
Les enseignements bouddhistes et plus particulièrement ceux de Thay nous offrent de nombreuses pistes de pratique et de réflexion.
Pratiquer en Sangha
Si nous avons la chance de pouvoir pratiquer en Sangha, nous pouvons cultiver cette intention d’avoir une belle et généreuse Sangha en s’appuyant et en relisant le document « Qu’est-ce qu’une Sangha du Village des Pruniers ?».
Comment pouvons-nous ensemble favoriser et développer l’harmonie dans la Sangha, en pratiquant le lâcher prise (l'un des sept facteurs d'éveil) et la non-poursuite (l'une des trois portes de la libération), tout en gardant notre profonde détermination d’être dans les Pas du Bouddha et de Thây ?
Avec les entraînements
Parmi les entraînement le cinquième nous mettra au plus près de nos préoccupations pour développer la protection de nos sens.
Cet entrainement nous amène à méditer sur notre consommation et les valeurs éthiques que nous souhaitons promouvoir.
Une retraite d’hiver n’y suffirait peut-être pas ! Alors nous vous proposons quelques pistes tout simplement et en toute modestie
Nous pouvons relire dans le cinquième entrainement
« Cinquième entraînement : Transformation et guérison
Conscient-e de la souffrance provoquée par une consommation irréfléchie, je suis déterminé-e à apprendre à nourrir sainement mon corps et mon esprit et à les transformer, en entretenant une bonne santé physique et mentale par ma pratique de la pleine conscience lorsque je mange, bois ou consomme. Afin de ne pas m’intoxiquer, je m’entraînerai à observer profondément ma consommation des quatre sortes de nourritures : les aliments comestibles, les impressions sensorielles, la volition et la conscience. Je m’engage à ne pas faire usage d’alcool ni d’aucune forme de drogue, et à ne consommer aucun produit contenant des toxines comme certains sites internet, jeux, films, émissions de télévision, livres, magazines ou encore certaines conversations. Je m’entraînerai régulièrement à revenir au moment présent pour rester en contact avec les éléments nourrissants et porteurs de guérison qui sont en moi et autour de moi, et à ne pas me laisser emporter par des regrets et des peines quant au passé, ou par des soucis et des peurs concernant l’avenir. Je suis déterminé-e à ne pas utiliser la consommation comme un moyen de fuir la souffrance, la solitude et l’anxiété. Je m’entraînerai à regarder profondément la nature de l’interdépendance de toute chose, afin qu’en consommant, je nourrisse la joie et la paix, tant dans mon corps et ma conscience que dans le corps et la conscience collective de la société et de la planète.… »

C’est un véritable mode d’emploi pour observer nos choix de consommation.
Petites pistes pour ce message :
Pour beaucoup d’entre nous internet et les outils technologiques sont incontournables, Nous n’avons pas la chance de pouvoir dire « je ne vais pas utiliser ces outils pendant 3 mois », mais nous pouvons méditer sur l’usage que nous en faisons.
- savons nous l’utiliser avec modération et de façon appropriée ?
- Dans le foisonnement de prestataires, de producteurs d’applications cherchons nous à faire des choix éthiques ? Par exemple en favorisant les expériences collaboratives (attention , toutes ne sont pas éthiques), en portant un regard profond sur la notion de gratuité ; les sites vraiment gratuits ont besoin de dons pour vivre (Wikipédia, framasoft). Acceptons nous la facilité de livrer nos données pour disposer d’applications gratuites?…Faisons un petit ménage éthique sur nos choix dans l’usage d’internet.
Méditons sur nos six sens
En troisième partie de ce message, nous vous proposons aussi de méditer sur les six sens. Vous avez peut-être été intrigués par la formulation que nous pouvons retrouver dans les Soutra, le Satipatthana Soutra, le soutra de l’aide aux mourants et dans le « sutra de la sagesse qui nous mêne à l’autre rive ». Dans ce soutra, c’est ainsi présenté :
« Les dix huit domaines que sont les six organes des sens, les six objets des sens et les six consciences ne sont pas non plus dotés d’un soi séparé »
Pour ce message attardons nous sur la vue.
Nous avons :
- un organe : les yeux et tout le système nerveux associé
- un objet : une fleur, un paysage par exemple
- la conscience de ce que nous voyons. C’est l’attention que nous portons à un objet ; nous sommes entourés d’une foultitude d’objets que bien souvent nous ignorons non par négligence, mais parce que notre cerveau fonctionne ainsi.
Nous portons une attention particulière sur un objet ,cette attention peut être délibérée, ou cette attention peut-être sollicitée de façon inopinée : c’est par exemple la surprise de voir quelque chose d’insolite.
- Et aucun des trois éléments ( organe, objet, conscience) n’est doté d’un soi séparé ; nous pourrions dire aucun n’est autonome.
les yeux sans une bonne division cellulaire, le support du système sanguin, nerveux, hormonal… ne peuvent pas exister
La fleur sans la graine, le jardiner, le compost … ne peut pas exister
La conscience de voir- sans notre système nerveux et tout notre apprentissage (ceci est dangereux, ceci ne l’est pas)- ne se manifeste pas.
Nous pouvons méditer sur ce sens de la vue de façons différentes et complémentaires, nous permettant ainsi de pénétrer profondément cette porte d’entrée :
- Avec le support d’une méditation guidée (voir ci-dessous)
- Par la contemplation au quotidien ; en portant notre regard sur un objet, méditer sur nos yeux qui nous mettent en contact avec la merveilles des couleurs et des formes et sur l’interdépendance de toute chose.
- En se laissant pénétrer par le Koan proposé dans le Bahiya Soutra (voir ci-dessous)
« Dans ce qui est vu, il n’y a que ce qui est vu »
Nous souhaitons un beau démarrage dans la retraite d’hiver chez soi, nous vous retrouverons très prochainement pour un ou des témoignages.
Proposition de méditation guidée sur la vue comme porte d’entrée des sens.
Note : des méditants nous ont souvent fait la remarque d’avoir besoin de passer plus de temps sur la présence au corps et à la posture avant de pouvoir aborder l’attention à la respiration, la méditation peut être adaptée dans ce sens
1 En inspirant, je porte mon attention sur l’inspiration
En expirant , je souris
2 En inspirant, je reste attentif à toute la durée de l’inspiration
En expirant, je reste attentif à toute la durée de l’expiration
3 En inspirant, je suis attentif à toutes les sensations corporelles des pieds à la tête
(Ce peut être des tensions, ou le silence du corps souvent signe de bien être)
En expirant, j'accepte et je détends mon corps
4 En inspirant, je suis conscient d'une sensation de sérénité
En expirant, j'observe comment cette sensation se manifeste dans le corps
5 En inspirant, je porte mon attention vers mes yeux
En expirant, j'exprime ma gratitude pour cette merveille du corps
6 En inspirant, je prends conscience d’un objet vu
En expirant , je médite sur toutes les causes et conditions qui ont permis
la manifestation de cet objet
7 En inspirant, j'observe ma conscience visuelle
En expirant, j'observe quelles sont les conditions de cette conscience
8 En inspirant, la vue me donne une représentation de mon environnement
En expirant, je sais que ce n’est qu’une toute petite partie de cet environnement
9 En inspirant, je vois que ces trois éléments yeux, objet de la vue et conscience visuelle sont interdépendants
En expirant, je vois qu'ils ne sont pas dotés d’une existence séparée.
Bahiya Sutta
cité parAjahn Passanno et Ajahn Amaro
dans « The Island : The Udana - Inspired Utterances of the Buddha »
… Impressionné par la sincérité et l’insistance de Bahiya, le Bouddha déclara alors
« Dans ce qui est vu, il n’y a que ce qui est vu,
Dans ce qui est entendu, il n’y a que ce qui est entendu,
Dans ce qui est ressenti[ odeur, goût et toucher], il n’y a que ce qui est ressenti,
Dans ce qui est connu, il n’y a que ce qui est connu.
Voilà Bahiya, comment tu dois t’entrainer à voir les choses.
Et quand, Bahiya, il n’y aura pour toi
Que ce qui est vu dans ce qui est vu
Que ce qui est entendu dans ce qui est entendu
que ce qui est ressenti dans ce qui est ressenti
Et que ce qui est connu dans ce qui est connu,
Alors, Bahiya, il n’y aura pas de »moi » lié à tout cela.
Et quand, Bahiya il n’y a pas de « moi » lié à tout cela,
Il n’y a pas de « moi » là-bas.
Et quand, Bahiya, il n’y a pas de moi là-bas,
Alors, Bahiya tu n’es ni ici, ni là-bas, ni entre les deux.
Cela, simplement cela est la fin de la souffrance. »
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